10 novembre 2009
La Donation - Un rare chef-d'oeuvre québécois, 9/10
Le cinéma sans le flafla. Le coeur de l'émotion humaine. La beauté pure. Les mots me manquent pour décrire le dernier film de Bernard Émond, La Donation.
Campé en plein coeur de l'Abitibi, à Normétal, le récit nous plonge à travers la vie du docteure Dion, qui se rend à l'autre bout du Québec pour remplacer un docteur vieillissant (formidable Jacques Godin).
Le film laisse toute la place aux doutes du personnage de la fantastique Élyse Guilbault, à ses relations fusionnelles avec certains patients, à son humanité.
Le plus extraordinaire, donc, dans le film, c'est la lenteur des plans, mais une lenteur toute réfléchie, où on prend le temps de s'attarder à un regard, à une émotion.
Plusieurs fois dans le film, je me suis retrouvé le souffle coupé par des dialogues courts mais puissants et efficaces, par des moments d'une profonde générosité, par des personnages sans artifice qui sont des écorchés durs de la vie en région.
Et que dire de la photographie? Le film m'a montré mon Québec, mon pays, dans toute sa splendeur, son aspect sauvage. J'en avais presque le goût de faire une tournée pour moi-même m'adonner à la contemplation de ces beautés arides, de ces arbres qui sont défeuillus par le vent d'automne, par ces lignes électriques abandonnées en plein milieu de nulle part...
Extraordinaire! Du grand cinéma. Pas besoin de 50 millions pour toucher les coeurs. Au contraire...
Commentaires
Yé !
J'avais hâte de lire une critique «objective» et tu me donnes hâte d'aller le voir. Je me rappelle le sentiment ressenti en visionnant le chapitre précédent, La Neuvaine, et La Donation me semble promettre autant d'émotion !
C'est quand même la première fois de l'histoire de ce blogue - de mémoire du moins - que tu donnes une note supérieure à 8/10...
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