Humeurs montréalaises

Provocateur mais plein de doutes, Humeurs montréalaises commente l'actualité, sa vie, et tout ce qui tourne autour...

13 mars 2009

Cette nouvelle angoisse de voyager

Dans la catégorie Insaisissable moi, se classe au premier rang de toutes ma peur de voyager, ma crainte de partir, qui se conjugue à une envie folle de sortir des sentiers battus, et donc, de partir. C'est à n'y rien comprendre...

Tendre moitié et moi planifions actuellement un périple en Europe cet été. Mais on dirait que le goût de partir n'est pas aussi fort qu'avant, probablement surtout parce que je crains de vivre les mêmes symptômes que j'ai toujours vécus loin de chez moi: ennui profond, mal du pays, angoisse. Les emmerdes, quoi.

Sauf que, si je me prive de voyager par crainte de ce qui pourrait peut-être arriver, je me dis que je ne ferai pas grand-chose dans la vie, que j'aurai vécu une existence confinée qui m'ennuie.

La peur de l'ennui

Les pires moments en voyage sont ceux qui précèdent le sommeil, quand vient le temps d'arrêter la spirale de l'action. C'est là que les hallucinations, les problèmes se font les plus présents. Une fois réveillé, ça va quand même bien. Il suffit que l'on se mette à l'action, qu'on marche, et tout va bien, mais autrement, même juste d'y penser actuellement, j'en ressens une peur effrayante.

Quelle merde je suis devenu avec le temps! Quel gâchis! Quel fiasco pscyhologique! Franchement, je me fais horreur d'être devenu cette petite victime, ce ver de terre rampant qui n'est pas capable de faire face, qui n'est pas capable de s'affirmer tel qu'il est.

Je me déteste, profondément.

Parfois, j'ai tendance à me dire que c'est ma vingtaine, mon intégration dans le marché professionnel qui a causé tout ça, mais je me souviens de mon premier voyage à 17 ans, en Europe. J'avais fait tous les temps lors des trois premiers jours parce que le poids de l'ennui me pesait tellement que je ne voulais qu'une chose: retourner à la maison.

Et voilà que j'accuse tout ce qui m'entoure maintenant pour me trouver des excuses, et que je me dis que dans le fond, c'est quand j'avais 20 ans que j'aurais dû partir, faire un trip comme dans L'Auberge espagnole...

Mais tout ça est terminé, maintenant. Et je suis pris pour toujours avec cette angoisse du départ. Vraiment, comme retour à l'ordinaire, on ne peut demander mieux.

Vais-je y aller? Il va falloir que Tendre moitié soit très convaincante pour me tenter...

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20 février 2009

Rencontres de parents - Je suis le roi du PR!

Depuis le début de ma carrière d'enseignant, j'ai vu deux types de profs lors des rencontres de parents: le vieux routier et le spécialiste en communication (le PR guy!)... Hier, je me suis transformé de l'un à l'autre. Voyez plutôt.

Le PR guy voit la rencontre de parents comme un duel... L'ennemi doit à tout prix être calmé et rassuré, quitte à lancer quelques pieux mensonges. «Non, non, ce n'est pas si pire que ça». «Oui, madame, il est gentil, dans le fond». «Absolument, avec quelques efforts de plus, il sera au-dessus de la moyenne». Yeah right!

Une fois le parent calmé, rassuré, le PR guy sait très bien que ce qu'il vient de dire n'a aucune chance d'arriver, ou presque. Un élève qui coule à 45% n'aura JAMAIS 75% à l'étape suivante, on peut-tu s'entendre là-dessus?

D'où mon idée de duel. Le parent vient nous rencontrer, moi j'appelle ça nous affronter. Et le combat est à armes inégales, parce que le parent s'attend à des solutions-miracles, à des cures d'intelligence, mais nous n'en avons guère. Il faut dont faire vivre d'espoir le parent, et espérer qu'il gobe notre affaire, que la vie l'embourbe dans autre chose que la vie scolaire de son enfant et qu'il nous sacrera patience jusqu'à la prochaine rencontre.

Le vieux routier a été pendant des années un PR guy. Sauf qu'après quinze ans de carrière, il est écoeuré royalement de voir des parents s'attendre à ce qu'un prof puisse exécuter quotidiennement la résurrection de Lazare. Alors il adopte la ligne dure, le ton cassant.

