Humeurs montréalaises

Provocateur mais plein de doutes, Humeurs montréalaises commente l'actualité, sa vie, et tout ce qui tourne autour...

26 février 2009

Bientôt 32, presque 100 - où es-tu, homme bionique?

Ça ressemble volontairement au titre d'un nouveau roman de Fred Dompierre paru chez Boréal (Bientôt 39 ans, presque 100), que je n'ai pas lu, mais dont je peux saisir assez facilement l'esprit.

Par les temps qui courent, ce n'est pas nouveau me direz-vous, l'âge me rattrape:

  • Mon visage s'affaisse (deux nouvelles rides depuis 2009);
  • Mon énergie diminue (je m'endors à 21h30, et j'arrive rarement à finir la partie du CH que je regarde dans ma chambre, quel sacrilège);
  • Mon poids est désespérément stable malgré des efforts modérés pour le réduire;
  • Mais surtout, surtout, je m'intéresse de moins en moins à l'actualité, à la politique, aux arts...

Je ne lis plus mon Quotidien fédéraliste préféré (TM) à chaque matin, au diable le Téléjournal même si j'adore la Galipotte, je ne prends plus le Voir. Tout ce que je lis comme magazine, c'est le Rolling Stone auquel je suis abonné jusqu'en 2021 à peu près grâce à des prix-chocs de Rabais campus. Anyway.

Tout ça pour dire que je vieillis, et mal. Et les portes de sortie, les bouées de sauvetage psychologiques auxquelles je m'accrochais dans la vingtaine pour me convaincre que je l'avais encore, que j'étais un jeune fringant, je les vois disparaître parce que je m'approche de cet horizon fatal de l'encroûtement. Elles ne sont plus à portée.

Et, je dois l'avouer, ça me fout les j'tons, comme diraient nos cousins.

Tout cela est de ma faute. C'est pas compliqué, pourtant. Si je voulais avoir un corps maigre, sans ride, et déborder d'énergie, ça ne serait qu'une question d'attitude. Sortez les cymbales, le nouveau Moi arrive: je m'entraîne tous les jours, je mange bien, je me crème partout.

Remarquez que, avec tous mes amis qui ont des enfants maintenant ou sont en train de vaillamment essayer d'en faire, rien de plus facile. Tous les soirs, je suis libre, écrasé comme un gros jambon devant la tivi. Je pourrais aller m'entraîner, faire le petit 10 minutes d'auto...

OK, suffit le niaisage, je suis crinqué. Je deviens M. Bionique à partir de maintenant. Pas le temps de vous parler. Ciao!

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20 février 2009

Rencontres de parents - Je suis le roi du PR!

Depuis le début de ma carrière d'enseignant, j'ai vu deux types de profs lors des rencontres de parents: le vieux routier et le spécialiste en communication (le PR guy!)... Hier, je me suis transformé de l'un à l'autre. Voyez plutôt.

Le PR guy voit la rencontre de parents comme un duel... L'ennemi doit à tout prix être calmé et rassuré, quitte à lancer quelques pieux mensonges. «Non, non, ce n'est pas si pire que ça». «Oui, madame, il est gentil, dans le fond». «Absolument, avec quelques efforts de plus, il sera au-dessus de la moyenne». Yeah right!

Une fois le parent calmé, rassuré, le PR guy sait très bien que ce qu'il vient de dire n'a aucune chance d'arriver, ou presque. Un élève qui coule à 45% n'aura JAMAIS 75% à l'étape suivante, on peut-tu s'entendre là-dessus?

D'où mon idée de duel. Le parent vient nous rencontrer, moi j'appelle ça nous affronter. Et le combat est à armes inégales, parce que le parent s'attend à des solutions-miracles, à des cures d'intelligence, mais nous n'en avons guère. Il faut dont faire vivre d'espoir le parent, et espérer qu'il gobe notre affaire, que la vie l'embourbe dans autre chose que la vie scolaire de son enfant et qu'il nous sacrera patience jusqu'à la prochaine rencontre.

