19 novembre 2009
OSM et Lang Lang - un prodige véritable, 9/10
Briefé à mort par Tendre moitié qui avait lu la biographie complète du pianiste Lang Lang avant notre concert de l'OSM de ce soir, j'ai ressenti, en entendant le prodige interpréter le troisième concerto de Prokofiev pour piano, des émotions très fortes.
D'abord, la pièce elle-même est ultra-spectaculaire, utilisant constamment tout le clavier sur toute sa longueur. Et comme nous étions à la première rangée, en face de Lang Lang, nous avons pu apprécier toute la voltige requise par cette pièce.
Ensuite, et surtout, Lang Lang est un inteprète d'une rare intensité. Il fallait regarder ses yeux dans les moments véritablement expressifs du concerto, se perdre, vagabonder on ne sait trop où, dans quelle banlieue sordide de Beijing où il a appris à la dure, pourchassé par un père monomaniaque et mégalomane qui le forçait à pratiquer à 4heures tous les matins....
Maîtrise technique, musicalité, tout était au rendez-vous pour que Lang Lang reçoive la plus longue ovation que je n,ai jamais entendue à l'OSM! Il nous a d'ailleurs gratifié, à la suite de cet accueil chaleureux, par un rappel solo, une pièce de Liszt, il me semble! J'en ai eu des frissons dans le dos.
Imaginez, quand même: avoir un récital de piano avec un des plus grands prodiges du monde à une distance, face to face, de 6 pieds et demi. AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHH, la vie nous réserve de ces bonheurs insoupçonnés.
D'ailleurs, tellement rempli de bonheur dans le 3e mouvement d'une virtuosité sans pareil, à le regarder déplacer ses mains comme un diable (à 27 ans, le maudit verrat de fatigant!), j'ai eu des palpitations presque incontrôlables.
Par ailleurs, la 2e partie, Suite de Roméo et Juliette de Prokofiev, encore, a été dirigée de main de maître par un chef d'orchestre en pleine possession de ses moyens (j'oublie son nom...).
Magistral!
PS: si quelqu'un de l'OSM lit cela, pourriez-vous prendre note qu'on n'en peut plus des créations musicales contemporaines insipides que vous nous servez en début de concert. C'est toute la même cr... d'affaire, et c'est PLAAAAATE.
18 octobre 2009
Mika, Champion, Muse - De l'excellente musique
Ma psy me l'a dit, je suis un «workaholic boulimique». Je consomme tout, je dévore, je veux tout (allo Ariane).
Donc, après vous avoir parlé, cette semaine, de livres et de théâtre, je vous présente mes disques achetés jusqu'à maintenant cet automne.
MUSE
Ce trio britannique fait de la fichue de bonne musique, un tantinet overdramatique, mais toujours avec de bonnes idées, de bons flashs musicaux.
Avec The Resistance, ils se dépassent. Les airs sont accrocheurs, les références, notamment à Queen, sont hallucinantes, et les trois morceaux de la fin, intitulés Symphony, nous transportent dans un univers sans parole digne de Phillip Glass.
DJ CHAMPION
Copie? Air du temps? L'album de Champion s'intitule lui aussi Resistance. Peut-être est-ce dû à l'omniprésence de la guitare, qui s'y fait plus insistante et plus incisive que dans le premier disque, que je trouvais quelque peu léger sur les bords.
Comme l'avait dit une collègue cynique de 55 ans à l'époque de sa sortie: «C'est du techno de matante, viarge!»
Ici, on tape inévitablement du pied, on est happé par l'intégration d'éléments plus rough comme la guitare dans le techno, et on le met pour accompagner une soirée avec des amis dans le vent!
MIKA
Mika, mon beau Mika, que j'ai tellement trouvé séduisant à Tout le monde en parle la semaine dernière.
Toujours est-il que son The Boy who knew too much s'écoute avec autant de plaisir que le premier. Les chansons sont légères à souhait, pleines d'une touche de Pet Shop Boys et d'une forte dose de Beach Boys dans les harmonies (comme le faisait remarquer le tout aussi séduisant Beigbeder à la même émission la semaine dernière... Une de mes préférées à vie, soit dit en passant!!!).
On retrouve aussi une progression intéressante par rapport aux bonbons du premier disque et de son immortelle Grace Kelly.
