Humeurs montréalaises

Provocateur mais plein de doutes, Humeurs montréalaises commente l'actualité, sa vie, et tout ce qui tourne autour...

21 décembre 2009

Assurance-parentale: a-t-on dépassé la dose?

Je m'adresse ici à mes amies/amis parents qui ont ou auront bientôt des enfants.

Je lisais ce matin dans le journal que la caisse de l'assurance-parentale est encore vide, qu'il faudra y injecter 300 millions d'un seul coup et que les cotisations vont encore augmenter en janvier.

Ça se pourrait-tu que la prestation soit trop généreuse? Je veux dire, auriez-vous fait vos enfants si les programmes gouvernementaux n'vaient pas été aussi généreux? Ou est-ce véritablement l'incitatif qui vous a poussé dans la voie de la m(p)aternité?

À mon avis, c'est le discours actuel ultra pro-famille qui pousse les gens à devenir enceintes, pas seulement l'argent gouvernemental. Oui, ça aide, mais on parle tellement partout de la famille comme une idylle, comme le seul destin souhaitable dans une vie, que ça aide à prendre une décision.

Dans les années 90, années du cynisme, on calculait combien coûtait un enfant. Aujourd'hui, on dit qu'«on passe en deuxième et que c'est merveilleux». J'en ferais, moi aussi, des enfants, si je pouvais.

Et oui, ça coûte de l'argent, mais, considérant que mon enfant est souhaité dans ma société, j'accepterais les sacrifices financiers qui viennent avec!

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graphique_montee_en_fleche_300x225En tant qu'(ing)rat de la ville célibataire, suis-je trop dogmatique quand j'affirme que le programme est trop coûteux en période de déficit monstre, qu'il faudrait peut-être en assurer la pérennité en veillant à ne pas en augmenter les coûts constamment?

***

Qu'on aide les familles à partir la petite entreprise de la petite, je veux bien, il le faut. Un congé de maternité, rien de plus essentiel. Mais que les seules augmentations gouvernementales de programmes des prochaines années soient consacrées à l'assurance-parentale, je ne suis pas convaincu du tout.

Après tout, en tant qu'enseignant, je suis en négociations de convention collective présentement, et on me propose une année de gel et 2% d'augmentation pour 3 ans après. Ceci n'est pas une augmentation, c'est, à peine, un suivi de l'inflation.

Bon, je sais, on ne va pas en enseignement pour faire de l'argent. C'est une vocation.

Faire une famille ne relève-t-il pas du même geste généreux?

Je vois dans le programme d'assurance-parentale le même phénomène qui risque d'arriver aux enfants qui naissent maintenant: c'est (ce seront) un (des) bébés gâtés. On a commencé à lui donner de la nourriture, et maintenant, il ne peut plus arrêter de grossir et on ne peut pas lui dire non parce que ce serait politically incorrect, et, d'ailleurs, probablement suicidaire.

Parce que, comme toujours, les Québécois se plaignent de leurs impôts mais veulent les programmes les plus généreux de la planète.

Peuple individualiste, disais-je dans un autre article...

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18 décembre 2009

Le bon vaccitoyen...

vaccineQuoi de mieux, pour pousser à l'action, qu'une bonne grosse dose sale de culpabilité?

Le truc fonctionne pour les mères de ce monde depuis l'invention de la religion juive, alors, pourquoi le gouvernement du Canada, et particulièrement du Québec, ne s'en servirait-il pas pour faire bouger ses citoyens?

Je regardais hier, au Téléjournal, un reportage qui indiquait que pendant que seulement le tiers de la population à l'ouest du Québec avait été vaccinée, les moutons de notre Belle Province sont maintenant plus de 55% à avoir reçu la dose, dont votre humble serviteur, bien sûr.

Les explications de ce phénomène sont simples, et passent surtout par la facilité avec laquelle les médias de langue française percent les foyers québécois. Suffit d'envoyer Alain Poirier, DG de la Santé publique, à Tout le monde en parle et à TVYA (préférablement chez la belle Sophie Thiboutch), et voilà, tout le monde a peur, tout le monde y va.

