24 octobre 2009
The September Issue - Une diva implacable, 6/10
Je l'avoue, j'ai une fascination morbide pour trois choses: les super-divas, les femmes de très haut pouvoir et la mode (particulièrement les talons hauts!!). Alors, quand j'ai vu qu'un film présentait Anna Wintour, rédactrice-en-chef et salope-en-chef de Vogue US, je me suis précipité.
Cette femme a la réputation, en un claquement de doigts, de pouvoir faire fondre quelqu'un en larmes, briser une réputation ou intégrer les manteaux en forme de banane comme le chic du chic aux États-Unis.
Le documentariste Ray (?) Cutler nous montre donc cette femme de pouvoir dans tout ce qu'elle peut avoir d'implacable. Elle fait effectivement pleurer un assistant, enrager sa conseillère principale et décide de tout. De tout.
Toute photo, tout texte, tout changement mineur à la couleur d'une publicité qui apparaîtra en bas dans le coin de la page 324, elle l'approuve avec un très gros minimum d'effet. Et rejette tout de la même manière. Se retournant vers une robe, elle dira: «Too much Fur». Tournant ensuite son regard vers une paire de gants: «Too black»...
Cutler réussit tout de même, pendant trois secondes, à nous montrer une toute petite saillie dans la statue de marbre Wintour. Parlant de ses deux frères (journaliste et travailleur humanitaire), elle dira qu'ils trouvent son métier «funny», et elle le répétera trois fois, dans une attitude lourde de sous-entendus, et qui laisse présager un début d'ombre de remise en question.
Le rythme du film est par ailleurs excellent. On y voyage sur deux continents, on rencontre un tas d'employés, et notamment la sympathique Grace, qui semble être la seule personne du bureau à tenir, le temps de quelques secondes, tête à sa rédactrice en chef, quitte à renverser ses décisions dans son dos.
Un très bon moment à passer au cinéma, à mon avis.
Je vous laisse sur une citation provocante du début du film de la principale intéressée: «Les gens qui critiquent la mode le font parce qu'ils sont envieux de ce style de vie cool. Ceux qui nous méprisent sont des jaloux». Savoureux!
23 octobre 2009
La propreté
Je pensais à tout ce que je voyais de la campagne municipale, par les temps qui courent, et je me suis mis à réfléchir sur la notion de propreté dans notre société occidentale.
On est tellement ordonnés, méticuleux, rangés. On est intolérant au bordel, à la saleté, au désordre. Juste à voir comment c'est chez moi, chez mes amis, je ressens une pression à toujours tout serrer par bonne catégorie dans le frigo, à tout nettoyer quand un iota de poussière traîne, à classer mes cacannes par ordre alphabétique...
Des émissions proposent d'aller chez vous pour ranger ce qui est en désordre (Clean Sweep), d'autres rénoveront votre maison si le mobilier est plus âgé que dix ans, et d'autres encore, bien sûr, s'occuperont de votre corps s'il n'est pas parfaitement clean.
Une obsession, bref, au même titre que le désir de sécurité maladif...
M. Net
Pas surprenant que, dans les scandales qui éclaboussent présentement les divers Hôtels de Ville du Québec, on ait le réflexe de tout vouloir nettoyer en un rien de temps, de passer l'éponge, comme on dit, de manière magique.
«Commandez une Commission d'enquête, nous trouverons les coupables, et nous ferons le ménage», clament ceux qui voient l'industrie de la construction comme une colonie de termites dévorant notre pauvre pécule national sur laquelle il faudrait seulement une petite dose de poison à rats pour disparaître.
Je veux bien! Oui, il faut rendre tout ce qui touche à l'État transparent et clean, mais, n'oublions jamais que l'enfer est pavé de bonnes intentions, et qu'à la température dans laquelle travaillent les employés de la construction, nous ne sommes jamais bien loin du domaine de Satan...
L'ammoniac nous rend-il amnésiques?
Si ma mémoire est bonne, une commission d'enquête, la CECO, dans les années 70, avait étudié le même problème, mais celui-ci est revenu, avec plus de virulence, diront les partisans de l'idéologie du «here and now». Pourquoi?
