30 juin 2009
House, les enzymes, le sens
Depuis que je me suis mis à l'écoute intense des DVD de House, je me découvre, était-ce possible? encore plus conscient de mon état de santé et vigilant...
Je crois vous avoir parlé de mes problèmes d'enzymes hépatiques, trop élevées. Et bien, même si je me trouve très raisonnable depuis ce diagnostic (je consomme de l'alcool maximum deux soirs par semaine), je me découvre quelques problèmes, qui deviennent immédiatement des indicateurs.
Autrement dit, tout doit faire du sens. Quand j'y pense, le sens est à peu près une des seules choses qui se créent d'elle-même, surtout en médecine. Une série de symptômes disparates peuvent soudainement, pour l'esprit hypocondriaque, se transformer en une chaîne de sens menant à une hépatite, un cancer des reins ou peu importe.
Toujours est-il que, allant voir sur le site d'une faculté américaine de médecine, on disait que des cirrhoses du foie pouvaient être diagnostiquées par une fatigue musculaire et la dépression. Comme je ne me trouve pas particulièrement en forme présentement (je dors 11 heures par jour en moyenne!) et que j'ai mal dans le dos, j'ai fait 2+2=63 et déduit que mes enzymes hépatiques d'il y a deux mois étaient le signe d'une hépatite. Les deux mots se ressemblent tellement.
En tout cas. C'est pathétique, je le sais, mais que voulez-vous, je suis de nature inquiète.
Un jour, je le jure, je vais vous parler d'autre chose que de moi! D'actualité, quand il y aura quelque chose d'intéressant... et que j'aurai la capacité à m'inquiéter pour d'autre chose que mon nombril! :)
29 juin 2009
«Frost/Nixon» : un face à face palpitant, 8/10
C'était le seul des cinq films nommés en 2009 dans la catégorie «Meilleur long-métrage» que je n'avais pas vu. Il était temps, parce que je me suis bien diverti en regardant cet objet inusité de Ron Howard, le réalisateur de Apollo 13...
On y raconte l'histoire derrière une entrevue décisive donnée par Nixon cinq ans après sa démission comme président des États-Unis. S'y déroule alors un combat entre un vieux renard de la politique et un jeune loup de la télévision, qui souhaite que sa carrière prenne son envol. D'abord mené de bord en bord par Nixon, le reporter se ressaisira, et cela donnera un superbe duel d'acteurs.
Il est très intéressant de voir comment Howard prend ce sujet assez rebattu pour le rendre très dynamique et ma foi assez frais. Fausses entrevues a posteriori avec les acteurs des deux côtés, faux fini documentaire, tension dramatique basée sur des flashbacks qui nous laissent entrevoir la fin... Sur le plan de la narration, tout cela est fait de main de maître pour garder le spectateur en haleine malgré un sujet qui peut paraître assez peu propice à un film haletant.
Du côté des acteurs, Frank Minghella, qui interprète l'ancien président, se donne à fond dans son rôle, et ses quelques monologues sont livrés avec aplomb. Les scènes finales qui montrent un Nixon plus humain rivalisent avec celles de Sean Penn, gagnant de l'Oscar du meilleur acteur pour Milk. Michael Sheen (le Tony Blair dans «The Queen») se montre également à la hauteur, mais il a face à lui un personnage tellement imposant qu'il se fait quelque peu écraser!
J'aurais donc dû le louer bien avant, parce que finalement, ce film dépasse largement le très moyen Benjamin Button, le plutôt ordinaire The Reader et accote franchement les très bons Milk et Slumdog Millionaire.
28 juin 2009
«Le rapport de Brodeck» - La monstruosité en chacun de nous, 8/10
Lire. Prendre le temps de le faire. Un luxe de vacances. Ça faisait longtemps que je voulais me consacrer au Rapport de Brodeck, que tout le monde avoir adoré.
C'est fait, et j'appartiens au même club. On y retrouve des descriptions extraordinaires, de l'analyse psychologique fine...
Brodeck vit dans un village reculé d'un pays de l'Est pendant la 2e Guerre mondiale. Seul lettré de son village, il doit écrire, après cet événement historique, le rapport du meurtre collectif d'un homme. Or, la tâche s'annonce difficile, puisqu'à chaque chapitre où il commence à nous parler du meurtre, il est envahi des souvenirs douloureux de ses deux années passées en camp de concentration.
Une langue magnifique parcourt ce roman. Quelques rebondissements nous tiennent également en haleine, mais on le lit surtout pour la description bouleversante et tragique de la monstruosité. L'Homme, cette bête à faire mal, ce bourreau égocentrique, nous est présenté sous ce qu'il a de plus résillient, mais surtout de plus laid.
