20 novembre 2009
Ferme ta gueule, Nathalie Normandeau (salope)!!!
Quand j'ai lu que la ministre Nathalie Normandeau s'était sentie «heurtée en tant que femme» par les propos d'un député péquiste qui lui disait de «fermer sa gueule», j'ai moi-même crié seul, devant mon ordi, «ferme ta gueule!»
Depuis quand dire à quelqu'un de fermer sa gueule a-t-il un lien avec le sexe de la personne? Parce que c'est une femme, on n'a pas le droit de lui dire de «fermer sa gueule» Que faudrait-il utiliser comme formule?
Les femmes du Parti libéral, ce me semble, ne se gênent pas, en chambre, pour lancer des vacheries aux députés de l'opposition, mais il faudrait, par un espèce de code d'honneur désuet, garder une gêne malplacée pour les femmes qui sont en position de pouvoir.
Autrement dit, elles peuvent être salopes contre les autres, mais les salopes n'auraient pas le droit de recevoir quelque commentaire négatif que ce soit parce que ça les stresse?
Eille... Si je me fais insulter par une femme, je ne me gênerai certainement pas pour lui dire que c'est une épaisse.
Deux poids deux mesures, madame Normandeau, vous avez déjà entendu ça?
12 novembre 2009
Les ados et le sarcasme (et de la philosophie au secondaire)
J'ai été aujourd'hui confronté au pire des adolescents: leur attitude sarcastique. Oui, je comprends qu'ils rejettent des valeurs, qu'ils veulent se définir en opposition au monde, mais le sarcasme? Pourquoi pas Greenpeace, pourquoi pas la musique?
Évidemment, je me suis questionné moi-même. Suis-je à ce point sarcastique? Ai-je transmis ce genre d'attitude à mes élèves? Il me semble que non. Du moins, plus maintenant. Auparavant, j'étais reconnu comme «le prof le plus sarcastique du Collège», mais plus maintenant.
Oui, dans ma vie quotidienne, je le suis. Destructeur par moments, iconoclaste à d'autres, mais je suis aussi un romantique, un rêveur, un homme qui rêve de systèmes politiques bien gérés, qui vote à tous les scrutins, qui paient ses impôts de bon coeur...
Mais les adolescents et le sarcasme, ceux qui enseignent le savent, ça crée un mélange complètement indigeste. Ils deviennent alors imbus d'eux-mêmes, autosuffisants, et donnent l'impression de se foutre du monde entier, alors que je sais très bien, moi, que dans mes groupes, les ados ne demandent pas mieux qu'à être transportés, qu'à avoir des profs passionnés, qu'à grandir...
Oh! La colère que j'ai ressentie ce matin en les voyant se moquer de deux pauvres conférenciers venus leur parler de dépression. C'est eux qui avaient l'air dépressifs tellement leur degré de collaboration frôlait le zéro.
De la philosophie au secondaire
Alors voilà, tel un Rabelais de moi-même (rien de moins!), j'ai décidé d'abandonner un cours urgent et nécessaire sur la ponctuation (une calamité, si vous saviez...) pour enseigner aux élèves les dangers du sarcasme, son aspect destructeur...
La philosophie n'est pas enseignée au secondaire, et pourtant, je pense fortement qu'il s'agirait du meilleur endroit pour éduquer les élèves à ses techniques. Recherche de la vérité, discussion sur les concepts et leur sens, exercice d'une pensée systématique.
Plutôt que de faire bêtement la morale demain (ce qu'il y aura, tout de même), je compte élargir la colère que j'ai ressentie et en faire quelque chose de constructif, d'instructif.
Les adolescents sont tellement convaincus d'avoir toujours raison que d'insérer un ou deux vers dans le fruit de leur ego ne saurait leur faire de tort, au contraire!
Enfin, souhaitons que leur attitude sarcastique saura s'éteindre pendant quelques minutes. D'ailleurs, ils sont tellement toujours saisis quand on leur parle de manière plus philosophique que cela devrait me permettre de leur demander de très longues réflexions sur le sujet qui devraient donner lieu à un véritable échange d'idées.
19 octobre 2009
L'insupportable passif-agressif Gérald Tremblay
J'espère que tous ceux qui ont vu le «maire» de Montréal, hier, à Tout le monde en parle, n'ont plus l'intention de voter pour lui. Quel être insupportable! Un vrai bébé!