Peut-être parce que, contrairement à un fonctionnariat, une industrie privée qui soumet au gouvernement est extrêmement difficile à contrôler, surtout quand des groupes comme les Hells et la mafia tentent désespérément de blanchir de l'argent et de se trouver de nouvelles sources de financement.
On avait isolé les mêmes problématiques dans les années 70, mais les constructeurs comme Beaver ont continué leur petit bonhomme de chemin. Les Tony Accurso de ce monde n'ont jamais cessé de magouiller parce qu'une commission d'enquête.
Crime et poussière
Je dis ça sans cynisme, mais, en fait, le crime organisé, la corruption, la magouille, les passe-passe, les pots-de-vin, c'est comme la poussière et la crasse, ça revient tout le temps, et il faut toujours la nettoyer.
Peut-être les gens commencent-ils à trouver que la cuve est dégueulasse, que les bureaux sont poussiéreux. Soit. Faisons le ménage. Passons un grand coup de plumeau. Élisons des candidats qui n'ont jamais trempé dans le milieu et n'ont aucune intention de le faire, mais ne soyons pas dupes.
Je vous parie qu'en 2025, un même genre d'enquête sera encore une fois demandé à Montréal.
19 octobre 2009
L'insupportable passif-agressif Gérald Tremblay
J'espère que tous ceux qui ont vu le «maire» de Montréal, hier, à Tout le monde en parle, n'ont plus l'intention de voter pour lui. Quel être insupportable! Un vrai bébé!
Tout comme le bambin, il parle très fort quand il est contrarié, il tente toujours de se faire approuver par l'autorité (ses regards très nombreux à Guy A.), et, surtout, son discours est truffé de passages creux qu'on peine à saisir.
En plus, il utilise l'ironie pour se dissocier de problèmes qu'il a lui-même créés, se donnant un air franchement désagréable de passivité-agressivité.
Exemple? Quand Louise Harel l'attaque, il dit, une fois sur deux: «C'est ça, tout est de ma faute!»
Pourquoi n'assume-t-il pas ses problèmes? Pourquoi ne formule-t-il pas un argumentaire en bonne et due forme? Non, ce n'est pas la spécialité de Gérald Tremblay.
Sa spécialité, c'est de dire qu'il est «tanné d'entendre tout le monde parler contre Montréal, que c'est TRÈS BEAU MONTRÉAL, qu'on ne le salira pas», lui, le pauvre petit garçon!
J'ai hâte de voir au vrai débat ce soir, mais son attitude à TLMEP m'a énervé au plus haut point.
Depuis quand ne peut-on pas critiquer un politicien sans déclencher une colère gargantuesque? Eille, chose, on t'a juste demandé si tu en avais fait assez pour la culture. On ne t'ap pas dit en direct que ton zizi ressemblait à un grain de riz...
Tassez-moi ça de d'là, un maire qui est là depuis huit ans et qui voudrait qu'on le regarde aller sans le critiquer.
J'ai par contre beaucoup apprécié les deux autres candidats. Même s'il est clair que, «mon homme, c'est Louise Harel» (because elle peut battre Tremblay), j'aime beaucoup Richard Bergeron. Hier, sa maîtrise des dossiers et ses idées m'ont bien impressionné.
Louise Harel, de son côté, a lancé quelques pointes dévastatrices contre le maire, notamment quand elle lui a dit: «Vous parlez comme un candidat à la mairie, alors qu'on juge votre bilan de huit ans de corruption». Ayoye.
18 octobre 2009
Mika, Champion, Muse - De l'excellente musique
Ma psy me l'a dit, je suis un «workaholic boulimique». Je consomme tout, je dévore, je veux tout (allo Ariane).
Donc, après vous avoir parlé, cette semaine, de livres et de théâtre, je vous présente mes disques achetés jusqu'à maintenant cet automne.
MUSE
Ce trio britannique fait de la fichue de bonne musique, un tantinet overdramatique, mais toujours avec de bonnes idées, de bons flashs musicaux.