Une écriture dure, mais juste. Ça m'a fait beaucoup penser à Comment devenir un monstre, de Jean Barbe.
Le thème de la monstruosité n'est pas un thème facile, mais quand on en évite les pièges de la facilité et de la moralisation, on se retrouve avec une oeuvre très forte.
27 juin 2009
«Revolutionary Road» - Pour les acteurs, 7/10
Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit, mais Kate Winslet est une de mes comédiennes préférées. Sa voix, sa présence, son sourire énigmatiques, la variation de ses expressions et son jeu réaliste, oh si réaliste, me la rendent irrésistible. En plus de sa beauté absolument divine, bien sûr!
Dans Revolutionary Road, de Sam Mendes (American Beauty), elle joue le rôle d'une femme de banlieue dans les années 50 mariée deux enfants qui se demande ce qu'elle fait là. Avec son mari, le très bon Leo Di Caprio (King of the world), ils décident de s'envoler vers Paris, de tout lâcher ce maudit-système-qui-les-confine-à-une-vie-qu'ils-ne-veulent-pas.
Le film prend vraiment son envol à la fin de la première heure, alors que divers obstacles annuleront ce voyage. C'est là que les personnages éclateront, que la douloureuse vérité de la vie morne de banlieue les frappera de plein fouet, donnant lieu à des performances d'acteurs absolument sublimes.
Parce que, pour dire vrai, Revolutionary Road n'a rien, en fait, de révolutionnaire. Le thème de l'ennui chez la femme de banlieue (déjà vu, entre autres, dans Far From Heaven et Little Children) est traité de manière assez conventionnelle, pour ne pas dire irritante dans les dialogues («You don't have to be someone you don't want to be...» zzz...).
Et on a l'impression désagréable d'assister à une variation sur le même thème que American Beauty... Et la musique, certainement du même compositeur dans les deux films, est un peu trop présente, avec ses pianos introspectifs, ses cordes larmoyantes...
M'Enfin, on n'est quand même pas dans le domaine du navet. De très belles scènes jalonnent le film, et, je le répète pour ceux qui n'auraient pas compris: KATE WINSLET EST EXTRAORDINAIRE!!!
N'a-t-elle pas gagné l'Oscar pour cette performance, d'ailleurs?
26 juin 2009
L'hypocrisie Michael Jackson
Eh oui! Je suis de retour. Du moins pour la période estivale... pour vous partager mes lectures, mes écoutes de disque, mes impressions de voyage (Pays-Bas, Allemagne et Belgique). Une façon de tuer ce temps qui me rend fiévreux quand j'ai l'impression de le laisser pourrir sur mon sofa en regardant trop de tennis de Wimbledon...
Mon premier article de résurrection, ça fait drôle à dire, sera consacré au décès de Michael Jackson. Nouvelle choquante s'il en est, qui a retenu l'attention de tous les employés des Trois Brasseurs où je suis allé me caler une petite Blanche hier.
Après avoir encaissé le choc, ce qui m'a le plus mis en maudit, c'est toute l'hypocrisie des médias face à ce personnage (n'ayons pas peur des mots). Hier soir et ce matin, on n'entendait que des éloges, des panégyriques, des envolées lyriques. «Roi de la pop», «greatest entertainer of all time», «champion of children»...
Je sais que c'est l'habitude. Les éloges aux politiciens décédés, ça tourne pareil. Sauf que, pour les politiciens, on est quand même conscient qu'il s'agit d'un jeu... On joue les outrés, on s'engueule, mais le respect est là.
Dans le cas de Michael Jackson, les dix dernières années ont ressemblé à une vulgaire campagne de salissage. Sans vergogne, et parce que ça faisait toujours monter les cotes d'écoute, on le montrait avec son bébé dans le vide au-dessus d'une fenêtre, avec des enfants alors qu'on l'accusait (faussement) d'agressions...
On s'est servi de lui comme d'une serviette de bain. On lui a craché dessus. Les médias ont à peu près tué sa carrière après l'avoir propulsée vers la stratosphère, sans égard pour la personne.
Aujourd'hui, c'est la télé qui me rend malade. Son côté impitoyable, destructeur. Sa capacité à créer et détruire. Son désir maladif de donner de l'amour jusqu'à l'étranglement inévitable...
Aujourd'hui, Michael est mort. Je l'ai toujours vénéré, même, surtout petit.
Cliquez ici pour ma chanson préférée! Vous allez voir, je suis original...
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