Tout comme le bambin, il parle très fort quand il est contrarié, il tente toujours de se faire approuver par l'autorité (ses regards très nombreux à Guy A.), et, surtout, son discours est truffé de passages creux qu'on peine à saisir.
En plus, il utilise l'ironie pour se dissocier de problèmes qu'il a lui-même créés, se donnant un air franchement désagréable de passivité-agressivité.
Exemple? Quand Louise Harel l'attaque, il dit, une fois sur deux: «C'est ça, tout est de ma faute!»
Pourquoi n'assume-t-il pas ses problèmes? Pourquoi ne formule-t-il pas un argumentaire en bonne et due forme? Non, ce n'est pas la spécialité de Gérald Tremblay.
Sa spécialité, c'est de dire qu'il est «tanné d'entendre tout le monde parler contre Montréal, que c'est TRÈS BEAU MONTRÉAL, qu'on ne le salira pas», lui, le pauvre petit garçon!
J'ai hâte de voir au vrai débat ce soir, mais son attitude à TLMEP m'a énervé au plus haut point.
Depuis quand ne peut-on pas critiquer un politicien sans déclencher une colère gargantuesque? Eille, chose, on t'a juste demandé si tu en avais fait assez pour la culture. On ne t'ap pas dit en direct que ton zizi ressemblait à un grain de riz...
Tassez-moi ça de d'là, un maire qui est là depuis huit ans et qui voudrait qu'on le regarde aller sans le critiquer.
J'ai par contre beaucoup apprécié les deux autres candidats. Même s'il est clair que, «mon homme, c'est Louise Harel» (because elle peut battre Tremblay), j'aime beaucoup Richard Bergeron. Hier, sa maîtrise des dossiers et ses idées m'ont bien impressionné.
Louise Harel, de son côté, a lancé quelques pointes dévastatrices contre le maire, notamment quand elle lui a dit: «Vous parlez comme un candidat à la mairie, alors qu'on juge votre bilan de huit ans de corruption». Ayoye.
08 octobre 2009
Cette drôle de bibitte qu'est la psychanalyse
Depuis quatre mois, je suis une psychanalyse (non, je ne suis pas Français!!!!!!). J'adore ma thérapeute. Elle est à l'écoute, elle s'exprime franchement sur mes discours, elle est active et sa mémoire d'éléphant me la rend très sympathique.
Par contre, aujourd'hui, j'ai pour la première fois ressenti un ennui... Une amie, qui a fait une psychanalyse pendant des années, m'a confirmé que l'ennui faisait partie de la game, comme la colère, la tristesse et la frustration.
Eh bien! Aujourd'hui, j'ai tenté de ploguer ma psy, en lui disant que je croyais être arrivé au bout du processus, que je n'avais pas grand-chose d'autre à dire. J'ai écouté sa réponse avec le sentiment intérieur sadique de la voir se débattre pour continuer à récolter mon (maigre) pécule hebdomadaire...
Sa réponse était prévisible, mais elle m'a dit que tout cela était normal, que j'allais sûrement être fâché contre elle, que j'allais crier, mais qu'il ne fallait pas que je lâche maintenant puisque les progrès (réels) accomplis étaient fragiles, et que je devais les consolider en poussant plus loin la compréhension des causes de ma présence chez elle.
OK, d'accord pour maintenant. Il faut dire qu'elle a raison. Depuis deux mois, je me suis débarrassé allègrement de plusieurs couches de cynisme qui m'empoisonnaient la vie. J'ai arrêté de m'autodénigrer. J'ai cessé de voir la vie comme la somme des choses que je n'avais pas et je la vois plus comme l'addition des choix que j'ai faits qui m'ont mené là où je suis, heureux dans mon travail, en amitié, en amour, en loisirs, etc.
Enfin. J'espère pouvoir trouver bientôt les mots pour le dire, parce que là, on arrive dans des zones creuses, enfouies, de mon enfance, de mes fantasmes refoulés, et pour l'instant, la pelle mécanique de ma psy n'a pas tout à fait réussi à creuser jusqu'au bout!
23 septembre 2009
Sujets de colère...
Un ostie de twit à la mairie
Commençons par Gérald Tremblay. Gros crisse de cave. Il ment comme il respire, j'en suis même convaincu.