Avec The Resistance, ils se dépassent. Les airs sont accrocheurs, les références, notamment à Queen, sont hallucinantes, et les trois morceaux de la fin, intitulés Symphony, nous transportent dans un univers sans parole digne de Phillip Glass.
DJ CHAMPION
Copie? Air du temps? L'album de Champion s'intitule lui aussi Resistance. Peut-être est-ce dû à l'omniprésence de la guitare, qui s'y fait plus insistante et plus incisive que dans le premier disque, que je trouvais quelque peu léger sur les bords.
Comme l'avait dit une collègue cynique de 55 ans à l'époque de sa sortie: «C'est du techno de matante, viarge!»
Ici, on tape inévitablement du pied, on est happé par l'intégration d'éléments plus rough comme la guitare dans le techno, et on le met pour accompagner une soirée avec des amis dans le vent!
MIKA
Mika, mon beau Mika, que j'ai tellement trouvé séduisant à Tout le monde en parle la semaine dernière.
Toujours est-il que son The Boy who knew too much s'écoute avec autant de plaisir que le premier. Les chansons sont légères à souhait, pleines d'une touche de Pet Shop Boys et d'une forte dose de Beach Boys dans les harmonies (comme le faisait remarquer le tout aussi séduisant Beigbeder à la même émission la semaine dernière... Une de mes préférées à vie, soit dit en passant!!!).
On retrouve aussi une progression intéressante par rapport aux bonbons du premier disque et de son immortelle Grace Kelly.
Les paroles sont plus profondes, et l'ensemble fait montre d'une évolution. Le premier, Lollipop, montrait Mika l'enfant, tandis que celui-ci semble faire place à l'adolescent qui veut s'affirmer, qui veut montrer qu'il a une identité, et on adoooore!
17 octobre 2009
Pi...? - Rire de la mort
Les Éternels pigistes nous ont habitués à des pièces où le comique n'empêche jamais les réflexions intelligentes, et Pi...? leur dernière création, répond encore une fois parfaitement aux attentes.
Écrite par Curieux Bégin, la pièce explore le thème de la mort à travers un personnage qui est revenu à la vie après avoir passé 17 grosses minutes dans une mort clinique.
Cinq personnages se retrouvent huit mois après l'événement pour un souper (très) bien arrosé où la femme du mort-vivant tente de ramener une vie normale dans son beau condo du Vieux-Mourial.
Du rire aux larmes, des évitements à la confrontation, la soirée réservera plusieurs surprises et prises de conscience...
En plus d'avoir composé une pièce intelligente, Bégin joue le mort-vivant de manière hallucinante. Quelle présence sur scène! Et tous les autres comédiens se surpassent également, notamment Isabelle Vincent, qui interprète une anglophone francisée à la perfection (notamment lors de ses tirades finales. ouf!). Et que dire de la sublime référence à la Cène de Da Vinci. Très pertinent!
Présentée à la Licorne, et en tournée pour tout l'hiver et le printemps à travers le Québec, Pi...? vous fera passer une belle heure et demie dans les méandres d'une bourgeoisie qu'on croit superficielle, mais qui ne l'est pas tant que ça.
Après tout, comme le dirait le personnage de Pier Paquette, hilarant en professeur d'université: «Je ne veux pas mourir. Y a rien après, et je veux profiter de tous les plaisirs». C'est pas de l'aveuglement, ça, c'est du désespoir, et toute la pièce le transcrit très bien, avec humour, et sans jamais s'alourdir.
16 octobre 2009
Laferrière et Bissoondath: Le Québec migrant écrit, et bien!
Le hasard veut que les deux plus récents livres que j'ai achetés soient des livres d'immigrants québécois, archi-connus: Dany Laferrière et Neil Bissoondath.
L'Énigme du retour
Commençons par mon préféré!
Récit autobiographique écrit en partie sous forme de haïku, L'Énigme du retour propose une plongée dans le Haïti de l'auteur, qu'il retrouve après des dizaines d'années d'exil. Ramené là par le décès de son père (à New York), l'auteur y côtoie la misère et la beauté de sa contrée natale.
