02 juillet 2009
«Il y a longtemps que je t'aime», Touchant - 7/10
Blitz cinéma cette semaine. Cause: j'ai décidé de louer tous les bons films sortis entre janvier et juin et que je n'ai pas vus, par paresse essentiellement.
En tout cas, le dernier en lice, Il y a longtemps que je t'aime, m'a beaucoup plu. Son scénariste et réalisateur, Philippe Claudel, est d'ailleurs l'auteur de Le rapport de Brodeck, livre que j'ai adoré et dont j'ai fait la critique ici.
Son long-métrage touche à l'essentiel en reprenant, certes de manière beaucoup moins scabreuse, les thématiques de son roman: monstruosité au quotidien, solitude de l'exclu...
Il nous montre une femme qui sort de prison après 15 ans purgées à cause du meurtre de son fils. Elle est alors accueillie chez sa soeur, et tout le monde doit s'adapter à l'intrusion, discrète et déprimante certes, du personnage de la fabuleuse comédienne Kristin Scott Thomas (à gauche sur la photo).
Portrait tout en nuances des relations familiales, le film ne se détache pourtant pas des dizaines d'autres films du genre. Oui, les personnages sont bien explorés et approfondis, certaines scènes sont très émouvantes, mais bon, le thème de la solidarité avec le vilain petit canard, ce n'est pas la première fois qu'on le traite en film. Et l'approche disons très classique de Claudel n'apporte pas ce petit hmmpph qui nous fait soupirer de bonheur après le film, comme ont pu le faire, par exemple, certains Almodovar ou certains François Ozon...
29 juin 2009
«Frost/Nixon» : un face à face palpitant, 8/10
C'était le seul des cinq films nommés en 2009 dans la catégorie «Meilleur long-métrage» que je n'avais pas vu. Il était temps, parce que je me suis bien diverti en regardant cet objet inusité de Ron Howard, le réalisateur de Apollo 13...
On y raconte l'histoire derrière une entrevue décisive donnée par Nixon cinq ans après sa démission comme président des États-Unis. S'y déroule alors un combat entre un vieux renard de la politique et un jeune loup de la télévision, qui souhaite que sa carrière prenne son envol. D'abord mené de bord en bord par Nixon, le reporter se ressaisira, et cela donnera un superbe duel d'acteurs.
Il est très intéressant de voir comment Howard prend ce sujet assez rebattu pour le rendre très dynamique et ma foi assez frais. Fausses entrevues a posteriori avec les acteurs des deux côtés, faux fini documentaire, tension dramatique basée sur des flashbacks qui nous laissent entrevoir la fin... Sur le plan de la narration, tout cela est fait de main de maître pour garder le spectateur en haleine malgré un sujet qui peut paraître assez peu propice à un film haletant.
Du côté des acteurs, Frank Minghella, qui interprète l'ancien président, se donne à fond dans son rôle, et ses quelques monologues sont livrés avec aplomb. Les scènes finales qui montrent un Nixon plus humain rivalisent avec celles de Sean Penn, gagnant de l'Oscar du meilleur acteur pour Milk. Michael Sheen (le Tony Blair dans «The Queen») se montre également à la hauteur, mais il a face à lui un personnage tellement imposant qu'il se fait quelque peu écraser!
J'aurais donc dû le louer bien avant, parce que finalement, ce film dépasse largement le très moyen Benjamin Button, le plutôt ordinaire The Reader et accote franchement les très bons Milk et Slumdog Millionaire.