Les paroles sont plus profondes, et l'ensemble fait montre d'une évolution. Le premier, Lollipop, montrait Mika l'enfant, tandis que celui-ci semble faire place à l'adolescent qui veut s'affirmer, qui veut montrer qu'il a une identité, et on adoooore!
10 août 2009
Karkwa au Metropolis: excellent!
Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu un show aussi bon que celui-là. Et il fallait bien que ce soit dans le cadre des Francofolies, là où j'ai vécu quelques-uns de mes meilleurs moments en musique à vie (notamment le show de Katerine il y a 3 ans au défunt Spectrum).
Karkwa, donc. Vous savez, Karkwa? Le genre de groupe dont vous achetez les deux disques parce que les rumeurs qui courent sont dithyrambiques, mais que vous oubliez d'écouter?
Rendez-vous, donc, au Metropolis, avec nos deux Saint-Brunotiens préférés, vendredi soir.
Dès les premiers accords, nous sommes conquis. D'abord, on est heureux, ça ne ressemble pas à du Félix ou à du ti-Gilles. Fiou.
Ensuite, on entend tout de go les influences de Radiohead et Coldplay. On soupire alors d'aise, et on se dit que même si on connaît à peu près pas une maudite chanson, les deux heures passeront très vite.
Une scénographie minimale et des jeux de lumière fort appropriés font en sorte que l'accent est mis sur la succulente musique rock-nostalgique-psychédélique qui nous englobe dans sa vague.
Louis-Jean Cormier est en grande forme, même si on aimerait qu'il nous parle un peu plus. Louis-Jean, je voudrais te dire que Les Kevin Parent de ce monde, c'est pas sexy sur une scène. On est entre nous'autres aux Francos, viarge, on peut-tu s'parler? Et surtout, quand on le fait pour la seule fois du show, dire autre chose que tu approches de la trentaine et que tu crains la bédaine (zzzz)?
En tout cas. Si jamais ce spectacle passe près de chez vous, courez-y. Votre oreille vous remerciera de lui faire écouter du rock québécois qui sonne un peu plus (beaucoup passionément à la folie) international que les mozusses de Mes Aïeux que je ne suis plus capable d'entendre...
09 avril 2009
«Miroir noir» - Transcendant, 8/10
Quand j'ai entendu, hier, la greluche de Radio-Canada, Tanya Gagnon, dire du nouveau spectacle de Véronique Dicaire qu'il était incontournable, mon coeur a fait trois tours. Comment un show insipide d'imitations ratées comme celles-là peut-il être qualifié de la sorte?
Cela dit, vous connaissez ma passion pour Arcade Fire... Je vous le dis: le DVD Miroir noir qui vient de sortir est, si Dicaire peut arracher ce titre, pourquoi pas Arcade Fire: IN-CON-TOUR-NA-BLE.
Filmé caméra à l'épaule, ce document indescriptible nous présente la tournée du groupe fétiche dans un angle intimiste et expérimental, avec des angles inusités, des flous, des blancs, des hésitations. On se croirait en pleine école de cinéma de l'UQAM.
Le tout est au service d'une idée: montrer les musiciens d'Arcade Fire comme des passionnés, des tripeux qui ne peuvent s'empêcher de jouer leurs chansons dans les ascenseurs, les toilettes des hôtels, le trottoir. Arcade Fire is not kidding with music.
Sans être le chef-d'oeuvre de l'année, le DVD nous permet un coup d'oeil indiscret et ému sur la tournée d'un des plus beaux groupes de toute la scène des années 2000.
31 mars 2009
Disques : faire du neuf avec du vieux!
Quand ma mère me dit que sa culture musicale s'est arrêtée avec les Beatles, je ris, je pédante, je me trouve supérieur. Cette semaine, j'ai ravalé de travers en regardant comment, au Archambault, j'avais choisi, instinctivement et sous l'effet de l'alcool, mes deux disques de la semaine...
Vous voulez vraiment le savoir? OK, je me suis gârrôché sur les nouveau U2 et Pet Shop Boys.. Honte à moi... Si ça c'est pas retomber dans ses vieux réflexes, ça, je me demande ce que c'est!
En tout cas, au moins, c'est du nouveau matériel.. Euh... Des disques qui renouvellent le genre? Non, pas vraiment... surtout pas dans le cas des Pet Shop Boys, qui nous resservent vraiment toujours la même sauce qu'il y a 20 ans, en prenant les instruments techno les plus à la mode.