Écrit dans un rythme très enlevé, avec des descriptions superbes, et d'autres tragiques (comme celle sur la faim), le livre a tout d'une grande oeuvre.
On y entre comme dans tous les Laferrière, en espérant de l'humanité profonde, de la sueur, des gouttes de fruit qui nous dégoulinent entre les doigts, et c'est ce qu'on trouve, en plus d'une méditation d'homme arrivé à l'apogée de son talent d'écrivain sur tous les sujets humains essentiels: la vie, la mort, la nostalgie, l'espoir, la relation aux parents.
Cartes postales de l'Enfer
Un titre sublime, qui réfère à tous les petits mensonges que nous seuls connaissons, et que l'on entretient plus ou moins longtemps dans nos vies.
Et Bissoondath pose, dès le début de son oeuvre, LA question la plus intéressante de son roman: un mensonge vaut-il la peine d'être vécu longtemps si personne ne finit par le connaître. Autrement dit, si on veut que les gens se souviennent de nous comme nous étions POUR DE VRAI, il faut éventuellement trouver une personne qui sera mise au courant du pot-aux-roses, sinon, qu'aurons-nous été dans notre vie?
Dans le roman, deux destins s'entrecroisent. Celui d'un décorateur d'intérieur hétérosexuel qui entretient le mythe de son homosexualité pour lui garder ouvertes les portes de la très riche, très généreuse mais aussi très grégaire «mafia gaye». De l'autre, une Indienne qui souffre du poids de la tradition de ses parents, qui veulent arranger son mariage, entre autres.
Les deux deviennent amoureux, et hop, on a des questionnement très profonds sur les choix que l'on doit faire dans la vie.
Écrit dans un style simple, qui laisse même penser à une certaine forme de naïveté, mais au bout du compte, l'intelligence se trouve à chaque page, et les deux personnages sont très attachants, surtout Sumitra, l'Indienne.
10 octobre 2009
Une fausse image du privé
Ce texte est une réaction face au dossier de La Presse sur l'école privée, que je juge partiel et partial.
Une école demeure une école
D'un côté, vous semblez comparer le privé au milieu carcéral. Les professeurs y seraient les «screw» d'élèves terrorisés qui osent à peine lever le petit doigt par crainte de renvoi automatique.
Contrairement à ce que la majorité des gens pense, les enfants du privé ne sont pas différents de ceux du public. Ce sont des enfants-rois, des maîtres de la manipulation, des champions de la négociation et, encore plus qu'au public probablement, des pros des technologies de l'information.
Ils sont donc hyperactifs, comme les autres, rapidement lassés en classe, comme les autres, bavards, baveux, immatures et en quête d'attention constante, comme les autres...
Quand je dis que j'enseigne à Brébeuf aux gens de mon entourage, tout le monde s'imagine que, grosso modo, à chaque matin, j'arrive au paradis, que les anges de Saint-Pierre m'accueillent et que, m'installant sur mon siège capitonné devant des élèves dressés comme des chiens, je commence à parler dès le son de la cloche (pavlovienne, sans doute), répandant tel Platon une philosophie humaniste à mes disciples.
Loin s'en faut! Une école reste une école. Pas plus tard que la semaine dernière, j'ai dû renvoyer des élèves de classe et donner des retenues. Ces élèves, que je sache, fréquentent encore mes cours et ne me détestent pas trop.
Comme partout, je dois constamment demander le silence pour pouvoir enseigner. Et l'intérêt de mes élèves n'est garantie que par ma passion, l'énergie que je mets à bâtir des cours stimulants et ma capacité à bien établir mes limites en classe.
Certes, les élèves de Brébeuf sont très intelligents et performants. Je peux donc pousser plus loin le contenu et demander plus d'eux, mais quand ils me disent qu'ils sont débordés, que tel devoir les forcera à prendre un temps que je juge abusif, je m'adapte. JE NE SUIS PAS UN BOURREAU! Je suis un professeur, un humaniste et un ancien élève (qui fournissait l'effort quand ça l'intéressait vraiment).