«Excusez-moi, je n'étais pas au courant de malversations par rapport au plus gros géant contrat octroyé par la Ville. Le budget du contrat est passé de 250 millions à 600 millions, mais je n'étais pas au courant».
Tu faisais quoi, épais? Tu te décrottais le nez? Tu lisais le journal?
C'est le dilemme politique classique. Reagan a pris la même défense dans le Irangate. Ou bien on est au courant et on ment, ou bien on n'était pas au courant et on est incompétent.
Dans le cas de Gérald «Tisane» Tremblay, on a réellement un cas du deuxième. Il est tellement naïf, ourson, punching bag, que c'est probable qu'à chaque fois que ça augmentait, on lui mettait un petit bonbon sur le dessus du dossier et il le signait pendant qu'il suçait la petite menthe en forme de chat.
En tout cas, je peux-tu vous dire que je vais voter pour Louise Harel. D'abord et avant tout, je l'adore, cette femme à la langue de venin dans une bouche de velours, mais surtout pour me débarrasser de cette nuisance qui a fait de ma ville un véritable repaire à mafia et Hells.
Au moins, donnez-nous l'apparence de la saine gestion, bon dieu!
Vote sur le web
L'émission La Joute junior vient de dévoiler les résultats du vote de sa première émission web. un des trois candidats reçoit 72%, les autres, des miettes.
Ce candidat, qui a parlé moins d'une minute dans un des deux débats, a-t-il à ce point séduit le peuple ou a-t-il simplement réussi ce que les autres n'ont à l'évidence pu faire: réunir sa ville devant l'écran et la faire voter pour lui?
Ce principe du vote populaire pour déterminer qui est le meilleur débatteur de trois adolescents m'apparaît archi-loufoque, surtout quand on sait à quel point les adolescents ont tendance à appuyer en masse quand ils aiment, et à rejeter en masse, sans regard critique, ce qui est le contraire d'un débat, quand ils n'aiment pas...
M'enfin!
19 septembre 2009
À bas le culte du super-parent...
Amis lecteurs, et en particulier les parents et ceux en devenir, vous serez sûrement très surpris de ma prise de position d'aujourd'hui: je trouve que vous faites pitié.
Ce matin, en lisant mon Quotidien fédéraliste préféré (TM), je suis tombé sur un de ces articles de fond qui se trouvent dans le cahier Gourmand. Au menu: comment créer la meilleure boîte à lunch de l'univers?
Réponse? Soyez créatifs, osez mélanger les ingrédients, etc. Alors, on suggère aux parents toutes sortes d'idées d'achats de Tupperware en couleur, de viandes froides variées, de légumes épatants, et toutes autres sortes de niaiseries de ce genre.
Non mais, c'est quoi le problème, là? On met tellement de pression sur les parents... Qu'est-il arrivé au bon vieux sagnouiche au jambon, à la bonne vieille tranche de fromage jaune et au yogourt?
À la vitesse que l'enfant mange à l'école, je peux-tu vous dire que, même si vous avez sculpté son sandwich en forme de Canada et que la viande qui est dedans forme les lettre du mot «Bon appétit», il s'en rendra vraiment pas compte?
Les pauvres parents, donc... Comment font-ils pour résister à tous ces appels des sirènes du perfectionnisme? La plus belle boîte à lunch, la plusse meilleure école, le plus beau linge...
Les parents de la classe moyenne au Qc sont tellement culpabilisés s'ils ne respectent pas tous les diktats des bien-pensants de la publicité et de la pégagogie à gogo, je n'en reviens pas.
Ce genre de cahiers dans la Presse m'écoeure à chaque fois que j'en vois un. Chacun fait son possible pour élever son enfant, et ça finit là. Si, après une journée éreintante où les deux parents ont travaillé fort, fait faire les devoirs, amené la petite au ballet et lu une histoire, ils doivent en plus taillader des carottes en forme de chat et sculpter le fromage à l'image du patriote de 1837 avant de se coucher (un peu comme sur l'image!!!), je pense que ces parents-là sont aussi bien de prendre une fourchette et de se la planter dans le cerveau tout de suite!