***

À mon Collège, les collègues, constatant, ô horreur des horreurs, mon absence d'immunisation, se sont mis à me dire que je devais le faire pour me protéger, mais aussi, pour protéger les autres.

La rengaine a été reprise également par mon entourage, où pourtant, ce me semble, personne ne souffre d'asthme chronique, de VIH ou d'une maladie immunitaire grave...

La culpabilité, disais-je en début d'article...

***

Mes arguments sur le fait que cette H1N1 ne soit pas pire que les autres, sur le fait que les enfants qui en meurent ont de graves conditions immunosuppressives, sur la gammick que ça représente pour l'industrie, sur la fascination morbide des médias sur toute mini-épidémie n'ont pas suffi à convaincre.

Je ne me fais jamais vacciner contre les autres grippes, et personne ne rechigne. Mais celle-là, PESTE DU 21 E SIÈCLE, est la mère de toutes les grippes, entend-on, dans un reportage qui se conclut par une note précisant que le nombre de victimes est beaucoup moins élevé au Canada que lors d'une saison traditionnelle d'influenza.

***

Je constate avec cynisme que le vaccitoyen est la seule forme d'engagement que les gens sont prêts à prendre. La Terre, l'environnement, la souveraineté du Québec, la pauvreté, l'humanisme, trop compliqué.

Mais se faire vacciner et culpabiliser les autres qui ne le sont pas, voilà la nouvelle forme de lutte politique individualiste qui sied parfaitement à une population molle et endormie, à une population québécoise qui ressemble de plus en plus à un troupeau de moutons pathétiques.

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15 décembre 2009

Tiger Woods et l'hypocrisie

Moliere_demasquant_l_Hypocrisie_des_faux_devotsFin de silence radio. Je suis retour. Au moins le temps d'une chronique.

Mis à part l'imbécillité, la rancoeur, le fanatisme, l'intolérance et la pédanterie, il n'y a rien que je déteste le plus que l'hypocrisie.

Et quand je nous regarde réagir face à la saga Tiger Woods, je ne peux m'empêcher de voir à quel point nous sommes tous, au fond, des hypocrites.

Nous nous disons ouverts d'esprit, mais dès qu'un scandale sexuel fait son apparition sur la place publique, nous transformons nos vies rangées en chasse aux sorcières. Clinton, dépravé. Tiger, dépravé.

Et quand j'entends toutes ces madames qui chiâlent parce que Simon (nom fictif...), le beau Simon d'Occupation double qu'on a vu pendant 10 semaines tout nu à TVA, trompe une fille avec une autre, je me demande ceci: «Pourquoi, diantre, as-tu mouillé tes culottes pendant 10 semaines? Parce qu'il était laid comme un pichou?»

Mon père m'a souvent aidé à voir clair dans l'hypocrisie des gens face aux vedettes. Lui-même la dénonçait vertement, et je suis fier de reprendre ce flambeau.

Qu'on laisse aux védettes leur liberté. Je veux dire, si nous étions riches et bien ciselés comme ces vedettes, et qu'en plus, nous avions la chance immense de rencontrer, à chaque soir, des flopées de belles personnes, je suis sûr que nous ne résisterions pas plus à la tentation.

En tout cas, moi je sais que j'ai beaucoup de volonté en théorie, mais mettez-moi devant un plat de sucre à la crème comme ce midi, et je capitule. Easy. Frette sec.

Pour moi, qu'un Tiger Woods, globe-trotter au physique d'Adonis, qui rencontre à tous les jours des centaines de femmes, se laisse griser par son pouvoir de séduction et succombe à la tentation ne me surprend pas, et surtout, ça ne me choque pas pantoute.

Des jaloux, des menteurs et des envieux, voilà ce qu'ils sont, les porte-étendards de la pudibonderie actuelle.