Quant aux supposés renvois pour mauvais comportement, je n'en ai jamais vu en huit ans de carrière à Regina Assumpta et à Jean-de-Brébeuf. En fait, j'en ai vu deux ou trois, mais il fallait que l'élève ait accumulé tout un dossier. Quand j'ai travaillé à la CSDM, on faisait également des transferts d'élèves devenus incontrôlables. Plusieurs qualifiaient même ceci d'échanges culturels avec d'autres écoles...
Prétendre que le privé a le monopole du renvoi, c'est tout simplement faux.
Une infopub
De l'autre côté, votre portrait négatif de l'élitisme et des exigences très strictes de plusieurs écoles privées est plus du genre à agir plutôt comme infopublicité que comme éteignoir pour la plupart des parents qui cherchent la meilleure école pour leur enfant.
Dans une société du tout-cuit dans le bec et de la rapidité, plusieurs désirent un endroit où l'académique sera mis à l'avant-plan, où on n'aura pas peur de pousser l'enfant plus loin, de développer son talent intellectuel (j'ai presque l'impression de commettre une hérésie en disant cela). Quelle perte de talent que de se contenter de demi-mesures!
J'ai moi-même, en 1990, fréquenté l'école publique Joseph-François-Perrault, dans le programme de musique. Les mêmes politiques s'appliquaient. Oui, on nous renvoyait quand on n'avait pas 65% de moyenne. Oui, on nous demandait de rester trois soirs par semaine pour les répétitions des orchestres et chorales auxquelles on participait de bon coeur.
On devait travailler plus fort que les autres de l'école, c'est sûr, mais jamais, au grand jamais, nous ne nous en sommes plaints. Quand la motivation est au rendez-vous, l'effort se fait de bon gré.
Il est certes important d'adapter l'école aux enfants de milieux moins favorisés par la vie, pour qu'ils aient une vraie chance d'améliorer leur sort et celui de leur famille en terminant leurs études secondaires.
Mais les enfants intelligents ne devraient pas, par peur de trop exiger d'eux, être soumis à une dictature du moyen, à un apprentissage fade et sans saveur seulement parce qu'on n'ose pas exiger d'eux plus que ce que les programmes prescrivent.
La plupart des élèves, d'ailleurs, une fois au cégep, viennent me remercier de les avoir forcés à apprendre les rudiments de l'existentialisme de Jean-Paul Sartre, qu'ils disent avoir mieux compris grâce aux bornes plantées lors de leur éducation secondaire.
08 octobre 2009
Cette drôle de bibitte qu'est la psychanalyse
Depuis quatre mois, je suis une psychanalyse (non, je ne suis pas Français!!!!!!). J'adore ma thérapeute. Elle est à l'écoute, elle s'exprime franchement sur mes discours, elle est active et sa mémoire d'éléphant me la rend très sympathique.
Par contre, aujourd'hui, j'ai pour la première fois ressenti un ennui... Une amie, qui a fait une psychanalyse pendant des années, m'a confirmé que l'ennui faisait partie de la game, comme la colère, la tristesse et la frustration.
Eh bien! Aujourd'hui, j'ai tenté de ploguer ma psy, en lui disant que je croyais être arrivé au bout du processus, que je n'avais pas grand-chose d'autre à dire. J'ai écouté sa réponse avec le sentiment intérieur sadique de la voir se débattre pour continuer à récolter mon (maigre) pécule hebdomadaire...
Sa réponse était prévisible, mais elle m'a dit que tout cela était normal, que j'allais sûrement être fâché contre elle, que j'allais crier, mais qu'il ne fallait pas que je lâche maintenant puisque les progrès (réels) accomplis étaient fragiles, et que je devais les consolider en poussant plus loin la compréhension des causes de ma présence chez elle.
OK, d'accord pour maintenant. Il faut dire qu'elle a raison. Depuis deux mois, je me suis débarrassé allègrement de plusieurs couches de cynisme qui m'empoisonnaient la vie. J'ai arrêté de m'autodénigrer. J'ai cessé de voir la vie comme la somme des choses que je n'avais pas et je la vois plus comme l'addition des choix que j'ai faits qui m'ont mené là où je suis, heureux dans mon travail, en amitié, en amour, en loisirs, etc.