«Luc est écrasé sur son bureau toute la journée. C'est un flanc mou». «Il vous ment quand il vous dit qu'il travaille fort». «Vous ne le connaissez pas comme nous le connaissons à l'école». Ayoye!

PR guy (filles incluses, en passant) et vieux routier veulent tous deux se débarrasser, ou à tout le moins passer à travers le mauvais moment de cette rencontre de parents, mais tout est une question de méthode.

Le PR guy lance du savon partout, espérant faire fuir toutes les petites taches de graisse qui s'agglutinent à son bureau le temps d'une soirée. «Tout va bien se passer madame, beubye!»

Le vieux routier lance des bombes, démolit la vision idyllique du parent face à son petit chéri. Il détruit. «Vous pouvez essayer, mais votre enfant, c'est un paresseux, une sous-merde. Beu-bye!»

***

Hier, un parent m'a dit que son fils était parfait... C'est à ce moment que j'ai cessé, pour 5 minutes, d'être un PR guy pour devenir un vieux routier.

Eille! Ça va faire! Je veux bien entendre toutes les excuses inimaginables, mais il y a des limites! Un parent m'a déjà dit que son fils était comme un chevreuil, qu'il fallait le prendre doucement... Weird, mais d'accord, je vais essayer! Mais là, on dépasse solidement les bornes. J'ai donc enlevé mon masque et j'ai tout dit. Que l'intimidation, dans certains cas, ça se cherche, que les mauvais résultats, ça s'explique facilement par des heures de sommeil prolongé en classe...

Dans ma vision de l'enseignement, le parent n'est pas présent. Ce qui se passe dans ma classe ne le concerne pas. Je transmets un programme approuvé par le ministère national de l'Éducation, un programme pour tous, alors, à moins d'un problème grave de personnalité, ou un abus d'autorité, je ne veux rien savoir des parents. Ce sont leurs enfants qui m'intéressent, c'est à eux que je m'adresse. Les parents nuisent un peu à mon bonheur de professeur!

 

Le plus beau métier du monde, qu'y disent :).

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02 janvier 2009

Pour une dernière fois...

Chers amis,

2009 est arrivée, et avec une nouvelle année vient toujours le temps des bilans.

Je constate que, depuis quelque temps, écrire sur ce blog tient plus de l'habitude que du plaisir, de la routine que de l'envie.

Je vous annonce donc la mort de ce blog. Trois belles années d'écriture s'achèvent donc, mais je pense que je suis rendu à autre chose. Au pire, revenez voir de temps à autre, mais pour l'instant, le coeur n'y est plus.

Merci à tous de votre lecture assidue, et une excellente année 2009 à vous!

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20 décembre 2008

Pus rien à dire

Je n'ai rien à dire par les temps qui courent. Désolé. Sûrement que vous trouverez des critiques des films que j'irai voir dans les prochains jours...

JOYEUX NOËL!

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14 novembre 2008

Cégep: bonne nouvelle et réflexion

J'ai appris aujourd'hui que je devrais avoir, au minimum, un remplacement à 2/3 de tâche pour la session d'hiver, remplacement garanti au moins jusqu'à la mi-session (huit semaines).

Bien, bien, je suppose même que cela est extraordinaire! Je grimperai l'échelle de l'ancienneté, distançant mon rival de presque 3/4 d'année... Je planifierai un cours sur la littérature québécoise, ce qui me permettra d'élargir l'éventail de mon CV... Et l'argent...

Je suis conscient de tout ça, mais j'ai quand même une certaine difficulté à laisser de côté les dilemmes qui m'ont pris au cours de la session, les faces de carême, l'insolence, l'insouciance, l'immaturité des jeunes qui ont été devant moi depuis plus de 14 semaines maintenant.

Il faudra bien, un jour, que je me résigne à accepter l'inévitable, si je veux continuer en enseignement bien sûr. L'inévitable, c'est qu'on enseigne et touche une minorité d'étudiants à chaque session, et qu'on passe comme un coup de vent, comme une tache de graisse, comme un mauvais moment, comme une pilule d'huile de foie de morue dans les autres cas, la majorité, ceux qui ne veulent rien savoir du cours, qui trouvent que ça ne sert à rien.

Ah! Dire que j'allais passer les Fêtes avec l'optique d'être au chômage pendant des mois, me voilà pris à retarder cela! Non, je blague, évidemment, rien de tel que de me confronter à l'expérience de l'enseignement pour stimuler une réflexion éclairée.