Quant à U2, c'est, comme la rumeur le voulait, une véritable bombe d'énergie. J'aime particulièrement la première piste, que je réécoute en boucle depuis que j'ai acheté le disque. C'est lui que vous devez vous procurer si vous voulez faire un retour en enfance!
28 novembre 2008
OSM et Bartok - Le génie méconnu, 9/10
L'OSM nous a réservés, hier, une de ses plus impeccables prestations depuis longtemps. Il faut dire que la deuxième partie, exclusivement consacrée au 4e concerto de piano de Beethoven (inteprété par Till Fellner, qu'on voit sur la photo), était enregistrée, et fera partie d'un disque EMI dans pas long...
Ce beau pianiste autrichien, un haut cas de rétention anale par ailleurs, joue droit comme une barre, mais magnifiquement. Placé stratégiquement en 2e rangée, juste en face du clavier, j'ai pu voir ses agiles mains rebondir sur les notes, et saisir toutes les nuances de sa partition. Le mouvement lent, en particulier, fut un chef-d'oeuvre de complicité avec l'orchestre et d'émotion à l'état brut. Je suis tombé en amour! «Oui, parle-moi encore, Till! Parle-moi avec tes doigts...»
Mais, MA révélation du concert fut sans conteste le Bartok. Le mandarin merveilleux, un poème symphonique d'envergure, raconte une histoire sordide dans les bas-fonds de Pékin. Et Bartok, tel un Stravinsky, ne nous épargne aucune description musicale pour nous faire comprendre les meurtres, les viols et les vols. Une musique brute, coupée au couteau comme Le sacre du printemps.
L'OSM interprète le tout avec grandeur et décadence. Du grand grand art!
23 octobre 2008
Perlman et l'OSM - redécouvrir ses classiques
Dire que j'en étais déjà, hélas! au 3e concert sur 5 de mon abonnement de cette année à l'OSM. Hier, c'était Itzak Perlman, le grand violoniste, maintenant paralysé des deux jambes, qui dirigeait l'orchestre, et interprétait. Avec Bach, Mozart et Prokofiev au programme, on a eu la preuve (en fallait-il encore?) que l'OSM est un instrument d'une virtuosité et d'une versatilité étonnantes!
Comme première oeuvre, le Concerto en mi majeur de Bach. Un délice! J'avais tenté de jouer le premier mouvement quand j'étais plus jeune. Très difficile. Mis dans les mains de l'expérience, c'est un peace of cake. Perlman ne se prend pas au sérieux. L'âge aidant... Il joue, s'amuse, dirige un peu l'orchestre pendant les pauses. L'expérience. Sublime.
La symphonie 35 de Mozart, dite Haffner, clôt la première partie. Vingt minutes de musique typiquement mozartienne: légèreté, risques de cassage de gueule nombreux dans les moments de solos par groupes d'instruments.
La 5e de Prokofiev remplissait la deuxième partie. Perlman injecte à l'ensemble des tempos rapides, ce qui permet de n,avoir aucune longueur. Les mouvements plus lents, joués avec entrain, résonnent comme le drame qu'ils dépeignent (l'invasion allemande de l'URSS). Et le dernier mouvement, mon fameux dernier mouvement, dont les deux dernières minutes me jettent toujours par terre tellement il est débridé et intense... C'était à la hauteur...
Je ne peux seulement pas croire que mon prochain concert n'a lieu qu'en janvier. Merde.
23 août 2008
Coldplay - du bonbon - 7/10
Viva la Vida, le dernier de Coldplay, ne renouvelle rien, il est vrai. Malgré une réalisation nouvelle assurée par Brian Eno, l'essentiel demeure identique aux trois précédents albums, et c'est tant mieux!
Les airs acrrocheurs, les arrangements profonds, les rythmes bien structurés et entraînants. Et que dire de la chanson titre, le hit du groupe présentement à la radio et sur le web. Wow! Entraînant comme du vieux U2, à mon avis.
On m'avait dit que cet album n'était pas très intéressant... Personnellement, je le trouve très agréable à l'écoute!
07 août 2008
Radiohead - Comme à l'Église - 9/10
Oh my god! Le spectacle de Radiohead à Montréal, le 6 août, restera marqué longtemps dans ma mémoire. 35000 personnes réunies au Parc Jean-Drapeau dans la boue et sous une pluie fine, qui écoutent dans un silence quasi-religieux les 25 chansons choisies par leur gourou (voir la playlist).
