23 octobre 2009
La propreté
Je pensais à tout ce que je voyais de la campagne municipale, par les temps qui courent, et je me suis mis à réfléchir sur la notion de propreté dans notre société occidentale.
On est tellement ordonnés, méticuleux, rangés. On est intolérant au bordel, à la saleté, au désordre. Juste à voir comment c'est chez moi, chez mes amis, je ressens une pression à toujours tout serrer par bonne catégorie dans le frigo, à tout nettoyer quand un iota de poussière traîne, à classer mes cacannes par ordre alphabétique...
Des émissions proposent d'aller chez vous pour ranger ce qui est en désordre (Clean Sweep), d'autres rénoveront votre maison si le mobilier est plus âgé que dix ans, et d'autres encore, bien sûr, s'occuperont de votre corps s'il n'est pas parfaitement clean.
Une obsession, bref, au même titre que le désir de sécurité maladif...
M. Net
Pas surprenant que, dans les scandales qui éclaboussent présentement les divers Hôtels de Ville du Québec, on ait le réflexe de tout vouloir nettoyer en un rien de temps, de passer l'éponge, comme on dit, de manière magique.
«Commandez une Commission d'enquête, nous trouverons les coupables, et nous ferons le ménage», clament ceux qui voient l'industrie de la construction comme une colonie de termites dévorant notre pauvre pécule national sur laquelle il faudrait seulement une petite dose de poison à rats pour disparaître.
Je veux bien! Oui, il faut rendre tout ce qui touche à l'État transparent et clean, mais, n'oublions jamais que l'enfer est pavé de bonnes intentions, et qu'à la température dans laquelle travaillent les employés de la construction, nous ne sommes jamais bien loin du domaine de Satan...
L'ammoniac nous rend-il amnésiques?
Si ma mémoire est bonne, une commission d'enquête, la CECO, dans les années 70, avait étudié le même problème, mais celui-ci est revenu, avec plus de virulence, diront les partisans de l'idéologie du «here and now». Pourquoi?
Peut-être parce que, contrairement à un fonctionnariat, une industrie privée qui soumet au gouvernement est extrêmement difficile à contrôler, surtout quand des groupes comme les Hells et la mafia tentent désespérément de blanchir de l'argent et de se trouver de nouvelles sources de financement.
On avait isolé les mêmes problématiques dans les années 70, mais les constructeurs comme Beaver ont continué leur petit bonhomme de chemin. Les Tony Accurso de ce monde n'ont jamais cessé de magouiller parce qu'une commission d'enquête.
Crime et poussière
Je dis ça sans cynisme, mais, en fait, le crime organisé, la corruption, la magouille, les passe-passe, les pots-de-vin, c'est comme la poussière et la crasse, ça revient tout le temps, et il faut toujours la nettoyer.
Peut-être les gens commencent-ils à trouver que la cuve est dégueulasse, que les bureaux sont poussiéreux. Soit. Faisons le ménage. Passons un grand coup de plumeau. Élisons des candidats qui n'ont jamais trempé dans le milieu et n'ont aucune intention de le faire, mais ne soyons pas dupes.
Je vous parie qu'en 2025, un même genre d'enquête sera encore une fois demandé à Montréal.
Commentaires
La solution ultime
ShamWow!
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