Comprenez-moi bien. Je suis pour qu'on apprenne de nouvelles méthodes d'éducation qui permettent à l'enfant de mieux s'épanouir et d'être le moins blessé possible après 18 ans avec ses parents. Par contre, je suis contre ces niaiseries abusives qui nous font croire qu'on va être aux anges grâce à une boîte à lunch surprise, à un cours de patinage de fantaisie ou toute autre activité qui prend inutilement du temps.
Vraiment, y a des jours comme aujourd'hui où je suis content de ne pas être parent. Je me connais, je serais vraiment le genre à être un parent perfectionniste...
17 août 2009
Comment reconnaître une fille straight dans un party de tapettes...?
Lors du méga T-Dance qui avait lieu Place Émilie-Gamelin dimanche soir dans le cadre de la Fierté gaie, je me trémoussais aux airs de DJ Mark Anthony avec Tendre moitié quand est arrivée l'ARCHÉTYPE de toutes les filles hétéros au milieu d'une foule remplie d'homos.
Ce qui me fait penser que, messieurs et mesdames qui aimez catégoriser les gens en trois secondes pour savoir à quoi vous attendre, voici mon guide en cinq étapes pour reconnaître la fille hétéro dans une place pleine de butchs et de tapettes:
- Elle porte la robe, qui est, en général, quatre fois plus fabulous que la moyenne
- Elle lève à 95% du temps les bras dans les airs
- Elle émet des cris suraigus pour montrer qu'elle a du plaisir
- Elle danse collée sur ses amies et amis pour montrer à quel point elle est tolérante et ouverte d'esprit
- (Optionnel) Elle sacre sa sacoche sur le plancher, comme elle le fait dans les places de banlieue qu'elle fréquente habituellement (Fuzzy, Tops, etc.).
Donc, messieurs, quand vous serez pris à sortir dans un bar gay et que vous trouvez, pauvres de vous, que vous manquez d'apparat visuel, repérez le spécimen ci-dessus, il est pour vous...
15 août 2009
Et si...
La vie est pleine de hasards, et quand on est victime d'un malheureux hasard, la vie est une salope.
Je me disais hier: et si une des choses que je fais dans ma vie tournait mal, que ça provoquait la mort d'une personne, ou ça la blessait... Comment réagirais-je? Je me promenais hier et je me disais: personne n'est à l'abri de péter une coche contre un passant, ou je ne sais trop...
M'enfuirais-je à toutes jambes, croyant que c'est ma seule issue, comme l'a fait le jeune de 17 ans qui a provoqué des lésions cérébrales à l'ami à qui il faisait faire du car surfing.
Réaction instinctive dans son cas, tout à fait compréhensible, et j'espère que la cour lui pardonnera ce «délit de fuite» provoqué par la conscience absolument intolérable que la vie, en trois secondes, vient complètement de basculer.
Toutes les accusées dans les histoires de car surfing doivent vivre cette soudaine montée existentielle où ils se disent que pour la première fois, leur vie n'est pas un ensemble de hasards, mais qu'elle devient une punition, un châtiment pour avoir mal agi.
***
Je vis souvent ça dans mes rêves. Je commets un crime épouvantable, je suis en prison, et je réfléchis à mes actes, en plus d'être happé au coeur par une douleur totale...
Pourtant, je suis tout sauf courageux. Je n'appartiens pas à la génération Les pieds dans le vide, celle qui a besoin d'un saut en parachute pour vivre, celle qui carsurfe, celle qui bareback, celle qui marche sur les tracks.
Je ne comprends d'ailleurs pas ce besoin maladif de s'identifier à des pratiques malsaines, dont on sait qu'elle peuvent mener à des conséquences graves. Complexe de supériorité? Égo surdéveloppé? C'est la même pensée que les parents qui sont convaincus que leur enfant sera, que dis-je, est unique.
«Je vais me tenir comme du monde, MOI, sur le toit de la voiture en marche tout en tenant la caméra»...
La vie est-elle si ennuyante? Peut-on accepter le fait que la vie en société soit une recherche constante du compromis ou du milieu ou faut-il la vivre toujours à plein?
À force de vivre aux extrêmes et proche du soleil, on finit par brûler nos ailes et on se rend compte que, finalement, un vol plané à basse altitude valait peut-être mieux que de toucher au soleil une fois pour en crever ensuite.
13 août 2009
Francofolies: ostie de chiâleux de Québec...