Et surtout, des hypocrites, comme quelques-une des membres du clergé qu'on découvre pédérastes. Comme ces politiciens républicains qui se font prendre la main dans le sac avec un homme plus jeune dans un aéroport du Minnesota.

Comme toutes ces perosnnes de la classe moyenne qui succombent, année après année, à la frénésie de se mettre au régime pour plaire plus et se donner plus de pouvoir. Donnez-leur un corps à la Tiger, pour voir, comment elles réagiraient...

Il y a 400 ans, ou presque, Molière dénonçait l'hypocrisie des faux dévôts (comme sur l'image)... Je suis fortement désolé de voir que ce sont encore eux qui dictent leur volonté à une population captive de moralité facile et factice.

***

Le sexe, et j'en reparlerai parce que je réfléchis beaucoup à la question présentement en psychanalyse, est un sujet qu'on ne comprend pas tellement. Il me semble qu'il serait temps qu'on secoue un peu les lois qui régissent aujourd'hui les unions, parce que ça semble convenir à de moins en moins de gens...

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13 novembre 2009

Les flancs mous

Un sondage Ekos révèle ce matin que plus de la moitié des Québécois désirent se faire vacciner, alors que quelques semaines plus tôt, moins d'un tiers se disaient prêts à passer à l'acte.

Mais quel changement! Quelle ouverture!

Les directeurs de la santé publique du Québec doivent être bien heureux de vivre avec un troupeau de moutons aussi dociles. Quelques messages alarmistes, une psychotique de Saint-Eustache qui brâille pour ses enfants, trois quatre morts dans une région, et hop, le tour est joué, tout le monde a changé camp!

Comme c'est flanc mou, un Québécois! En fait, cette attitude face aux diverses propagandes (bien intentionnées, accordons-les-leur) confirme ce que je pense de plus en plus de mon peuple: nous sommes une bande de flancs mous, sans colonnes, incapables d'assumer une seule idée pour peu qu'on la critique minimalement.

«Ah ouan, t'as ben réson dans l'fond...» «Ah, c'est vra que c'pas pire, un vaccin»...

Misère. Notre indécision nationale, notre incapacité à décider de créer un pays, notre colère face à Ottawa à toute tentative d'intrusion dans les compétences provinciales, tout cela est symptomatique.

Les Québécois sont mous! Regardez, même, combien certaines de mes provocations choquent sur ce blog!

On peut-tu s'exprimer, on peut-tu avoir des idées? A-t-on le droit, au Québec, d'être autre chose qu'on bon petit mouton qui regarde «Salut bonjour» en se disant que c'est de la bonne information et qui se réfugie dans son sous-sol avec écran géant pour oublier tous ses problèmes?

Le Québec me désole. Depuis la grande marche pour l'Irak de 2005, qui avait réuni plus de 200 000 anti-Bush par un froid polaire, rien ne semble nous convaincre de participer à la vie citoyenne. Pas les 92 élections fédérales, pas la corruption, pas rien!

Nous nous retirons, indifférents et heureux, contemplatifs de notre propre petit bonheur bourgeois de merde, et nous changeons d'idée au gré du vent, au gré du témoignage, au gré de l'angle adopté par le journaliste de TVYA...

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05 novembre 2009

J'appuie les conservateurs et j'aime «Salut Bonjour»

«Docteur, que se passe-t-il avec moi?»

Vous avez bien lu. J'appuie le projet de loi privé qui enlève le contrôle des armes à feu pour les carabines et les armes de chasse. Le registre des armes à feux fait partie de ces initiatives politiques bien-pensantes qui n'ont aucune utilité.

Pourquoi? Parce que, si on se rappelle bien, ce foutu registre des armes à feu est né de l'hystérie (lire, féminine) collective qui a eu lieu après la tragédie de Polytechnique. Une jeune femme (Kekchose Larivière) avait alors fait signer une pétition que 2000000 de personnes, les yeux fermés par la compassion, avaient signée.