Le vieux routier a été pendant des années un PR guy. Sauf qu'après quinze ans de carrière, il est écoeuré royalement de voir des parents s'attendre à ce qu'un prof puisse exécuter quotidiennement la résurrection de Lazare. Alors il adopte la ligne dure, le ton cassant.

«Luc est écrasé sur son bureau toute la journée. C'est un flanc mou». «Il vous ment quand il vous dit qu'il travaille fort». «Vous ne le connaissez pas comme nous le connaissons à l'école». Ayoye!

PR guy (filles incluses, en passant) et vieux routier veulent tous deux se débarrasser, ou à tout le moins passer à travers le mauvais moment de cette rencontre de parents, mais tout est une question de méthode.

Le PR guy lance du savon partout, espérant faire fuir toutes les petites taches de graisse qui s'agglutinent à son bureau le temps d'une soirée. «Tout va bien se passer madame, beubye!»

Le vieux routier lance des bombes, démolit la vision idyllique du parent face à son petit chéri. Il détruit. «Vous pouvez essayer, mais votre enfant, c'est un paresseux, une sous-merde. Beu-bye!»

***

Hier, un parent m'a dit que son fils était parfait... C'est à ce moment que j'ai cessé, pour 5 minutes, d'être un PR guy pour devenir un vieux routier.

Eille! Ça va faire! Je veux bien entendre toutes les excuses inimaginables, mais il y a des limites! Un parent m'a déjà dit que son fils était comme un chevreuil, qu'il fallait le prendre doucement... Weird, mais d'accord, je vais essayer! Mais là, on dépasse solidement les bornes. J'ai donc enlevé mon masque et j'ai tout dit. Que l'intimidation, dans certains cas, ça se cherche, que les mauvais résultats, ça s'explique facilement par des heures de sommeil prolongé en classe...

Dans ma vision de l'enseignement, le parent n'est pas présent. Ce qui se passe dans ma classe ne le concerne pas. Je transmets un programme approuvé par le ministère national de l'Éducation, un programme pour tous, alors, à moins d'un problème grave de personnalité, ou un abus d'autorité, je ne veux rien savoir des parents. Ce sont leurs enfants qui m'intéressent, c'est à eux que je m'adresse. Les parents nuisent un peu à mon bonheur de professeur!

 

Le plus beau métier du monde, qu'y disent :).

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16 février 2009

Europea: excellent et orgiaque!

Pour la Saint-Valentin, Tendre moitié (dont je vous invite à consulter le blog, car il mettra éventuellement des photos du repas) et moi avons décidé de manger dans ce restaurant 5 étoiles.

Tout y est impeccable. Un service attentif et pas trop snob (comme chez Toqué). C'est juste dans les wannabe restos chic que le service est chiant. Une nourriture d'une fraîcheur exceptionnelle. Des compositions originales qui nous permettent de goûter toutes les saveurs. Et des desserts en quantité industrielle, question qu'on roule jusque chez nous.

C'est pas mêlant, le repas comptait 9 services en incluant un amuse-bouche imprévu au début!

Alors, après un Pannacota de chou-fleur, des pétoncles, une soupe au boulgour et un granité de vin épicé, notre repas principal consistait en un morceau plus que généreux de boeuf angus contenant du parmesan, jumelé à une portion assez grosse de foie gras de canard.

Déjà, nous étions au bord de l'explosion. C'était sans compter sur un grilled-cheese de pied de vent (fromage des Iles de la Madeleine) et les deux desserts qui suivraient. D'abord, un plat avec six petites bouchées de dessert et un Pannacota de vanille de Tahiti. Ensuite, un macaron rose de la Saint-Valentin.

Ajoutez à cela deux bouteilles de vin, et vous avez deux gros bourgeois bien satisfaits de leur expérience gastronomique, qui trouvent que les produits québécois permettent de faire de la sublime bouffe et qui ont bien l'intention de recommander le restaurant à tout leur réseau social, même si son prix de 350$ taxes, alcool et service inclus ne permet pas de se payer ce genre de traite à tous les mois!