Savez-vous à quoi ils me font penser les gens de Québec qui se plaignent du déplacement des Francofolies de Mtl pour 2010? À un petit enfant qui veut protéger son petit coin de la cour d'école, mais qui est pas capable de se défendre parce qu'il est juste en 2e année alors que le tough termine sa 6e...
Regarde, mon p'tit Labeaume, si on veut déplacer les Francos de Montréal, on n'a pas à demander la permission à qui que ce soit. Et surtout, votre argument de dire qu'on va voler tous les spectacles parce que les artistes ne viendront qu'à Montréal, ça ne tient pas la route. Pourquoi ce serait Montréal qui devrait s'en priver? Et surtout, pourquoi vous faites pas venir plus d'artistes anglos? Ils sont déjà en majorité selon ce que j'en sais.
Montréal ne devrait pas changer sa date parce que, comme le disait en pleurnichant ce matin Daniel Gélinas, «Québec était là avant»? Come on! Vous vous êtes fendus en quatre l'an dernier pour attirer tout le tourisme québécois, et personne n'a rien dit. Là, on revient dans le vrai monde, où chacun tente de faire sa business. Estrie, Outaouais, Saguenay, Qc et Mtl...
Vous avez le Château Frontenac, le Vieux-Québec et le Capitole, arrangez-vous pour vendre ça comme arguments...
***
Ça me fait rire d'entendre les gens de Québec se plaindre, comme s'ils n'étaient pas capables de s'arranger tout seuls. Ils ont eu Céline, mais surtout une quasi-exclusivité de McCartney l'an dernier, et ils n'ont déjà plus confiance en leurs moyens de persuasion? Ils peuvent bien avoir voté NON en 1995, bande de petits pea soup eaters...
Dire que j'ai déjà été un chaud partisan des Nordiques... D'ailleurs, j'y pense, faudrait-il que le Canadien de Montréal arrête de jouer une année sur deux, pour donner une chance à une autre ville du Québec d'avoir la LNH?
Sans Montréal la crottée, l'immigrée, la pleine de BS, la pleine de traffic, la galeuse, le Québec n'est rien, et, même si on veut bien tout faire pour accomoder raisonnablement le Québec, il y a des limites qu'on ne peut pas franchir. Nous, Montréalais, dirons non tant aux codes de vie du style Hérouxville parce que c'est crissement crétin qu'aux demandes ridicules d'un village de 500 000 âmes. Nous mettrons les Francofolies au moment où nous le voulons parce que ça va permettre à Spectra de sauver 1/2 million de dollars en frais administratifs. C'est une logique capitaliste implacable, que vous, capitalistes parmi les capitalistes, comprenez parfaitement.
***
Et tant qu'à finir sur une dose de mauvaise foi, allons-y gaiement: si, Québec, tu veux être aussi grosse que le boeuf, peut-être faudrait-il que tu arrêtes de te fermer complètement à l'immigration et que tu apprennes à être moins imbue de toi-même.
Il en va d'une personne comme d'une ville: pour qu'elle soit attirante, elle doit autant faire preuve d'ouverture qu'avoir une identité forte, et, à te voir aller dans les dernière années, il te manque cruellement de la première qualité. Petite sotte!
06 août 2009
Pourquoi la parentophobie?
Avant de commencer, je tiens à dire tout le respect que j'ai pour les personnes de mon entourage qui sont parents ou sur le point de l'être. Ne prenez pas ce message personnel, il n'est que l'expression d'une colère passagère...
Ben tiens, d'abord, on peut commencer par ça. Il y a cinq ans, sur mon illustre précédent blog qui avait le don de déclencher les tempêtes à chaque semaine, je m'en donnais à coeur joie contre les mères, contre les familles... Aujourd'hui, je suis obligé de mettre des bémols. Vous comprenez, toutes les filles qui m'entourent et ont mon âge sont maintenant parents (en devenir).
Je ne peux plus écrire ce que je veux. Est-ce de la maturité ou de la censure? Est-ce que ce que je pensais il y a cinq ans s'est tranformé ou tout simplement refoulé?
Je ne sais plus.
Ce que je sais, c'est que ce n'est pas les parents qui m'énervent. Ben non. Mais il y a quand même quelque chose qui me met de la colère dans le sang à chaque fois que je pense à la famille.