Le registre des armes à feu a ensuite été créé, et puis, plus rien... Le nombre de meurtres violents n'a pas vraiment diminué, il y a eu Dawson, il y a eu un fou qui a tué quatre personnes à son bureau de poste d'Ottawa.

Par contre, le gouvernement a engouffré 600 millions de dollars par an pour gérer ce foutu programme, nuisant surtout aux centaines de milliers de chasseurs canadiens.

Contrairement à ce que le Bloc prétend, il n'y a aucune pente dangereuse avec ce projet de loi. Nous ne serons pas comme les États-Unis dans dix ans. Le Canada n'est pas comme ça. La possession d'armes de poing est illégale et il en sera toujours ainsi. Je pense.

Mais défaire cette connerie de programme instauré par Jean Chrétien PAR PURE OPPORTUNISME POLITIQUE, comme tout ce qu'il (n')a (pas) fait comme premier ministre était la bonne décision.

La folie monstrueuse des tueurs n'a rien, mais alors là, rien à voir avec la législation. Il faut accepter que la vie vient également avec une pulsion de mort, qui peut frapper au hasard à quelques reprises.

Salut, bonjour

Sur une note plus légère, je vous avouerai que j'ai écouté «Salut Bonjour» ce matin.

Je ne suis plus capable de la petite Marie-José Bouchard, à RDI. Son émission est tellement plate, ennuyante et manque tellement de personnalité que je me suis réfugié à TVA.

On parlait de la même maudite affaire (H1N1), mais avec un peu d'humanité, un peu d'humour...

Bon, je ne tougherais pas plus que dix minutes le crisse de téteux de Gino Chouinard, mais pour les petits matins engourdis, j'ai besoin d'énergie, pas d'une livraison de nouvelles sur le pilote automatique comme à RDI.

D'ailleurs, dans la voiture, c'est René Homier-Roy et sa bande, dont le sublime Marc Laurendeau. Contenu sérieux, entrevue avec Louise Harel à 7h17 le matin, mais avec de la personnalité, de la gueule!

En tout cas... Je retourne au travail!

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02 novembre 2009

Les Anglos et les allophones et la corruption

OK, c'est-tu parce qu'y sont bouchés des deux trous ou bien parce qu'ils ont un retard mental congénital que les Anglos et les allophones ont voté massivement pour Gérald «faux-naïf» Tremblay?

Quand on regarde la carte électotrale du résultat d'hier, on constate que les comtés péquistes ont voté soit Harel, soit Bergeron, et les comtés libéraux provinciaux ont appuyé Tremblay.

C'est quoi le crisse de problème? Qu'est-ce que ça va prendre pour les faire changer d'idée sur quelque chose? Ont-ils une déficience mentale qui fait en sorte que quand ils votent pour une personne, leur cerveau est bloqué jusqu'à la mort de cette personne-là? Ont-ils peur de la démocratie?

C'est des crisses de pépères, ceux qui ont voté pour Tremblay, des lavettes, peureux, des accepteux de corruption. Votez pour Louise O'Sullivan, je m'en sacre, mais comment peut-on réélire un maire qui a trempé dans la corruption comme ça. C'est à croire que Gérald Tremblay a été trempé dans la corruption par le talon et que la flèche d'hier a même pas passé proche de lui.

***

Je le regarde sur les photos dans le journal ce matin, avec sa petite face de vieux crisse de satisfait fatiquant, de mangeux de marde. Il vous regarde de haut, en disant: «Vous avez même pas eu le courage de m'envoyer dehors bande caves!

Une chance que j'ai mes 37% de déficients mentaux qui comprennent rien à la démocratie, qui refusent le jeu démocratique, qui ont décidé que tout ce qui est francophone est viscéralement un mangeux de marde, donc, ils votent pour celui qui parle le mieux l'anglais».