Adresse: 1227 rue de la Montagne

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13 février 2009

«Coeur de chien» - Pus capable, les mises en scène vente de garage!, 5/10

On m'avait prévenu: «pièce difficile», «sens pas évident»... Ce n'est pas tellement ça qui m'a dérangé dans la pièce Coeur de chien présentée au Théâtre Prospero. Il me semble d'ailleurs que, sous une montagne de sens et de symboles, le sens est plus que limpide: le conflit entre classes sociales (lire ici capitalistes contre socialistes) se fait au détriment de l'humanisme, de l'humanité...

En tout cas. Ce qui m'a le plus dérangé, c'est cette manie qu'ont nos metteurs en scène (faute de budget, peut-être?) à aller chercher 34965 objets un peu partout et à les utiliser pour créer des dizaines de couches de symbole fatiguantes.

Tout ça traîne sur les côtés de la scène: deux vieilles poupées, trois escabeaux, une épée, des verres à shooter, des drapeaux, des livres, des souliers, des pantoufles en phantex, Aloueeeettte...Pas mêlant, on se croirait à la vente de garage de matante Monique qui, un bon matin, décide de tout rapailler le sous-sol pour se faire 43 piastres et 38 cents un samedi.

Cette profusion d'objets, cette multiplication potentielle de la symbolique (parce que la présence de chacun de ces objets est signifiante) nuit, à mon sens, à la concentration du spectateur.

Je prône personnellement l'épuration, le moins pour dire le plus, comme à la Licorne ou l'Espace libre, le plus souvent. Le trop-plein, ça devrait être réservé au comique. Qu'en pensez-vous?

Pour le reste, la pièce n'est pas un ratage complet. Paul Ahmarani est extraordinaire dans son rôle de chien-homme (faut le voir pour le croire), tout comme le reste de la distribution, vraiment intense du début à la fin. Mais le texte, écrit en 1925, et publié en 1987 pour cause de propos très scandaleux face au régime soviet), aurait pu être coupé d'au moins 45 minutes. Des longueurs se multiplient, notamment en raison d'intermèdes chantés parfaitement inutiles, ce qui nuit à l'efficacité de la critique sociale contenue dans les dialogues.

Jusqu'au 14 février.
Théâtre de La Veillée, 1371 rue Ontario.

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08 février 2009

Europea, nous voilà!

Pour la Saint-Valentin, Tendre moitié et moi avons décidé de nous gâter en allant manger au restaurant Europea, sur la rue de la Montagne.

Ceux qui doutaient encore de mon embourgeoisement...

Anyway, il paraît que c'est délicieux. Et en plus, nous aurons droit à un Menu Saint-Valentin, que je vous invite, si le coeur vous en dit, à consulter ici.

Du flétan au foie gras, une crème de homard aux truffes, un grilled-cheese au pied de vent et mangues, yeeeeeees!

Je vous en reparle.

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02 février 2009

Bêtisier littéraire, 2e partie

«Je vous parlerai bientôt de Richard Martineau, ce gros côlon socialiste viré porte-étendard de la droite économique, mais pour l'instant, je vous donne quelques extraits assez farfelus repérés dans des textes d'élèves de 4e secondaire, qui s'essaient au vocabulaire soutenu, mais bon, pas toujours de manière heureuse...

  • «Après une attente insurmontable...»
  • «Il avait le front bossué»
  • «Il l'immobilisa avec une brutalité endiablée».
  • «Découragé, il s'embarqua dans la toxicomanie...»
  • «Il est évident que Jean avait fréquenté sa résidence avant son enlèvement»
  • «Les Allemands nous mettaient dans des camps de concentration où notre religion était détruite».
  • «Les coupures faites avec son couteau étaient, heureusement, en superficie».
  • «Les rides sur mon front confirmaient mon expérience, mes prunelles mornes et vides trahissaient mon astuce»
  • «J'étais dans une cellule de prison glaçante»
  • «J'étais nerveux, mon coeur chantait»
  • «On entendait d'imperceptibles mots»
  • L'affaire, par sa simplicité, nous rendait très perplexes».

J'espère que ça vous aura fait rire un peu!

Posté par humeurmtl à 17:38 - Humeurs personnelles - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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