Enfin. J'espère pouvoir trouver bientôt les mots pour le dire, parce que là, on arrive dans des zones creuses, enfouies, de mon enfance, de mes fantasmes refoulés, et pour l'instant, la pelle mécanique de ma psy n'a pas tout à fait réussi à creuser jusqu'au bout!
02 octobre 2009
Polytechnique - Troublant, même 20 ans après, 7/10
Je me fous de savoir si c'était pertinent ou non de le faire. Le film Polytechnique reprend un des événements les plus marquants des 50 dernières années au Québec, la mort de 14 femmes et un homme dans la célèbre école universitaire, et je pense qu'il fallait bien briser le silence à un moment donné.
Le réalisateur Denis Villeneuve, qui reprend l'histoire selon trois points de vue, réussit à explorer la catastrophe sous tous ses angles. Bon, c'est sûr que je n'ai pas pu m'empêcher de faire un rapprochement évident avec Gus Van Sant et Elephant, qui avait avant lui utilisé ce procédé, mais ce n'est quand même pas tout à fait la même chose.
Les comédiens se dépassent, et particulièrement Karine Vanasse, que j'ai trouvée criante de vérité, de force de caractère dans la tragédie. Maxime Denommée incarne avec sang-froid Marc Lépine tandis que Sébastien Huberdeau (???) joue l'homme dépassé par son impuissance à merveille.
D'ailleurs, sur le plan narratif (on dirait que je me sens mal de dire cela), il y a une bonne twist dans le film qui relance bien l'intérêt.
La caméra en noir et blanc ajoute une tonalité dramatique, et le tout est magnifiquement filmé, même si, personnellement, les plans où la caméra commence à l'envers et se remet lentement à l'endroit m'ont agacé (procédé tannant).
Somme toute, s'il ne devait y avoir qu'un seul film pour nous faire garder en mémoire la tragédie et ses conséquences, je pense que celui-ci remplit parfaitement son rôle, nous rappelant avec acuité les dangers d'une mysoginie poussée à l'extrême avec des pensées paranoïaques.
01 octobre 2009
Fragments de mensonges VRAIMENT inutiles - 3/10
Avait-on besoin d'une autre preuve de la relation incestueuse entre les médias québécois et le théyâtre? Je l'ai trouvée...
Tous les commentaires que j'avais lus à propos de la denrière pièce de Michel Tremblay, Fragments de mensonges inutiles, étaient élogieux. Fugues, bien sûr, y voyait le retour du grand Tremblay, Radio-Canada s'extasiait, et La Presse faisait l'éloge d'un texte fort.
Or, rien de tout cela. Que d'ennui devant ces dialogues où tout est dit, où tout est verbalisé...
Vous connaissez l'histoire? Deux adolescents gays de 1959 et 2009 vivent les tourments qui entourent leur affirmation sexuelle. Dans un cas, des parents abasourdis et un curé accusateur. De l'autre des parents trop compréhensifs et un psychologue fatiguant.
Ce qui irrite dans la pièce, ce sont vraiment les dialogues (ce qui est quand même une grosse partie de l'affaire!): «Je suis donc tanné que vous vous occupiez de moi, je veux vivre ça tout seul, papa, t'es un homme rose...» ZZZZZZZZZZZZZZ...
Rien de subtil, aucun trait de mise en scène brillante. Il y a bien un ou deux monologues des mères qui se démarque, mais c'est tout. La pièce est tellement construite autour de blocs fixes où les personnages miroirs se présentent sur scène (psy-curé, les deux gays, les deux mères) que Michel Tremblay n'a jamais pu trouver son souffle à travers son concept.
Grosse déception. Amère déception, puisqu'une pièce sur un tel sujet aurait pu donner quelque chose d'intéressant, mais non... au contraire, on se retrouve avec un guide pédagogique de «comment-réagir-à-la-triste-nouvelle-de-l'homosexualité-de-son-enfant» en huit étapes.
Mortel.