Dois-je préciser ici que je ne suis pas raciste? Je ne le suis pas, mais quand je vois les anglos et les allos se liguer en masse pour ne pas voter une candidate juste sous prétexte qu'elle a été souverainiste, je m'enrage. Je suis convaincu qu'un maximum de 20% de francos a voté pour Tremblay, et encore...

Là, on est pris pour quatre ans avec une limace qui va encore pleurer à chaque fois qu'on va essayer de le critiquer, tout ça à cause de Montréalais bouchés par tous les trous qui comprennent rien à la démocratie.

Pis dire qu'on n'a pas de pays à cause de ça. Y a de quoi déclencher une révolution...

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23 octobre 2009

La propreté

Je pensais à tout ce que je voyais de la campagne municipale, par les temps qui courent, et je me suis mis à réfléchir sur la notion de propreté dans notre société occidentale.

On est tellement ordonnés, méticuleux, rangés. On est intolérant au bordel, à la saleté, au désordre. Juste à voir comment c'est chez moi, chez mes amis, je ressens une pression à toujours tout serrer par bonne catégorie dans le frigo, à tout nettoyer quand un iota de poussière traîne, à classer mes cacannes par ordre alphabétique...

Des émissions proposent d'aller chez vous pour ranger ce qui est en désordre (Clean Sweep), d'autres rénoveront votre maison si le mobilier est plus âgé que dix ans, et d'autres encore, bien sûr, s'occuperont de votre corps s'il n'est pas parfaitement clean.

Une obsession, bref, au même titre que le désir de sécurité maladif...

M. Net

benoit_labontePas surprenant que, dans les scandales qui éclaboussent présentement les divers Hôtels de Ville du Québec, on ait le réflexe de tout vouloir nettoyer en un rien de temps, de passer l'éponge, comme on dit, de manière magique.

«Commandez une Commission d'enquête, nous trouverons les coupables, et nous ferons le ménage», clament ceux qui voient l'industrie de la construction comme une colonie de termites dévorant notre pauvre pécule national sur laquelle il faudrait seulement une petite dose de poison à rats pour disparaître.

Je veux bien! Oui, il faut rendre tout ce qui touche à l'État transparent et clean, mais, n'oublions jamais que l'enfer est pavé de bonnes intentions, et qu'à la température dans laquelle travaillent les employés de la construction, nous ne sommes jamais bien loin du domaine de Satan...

L'ammoniac nous rend-il amnésiques?

Si ma mémoire est bonne, une commission d'enquête, la CECO, dans les années 70, avait étudié le même problème, mais celui-ci est revenu, avec plus de virulence, diront les partisans de l'idéologie du «here and now». Pourquoi?

Peut-être parce que, contrairement à un fonctionnariat, une industrie privée qui soumet au gouvernement est extrêmement difficile à contrôler, surtout quand des groupes comme les Hells et la mafia tentent désespérément de blanchir de l'argent et de se trouver de nouvelles sources de financement.

On avait isolé les mêmes problématiques dans les années 70, mais les constructeurs comme Beaver ont continué leur petit bonhomme de chemin. Les Tony Accurso de ce monde n'ont jamais cessé de magouiller parce qu'une commission d'enquête.

Crime et poussière

Je dis ça sans cynisme, mais, en fait, le crime organisé, la corruption, la magouille, les passe-passe, les pots-de-vin, c'est comme la poussière et la crasse, ça revient tout le temps, et il faut toujours la nettoyer.

Peut-être les gens commencent-ils à trouver que la cuve est dégueulasse, que les bureaux sont poussiéreux. Soit. Faisons le ménage. Passons un grand coup de plumeau. Élisons des candidats qui n'ont jamais trempé dans le milieu et n'ont aucune intention de le faire, mais ne soyons pas dupes.

Je vous parie qu'en 2025, un même genre d'enquête sera encore une fois demandé à Montréal.

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28 août 2009

Sénat: Je l'aime Jacques, mais quand même...

demersQuand on parle de chien dans un jeu de quilles, on parle de Jacques Demers au Sénat.