Pas un mot, presque pas un souffle pendant les trois-quarts du spectacle. Une écoute profonde, qui nous emporte dans les hauteurs, en extase! Wow! Pendnt la 3e chanson, Morning Bell, j'ai eu un frisson d'une durée de 4 minutes. Je vivais le moment dans toute sa beauté, sa grandeur. J'étais là, entier, dans la foule, dans ma vie, sur cette Terre. Une épiphanie comme j'en ressens rarement. Et à la fin, avec Everything in its right place, plus dansante que méditative, la foule applaudit, danse, tape des mains, heureuse, consciente d'avoir frôlé le paradis pendant deux heures. Aaaaaaaaaaahhhhhh! Des moments comme ceux-là, n'importe quand...
Non mais, c'est vrai, avec Radiohead, c'est comme entrer à l'église: on ne fait qu'un avec le Messie qui est en avant et qui répand la bonne nouvelle, on ne parle pas, et on ressent un frisson parce que quelque chose nous dépasse. Cette musique, merveilleuse, tellement précise, tellement élaborée!
Je vénère Radiohead (le meilleure groupe de tous les temps) depuis OK Computer. Hier, contre toute attente, ils ont chanté trois des chansons de cet album, pour mon plus grand bonheur de fan qui les voyait pour la première fois.
L'album In Rainbows a de son côté été interprété au complet, avec de légers changements d'instrumentation, qui montrent que le groupe ne se contente pas de refaire le disque sur scène.
Et que dire de cette scène, illuminée de dizaines de tubes qui créaient des effets visuels saisissants (voir photo), qui accompagnaient la musique à la perfection. En outre, des écrans géants projetaient des images de tous les musiciens sur scène, de tel sorte que nous pouvions voir notre Dieu, Thom Yorke, dans toute son intensité.
02 août 2008
LA recette Richard Séguin... - 6.5/10
Pour composer une chanson à la manière de Richard Séguin (Journée d'Amérique, Sous les cheminées, Protest Song, L'ange vagabond), voici ce que vous devrez inclure (c'est toujours la même chose).
- Un titre vaguement critique
- Des phrases courtes de 5 syllabes gros max
- Des o-o-o-o-oh-oh-oh-o-o (chantés de préférence trop longtemps à la fin des chansons)
- Une thématique soit humaine (l'histoire d'un pauv' gars) ou critique (les cheminées qui polluent)
- Un refrain qui implique l'harmonie de trois voix
Je me tente à mon propre pastiche...
Titre: Le mendiant du métro
Y fait chaud, pas de boulot
Une casquette, peu de recettes
Tu marches droit, fier de toi
On te regarde par mégarde
LE MENDIANT DU MÉTRO
y fait ce qu'y peut, pas quand y veut
LE MENDIANT DU MÉTRO
les lève-tôt, le jugent trop
OH-OH-OH-OH-OH-OH-OH...
Je sens déjà un succès...
Je dis ça parce qu'hier, j'ai assisté à la dernière de son spectacle Lettres ouvertes, dans le cadre des Francofolies. Sympathique, doux, vieillissant très bien, Richard Séguin a tout donné ce à quoi on pouvait s'attendre. Un bon spectacle, énergique, humain, chaleureux, avec une voix vraiment superbe!
Mais bon, moi qui aime Radiohead, Ladytron, Katerine et DJ Tiesto, Richard Séguin, ce n'est pas ma tasse de thé. Moi pis les gratteux de guitare, on ne fait pas très bon ménage. Chacun ses goûts!
J'ai donc regardé ce spectacle avec détachement, plutôt qu'en m'identifiant au chanteur sur scène, ce qui est normalement ce que je fais quand j'assiste à des concerts rock (comme tout le monde).
Il faisait bon réentendre certains succès des années 80 que je fredonnais à l'époque, mais rien pour me faire chanter et lever de mon siège. D'ailleurs, j'aurais été pas mal tout seul, étant donné que la moyenne d'âge dans la salle s'approchait plus du baby-boomer pré-retraité que du punk drogué!
Merci à Tendre moitié d'avoir pris cette initiative, et à Mylbou d''être allée en camping au lieu d'assister à ce concert (un sentiment me dit qu'elle l'aurait sûrement plus apprécié!). CI-dessous, un extrait de la chanson Qu'est-ce qu'on leur laisse?, engagée contre la privatisation du parc Orford (remarquez le titre vaguement critique, déjà...).