Je vous en reparle, soyez-en assurés!!!!!!

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25 octobre 2008

Écrire pour gagner... Beurk!

Viens de terminer l'écriture d'une nouvelle littéraire pour le concours de Radio-Canada. Écrire pour gagner, écrire pour triompher des autres et partir avec le magot, la cagnotte (de 10 000$, quand même!).

Moment stressant s'il en est un, la remise du texte... Tout doit être parfaitement formaté, calculé, titré, calibré. Le paiement doit se faire sans qu'on sache quoi que ce soit de l'identité...

Ouf, c'est fait. J'espère, quand même, triompher! Me semble que ça me permettrait de me lancer sur de bonnes bases dans l'écriture, sait-on jamais, d'un roman.

Ma nouvelle? Je ne peux vous en parler, sauf si vous en faites la demande en privé! À mon avis, pas très humble, si je la compare avec la littérature française, c'est un genre de Flaubert version 21e siècle, avec une narration réaliste, un coup d'oeil ironique et désabusé de la société bourgeoise (la famille hétéro, évidemment, sur quel autre sujet, que je ne connais finalement pas!, puis-je écrire des tas de récits de mauvaise foi? Chers amis parents, ne prenez rien de personnel... je juge de loin...).

Anyway, bedtime!

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19 octobre 2008

Instant de paternité!

Revenant de mon tournoi de Génies en herbe avec mon frère et deux autres joueurs, j'ai ressenti l'espace d'une demi-heure, ce que ça peut être que de vivre sa paternité.

Avec les trois endormis sur l'autoroute dix, le soleil couchant, je conduisais, j'étais on charge! Je protégeais le petit monde qui m'entourait.

Je peux m'imaginer que pour un homme, un vrai (un «vra»!), la sensation de conduire sa petite famille à bon port après une journée d'activités familiales bien planifiées peut être une source de joie intense. On se sent nécessaire, utile au bon fonctionnement du petit groupe.

On a en plus un moment de réflexion profonde, un moment de rare solitude dans la tourmente qui nous permet de contempler ce qu'on a de plus précieux à son meilleur, c'est-à-dire dans le silence!

Non, c'est vrai... La marmaille, la femme, on les entend caqueter continuellement, et on est toujours au ras des pâquerettes, à discuter caca, budget, souper de demain...

Dans l'auto, avec les autres endormis, on peut au moins voir que le bonheur nous entoure, pour vrai, de manière à faire de notre vie quelque chose de profond, de signifiant, d'intense. On voit son oeuvre, enfin, avec un regard critique, et j'imagine que pour tout père de famille, comme moi hier, on ressent un sentiment de fierté.

Fierté d'amour-propre, d'abord, comme je l'expliquais, parce qu'on se voit comme un rouage important à la suite du bonheur... Fierté face à l'accomplissement, ensuite.... Pendant des années, réussir à maintenir une famille unie, ça représente un beau destin, surtout quand ça va bien.

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30 septembre 2008

Je suis pareil à Jean-Michel Anctil

Autre mois, autre crise de personnalité. Autre semaine, autre moment de déprime. Autre maison (déménagement demain), autre montée du niveau de stress. Nouvelles manifestations d'élèves poches qui ne se gênent pas pour le manifester en classe, nouvelle remise en cause de mon métier. Cette fois, pour vrai.

Je finis la session, et je rencontre un orienteur professionnel. Eille, je ne vais pas passer ma vie devant des faces de cadavres qui ne veulent rien savoir de la littérature. Comme je le disais à Tendre moitié hier, lors d'une logorrhée verbale d'une demi-heure, je ne peux pas être plus dynamique et organisé que maintenant, alors, dans ces conditions, si mon cours est pas assez intéressant, je ne peux pas faire plus. Je n'apprendrai certainement pas à jongler avec des quilles en feu pour plaire à ces petits chiens savants qui ont la cervelle d'un oiseau!

Au moins, pour me consoler de voir leurs petites face d'enfants de riches de mes deux, je sais que le père de l'un va se faire massacrer dans son comté aux prochaines élections, ça aide à faire passer la pilule...

Je réfléchis, question d'avoir des choses à dire à mon orienteur:

  • J'aime travailler avec le public, mais un public soit conquis d'avance, soit ouvert d'esprit;
  • J'aime la bonne musique, la vie à la légère;
  • J'apprécie l'écoute des gens...