Nonobstant toute la sympathie qu'on peut lui témoigner face à ce qu'on désigne partout comme étant sa «lutte à l'analphabétisme» (comme si c'était une maladie incurable), M. Demers n'a pas sa place au Sénat.

D'abord, le Sénat est supposé être la Chambre haute, l'endroit où on débat de manière moins partisane des lois adoptées par le Parlement, la Chambre basse.

Or, en donnant des hautes fonctions de législateur à un homme qui sait à peine lire, quel message envoie-t-on à la population? Que le Sénat est une institution sans importance, symbolique, qu'il faudrait la sacrifier comme plusieurs le proposent depuis des dizaines d'années...

Je suis personnellement inquiet de savoir qu'un homme doté d'une capacité de réflexion minimale sera bientôt en position de force pour adopter des projets de loi sur les jeunes contrevenants, l'avortement, le budget, la santé...

M. Demers sera placé à l'institution politique la plus importante du pays alors qu'il n'a pas fait d'études universitaires. Il sera un yes-man, rien de plus. Sa capacité de réflexion sera limitée, forcément, par son analphabétisme, et, traitez-moi d'élitiste si vous le voulez, mais je ne crois pas qu'on puisse être politicien et décider de l'avenir d'un pays si on ne sait pas lire...

À cet égard, il faisait pitié d'entendre le sympathique Jacques Demers répondre à Céline Galipeau, hier, au Téléjournal. Tous les clichés du hockey y sont passés: donner mon maximum, jouer en équipe... Alors que les questions, graves, comme celles de son allégeance politique, celles de ses chevaux de bataille, celle de sa présence aux côtés de Stephen Harper lors de la prochaine campagne électorale, étaient balayées sous le tapis.

Il y a des limites à des nominations partisanes faites dans l'unique but de gagner un minimum de capital de sympathie, ce que vient de réussir Stephen Harper au Québec.

Et le pire, c'est que les médias ne chialeront pas trop, puisque le personnage est sympathique, et que son analphabétisme rend très difficile toute forme de critique, qu'on pourrait voir comme des attaques personnelles.

En tout cas, quand mes jeunes me demanderont à quoi ça sert d'étudier le français, de lire Vian, Camus et Hugo comme on le fera cette année, je leur répondrai que, s'ils veulent aller en politique, probablement à pas grand-chose. Ils auront plus de chances d'être sénateur s'ils jouent au hockey ou s'ils gagnent Star Académie...

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22 août 2009

Hydro-Québec: le vrai scandale, c'est Vandal

Un petit mot, juste un petit, pour vous dire que je ne comprends pas la confusion qui règne actuellement en lien avec les commandites d'Hydro-Québec...

Les commandites faites aux collèges Notre-Dame et Jean-de-Brébeuf étaient illégitimes. Pas illégales. Pas immorales. Juste SCANDALEUSES, CYNIQUES ET ILLÉGITIMES.

Qu'un PDG d'une société d'État supposément neutre fasse le choix de financer les installations sportives des deux collèges privés qu'il a lui-même fréquentés est inqualifiable. C'est le B-A-BA de la transparence qui est touché ici.

Aujourd'hui, en réaction, des groupes se portent maintenant à la défense d'Hydro et de son programme général de commandites. Ça dépasse l'entendemen! Voyez, par exemple, les exordes du festival d'été de Québec ou même de l'OSM, dans une lettre ouverte aux médias. N'importe, quoi, vraiment!

Tous ces beaux gens de l'intelligentsia, ont-ils fait des études? Sont-ils minimalement actifs neurologiquement? Personne ne remet en cause la politique de commandites d'Hydro! Tout le monde reconnaît l'apport de la société aux grands événements culturels de notre pays. C'est pas ça le problème.

Le problème, bande de caves qui s'émeuvent dans les lignes ouvertes, c'est qu'une société d'État, bureaucratique, neutre et aux principes d'éthique clairs choisisse non seulement de supporter le système d'éducation privé (ce qui est déjà inadmissible), mais deux écoles qui s'adonnent à être sur le parcours de son PDG...