Est-ce le fait que tous mes amis seront moins disponibles, ce qui est à 100% compréhensible, parce qu'ils s'investiront dans leur famille? Ce n'est pas que ça. Ce serait trop facile.
Est-ce le fait que les enfants sont accaparants et nous forcent, nous, adultes à leurs pieds, à nous plier à tous leurs caprices et à «passer en deuxième», comme le disait une charmante annonce de torchecul d'il y a 3 ans? Ça se peut, mais ce n'est pas tout. Après tout, à côté d'un enfant, je fais des grimaces, je m'amuse, je suis le clown de service, et tout le monde me dit que je suis «donc bon avec les petits».
***
En fait, je pense que c'est une question de hiérarchisation sociale qui me dérange.
LA FAMILLE! Valeur étalon d'une société en quête de sa propre reproduction. Valeur étalon d'une société qui s'aime tellement qu'elle veut perpétuellement se reproduire pour garder le beau système capitaliste qui détruit lentement mais sûrement notre planète avec ses hymnes à la surconsommation. Pas de famille, pas d'attention, pas de respect. C'est quand la dernière fois que vous avez entendu parler de la pauvreté chez les célibataires sur le bien-être social? Des aînés?
LA FAMILLE! Ceux qui n'en ont pas, comme moi (je veux dire de descendance... je vous aime papa et maman!), c'est comme si on leur disait que leur vie est une sous-merde, qu'ils n'ont trouvé aucun sens à leur vie. Ne me dites pas que c'est pas vrai, je ne vous croirai pas.
Partout, à la télé, dans les annonces, au gouvernement, on n'en a que pour ça. La preuve, c'est que 5% de mes impôts vont à payer des allocations familiales à des familles qui gagnent autant ou plus que moi... Dernière invention en liste: chers parents, vous pourrez déduire les équipements de hockey que vous achèterez chez Sports Experts pour votre petit.
C'est-tu pas merveilleux? Le gouvernement donne des primes à la surconsommation d'équipements trop chers à des familles juste pour encourager la bonne forme. N'ont-ils pas pensé, ces sbires du néo-conservatisme, que les équipements auraient sûrement été achetés anyway et qu'ils ne font que subventionner une classe moyenne qui n'en a pas besoin...
Alors moi, pauvre cruche sans enfant et sans pouvoir décisionnel, je dois financer des familles à qui ça coûte 10000$ par année de faire vivre leur enfant juste pour qu'elles soient égales à moi. Pas d'accord du tout!
Aider les pauvres, les gens dans le besoin, les artistes. Payer des congés de maternité d'un an, des places en garderie à 7$, je suis 100% d'accord avec ça. Mais acheter le cas' de hockey de Pierre-Luc Brillant-Tremblay parce que son père fantasme qu'il sera le prochain Sidney Crosby, je vous emmerde!
LA FAMILLE! Le retour en force ce ce concept dans les années 2000 témoigne d'un retour du conservatisme social.
Dans les années 90, le discours était inverse. On comptait combien il en coûtait de fonder une famille, et le calcul n'en valait pas toujours la chandelle. C'était le bon temps, celui des Clinton, du cynisme, de Seinfeld... Aujourd'hui, on a un autre démocrate à la Maison-Blanche, mais celui-ci flashe sa famille comme sa plus belle carte de visite dans les salons américains.
C'est ça qui m'écoeure! Quand on a des enfants, on part avec une longueur d'avance aux yeux des autres. Et c'est totalement injustifié.
La preuve, c'est que, quand leur petit a deux ans, tous les pères s'embarquent d'urgence dans une ligue de hockey de garage et toutes les mères de famille se trouvent d'urgence un ami gay qui n'a pas d'enfant justement pour se tenir loin de toutes ces discussions nécessaires et essentielles mais ô combien ennuyantes sur la longueur de la couche de ci, la taille du bedon de ça, la qualité des draps anti-allergènes, etc.
Je fais donc ici un ixième coming-out: je suis parentophobe, en théorie. Je vais adorer prendre vos enfants dans mes bras (même quand ils brailleront), mais demandez-moi pas de signer une pétition pour installer un parc en face de chez-nous ou pour allonger le congé parental à 3 ans (ou à 18 mois, comme j'ai vu des mères crinquées, le ventre gros comme Yogi L'ours le réclamer), parce que la réponse va être «no way Rosé»...