Vite vite de même, je serais peut-être dû pour être barman... Pourquoi pas?

Pourquoi tu parles d'Anctil?

On m'a dit que cet humoriste québécois avait décidé d'arrêter de faire du spectacle parce qu'il devenait parano. Quand il saluait la salle qui l'applaudissait après un sketch, il finissait toujours par voir celle ou celui qui n'applaudissait pas, et il n'arrivait pas à «focuser» sur autre chose.

Même chose pour moi en enseignement, sauf que, la différence, c'est que ceux qui aiment le cours n'appludissent pas, alors je ne vois que les paresseux, les crétins, les bavards, les cons... Et je vous dis qu'il y a des coups de pied dans le derrière qui se perdent!

Je vous l'annonce donc officiellement: c'est probablement ma dernière session d'enseignement, à tous niveaux confondus... Je me réoriente... Qu'ils mangent de la marde...

Toutes offres d'emplois sont acceptées et acceptables!

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07 septembre 2008

Un rêve incestuo-américain!

Vous voulez savoir de quelle manière je relaxe la nuit après des journées bien remplies: eh bien, je fais des rêves complètement débiles! Voici le dernier en liste, où se trouvent tous les membres de ma famille, ou presque.

« Dans l'ancien logement de ma grand-mère, morte il y a quatre ans déjà, je suis avec elle, qui souffre d'alzheimer (elle ne l'a jamais eue, remarquez). Elle est peu cohérente, mais me dit qu'elle veut danser la valse.

J'accepte avec joie! On commence, et elle m'embrasse goulument sur la bouche. O...K...

Puis, j'entends mon père s'engouffrer dans le garde-robe de la chambre du milieu du logement où se trouve un tuyau où on peut se glisser pour aller dans une pièce dans une autre ville (un vacuum, finalement). Je le laisse partir. Comme il fait ça souvent, de toute façon, je ne suis pas inquiet (!).

Puis, je vois dans la rue ma cousine R. et ma mère, qui s'en viennent vers le logement, et dans la maison, ma mère et R. sont là également. Je ne comprends pas. Mon frère me crie alors:

- Eille le frère, c'est comme dans 24! Y en a une de chaque qui est là pour te tuer, choisis les bonnes!

Alors, je sors mon bazooka de ma poche arrière et tire une des deux R. et une des deux mères. Partent alors des violons, l'action se déroule au ralenti et mon frère me dit que j'ai tué les deux pas fines. Fiou.»

Et je me réveille... Ai-je besoin de vous dire que ça m'a pris deux heures avant de me rendormir et que j'ai repensé aux quelques cours que j'ai suivis sur Freud pour tenter de comprendre tout ça!

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11 août 2008

Emploi: un Hourra! mitigé (pour aujourd'hui)

Vendredi matin, appel de mon collège. «Charge à temps plein pour l'automne, ça vous convient?» «Évidemment!»

Je saute de joie. Je commence à préparer sérieusement mes affaires. Je refais mes plans de cours, pense à des idées nouvelles, intéressantes.

Puis, départ pour Thetford Mines, où je me plngerai corps et âme dans une compétition qui s'appelle Paléogénies X, où d'anciens joueurs de Génies en herbe du niveau secondaire (de 18 à 65 ans) se rencontrent pour disputer des matchs, parfois dans un niveau assez intense (une superbe organisation cette année, comme toujours!).

J'ai donc joué 17 matchs en moins de 36 heures, en plus d'en lire une dizaine d'autres. Mon équipe a atteint les demi-finales, mais pas grâce à moi, sauf en quarts, où j'ai été le plus haut pointeur de mon équipe).

Donc, immergé dans le Paléogénies, je n'ai pas vraiment pensé à mes cours.

Mais là, j'avoue, la réalité me rattrape. Un petit coup de déprime m'assaille ce matin alors que je dois dire officiellement adieu aux vacances, préparer «pour de vrai» ces cours, que j'ai très hâte de donner quand même, et installer une routine et une éthique de travail jusqu'au temps des Fêtes.

Et là-dedans, s'ajoute le déménagement vers mon condo en octobre, et voilà, j'ai maintenant l'impression que je n'aurai plus une seconde pour moi cet automne...

Ça va passer.

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