Rien d'autre.

L'OSM, le festival d'été, les feux d'artifice, le théâtre du Pied-de-vent aux Iles-de-la-Madeleine, je m'en sacre-tu qu'Hydro les commandite. On a besoin de ces manifestations culturelles uniques.

Brébeuf et Notre-Dame ne sont pas uniques. Les favoriser enlève aux autres collèges privés de Montréal une capacité concurrentielle, et c'est proprement INJUSTE!

Financer des festivals, des orchestres, ça n'enlève rien à personne, même par la bande. On est tellement petits, au Québec, qu'Hydro a son nez fourré à peu près dans tout ce qui est culturel, et on comprend. Mais on ne comprend pas dans le cas des écoles...

Que le gouvernement commandite les écoles privées par la voie de ses sociétés d'État frôle par ailleurs le cynisme et l'ironie politiques à un degré jamais vu. Il est là le scandale! Qu'un État ne croie plus en ses institutions publiques et préfère financer les institutions privées, celles qui le concurrencent, ça me dépasse...

En ce sens, le PDG d'Hydro, Vandal, porte très bien son nom dans le rôle de celui qui détruit tout par la bande...

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16 août 2009

Gay Pride: Fier de quoi, déjà?

montrealgayprideJ'ai assisté au défilé de la Fierté, cet après-midi, à Montréal. Sous un soleil de plomb, la chaleur était au rendez-vous. Gars en petites culottes, hommes à plumes dans le cul, musique techno endiablée; il faisait 50 degrés sur René-Lévesque!

Pendant la parade, je n'ai pas pu m'empêcher de me demander ce que ça voulait dire: LA FIERTÉ GAIE...

Si, comme tous les militants l'entendent et le claironnent sur des porte-voix et des pancartes, l'orientation sexuelle n'est pas un choix, en quoi peut-on en être fier?

Le mot fierté m'apparaît mal choisi, et, comme je suis dans une passe très critique du choix des mots, je me pose des questions.

Être gay, ou être Québécois d'ailleurs, il me semble qu'on ne peut être fier de ça. On peut être fier de voir la culture québécoise rayonner, oui, on peut être fier de voir des gays devenir maire de Paris, mais pas d'ÊTRE gay ou Québécois.

Pour moi, fierté rime avec action, avec gestes posés, avec volonté d'agir. «Je suis «tellement fier d'être gay» «Ah oui, pourquoi?»

Y a-t-il une réponse à cette question? Il me semble que non. «Je suis tellement fier de voir comment les gays, en se réunissant et en militant, ont réussi à faire valoir leurs droits!». Me semble que c'est plus pertinent.

Pourtant, j'ai l'impression que, parmi les nombreux badauds qui se trémoussaient sur le boulevard, peu faisaient la distinction, et se disaient, à tort, fiers de leur état, et non des accomplissements du passé...

***

Le concept de fierté peut engendrer des réactions violentes. Regardez, par exemple, les Richard Martineau et cie (des bien pires, d'ailleurs) qui, à chaque année, se demandent, mi-sérieux, si on devrait avoir une journée de la fierté hétéro... Réaction épidermique compréhensible, si vous voulez mon avis...

Fierté n'est jamais bien loin d'orgueil, d'ego, et tout le monde sait ce que des conflits d'ego et d'orgueil ont pu faire de tort dans l'Histoire.

Je me sentirais bien plus à l'aise avec un titre de journée comme «Journée internationale des droits des gays et lesbiennes», comme celle des Noirs, des Travailleurs, etc. Ça n'empêcherait en rien les paillettes, les fesses à l'air et les strap-on dans la rue en face d'enfants bouche-bée, mais ça mettrait les points sur les «i».

On ne serait plus dans une logique oppositionnelle, mais bien dans une de célébration de l'intégration et de l'harmonie.

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