Humeurs montréalaises

Provocateur mais plein de doutes, Humeurs montréalaises commente l'actualité, sa vie, et tout ce qui tourne autour...

02 juillet 2009

«Il y a longtemps que je t'aime», Touchant - 7/10

ilyalongtempsBlitz cinéma cette semaine. Cause: j'ai décidé de louer tous les bons films sortis entre janvier et juin et que je n'ai pas vus, par paresse essentiellement.

En tout cas, le dernier en lice, Il y a longtemps que je t'aime, m'a beaucoup plu. Son scénariste et réalisateur, Philippe Claudel, est d'ailleurs l'auteur de Le rapport de Brodeck, livre que j'ai adoré et dont j'ai fait la critique ici.

Son long-métrage touche à l'essentiel en reprenant, certes de manière beaucoup moins scabreuse, les thématiques de son roman: monstruosité au quotidien, solitude de l'exclu...

Il nous montre une femme qui sort de prison après 15 ans purgées à cause du meurtre de son fils. Elle est alors accueillie chez sa soeur, et tout le monde doit s'adapter à l'intrusion, discrète et déprimante certes, du personnage de la fabuleuse comédienne Kristin Scott Thomas (à gauche sur la photo).

Portrait tout en nuances des relations familiales, le film ne se détache pourtant pas des dizaines d'autres films du genre. Oui, les personnages sont bien explorés et approfondis, certaines scènes sont très émouvantes, mais bon, le thème de la solidarité avec le vilain petit canard, ce n'est pas la première fois qu'on le traite en film. Et l'approche disons très classique de Claudel n'apporte pas ce petit hmmpph qui nous fait soupirer de bonheur après le film, comme ont pu le faire, par exemple, certains Almodovar ou certains François Ozon...


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01 juillet 2009

Fuck Canada

fuckcanada2Évidemment, quand je pense au sens du Canada dans ma vie, en tant que souverainiste, je n'ai à peu près que du mal à dire de ce pays qui m'opprime, qui m'empêche de prendre mon élan, d'entrer dans la grande course de l'Histoire parce qu'il vole nos référendums.

Le Canada est un Frankenstein hideux, une petite grosse boutonneuse au bal de finissants, un pichou au Tops de Laval: tous les quatre tentent de se faire accepter, se maquillent, font les beaux, donnent la patte, mais aucun n'y arrive...

Les Canadiens m'horripilent tout autant. Ils veulent nous voir partir, ils sont écoeurés de nous entendre revendiquer, mais ils ne sont pas prêts à entendre parler de réforme constitutionnelle, ou même à nous appuyer quand on veut partir... Les Canadiens, encore plus que les Québécois, sont des mollasses, des pas de colonne, des béni-oui-oui.

On a souvent entendu l'image du Québec qui serait comme l'éternel adolescent, le Tanguy du pays; toujours révolté, jamais satisfait, avec son propre langage qu'on essaie du mieux qu'on peut d'apprivoiser (étant donné qu'on ne peut pas l'assimiler aussi facilement qu'on le voudrait...).

Le Canada, c'est exactement le miroir de cette métaphore pour moi: si le Québec est l'ado révolté, le Canada est le parent qui a peur de laisser partir son adolescent arrivé à maturité parce qu'il y perdrait tout le sens de sa vie.

Pensez-y! Que serait le Canada sans le Québec? Que leur resterait-il d'original dans l'histoire?  Que ce sont des peureux qui ont fui la Révolution américaine? Pas très glorieux... Une Anne Murray, des sables sales et un port à Alert?

Le Canada est un carcan inutile avec lequel nous serons toujours pris, nous, les Québécois, parce que nous entretenons une relation ambiguë avec la liberté. Aussitôt qu'elle est à portée de main, on dirait qu'une chair de poule mouillée nous envahit pour nous la faire rejeter, ou éloigner.

Et quand je lis André Platte, dans la Paresse, nous dire qu'il faut adhérer à ce pays parce que «le Canada ne fait peut-être pas des fêtes débordantes, mais qu'il crée un pays fort», je ne peux m'empêcher de penser à son immense statut de colonisé, de colon bien cuit qui mange dans la main de ses patrons idéologues et partisans qui nous ont volé notre pays en 1995.

Heureusement, le Canada n'est célébré qu'une fois par année; normalement, mon sentiment souverainiste est beaucoup plus positif :).

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30 juin 2009

House, les enzymes, le sens

Depuis que je me suis mis à l'écoute intense des DVD de House, je me découvre, était-ce possible? encore plus conscient de mon état de santé et vigilant...

Je crois vous avoir parlé de mes problèmes d'enzymes hépatiques, trop élevées. Et bien, même si je me trouve très raisonnable depuis ce diagnostic (je consomme de l'alcool maximum deux soirs par semaine), je me découvre quelques problèmes, qui deviennent immédiatement des indicateurs.

Autrement dit, tout doit faire du sens. Quand j'y pense, le sens est à peu près une des seules choses qui se créent d'elle-même, surtout en médecine. Une série de symptômes disparates peuvent soudainement, pour l'esprit hypocondriaque, se transformer en une chaîne de sens menant à une hépatite, un cancer des reins ou peu importe.

Toujours est-il que, allant voir sur le site d'une faculté américaine de médecine, on disait que des cirrhoses du foie pouvaient être diagnostiquées par une fatigue musculaire et la dépression. Comme je ne me trouve pas particulièrement en forme présentement (je dors 11 heures par jour en moyenne!) et que j'ai mal dans le dos, j'ai fait 2+2=63 et déduit que mes enzymes hépatiques d'il y a deux mois étaient le signe d'une hépatite.  Les deux mots se ressemblent tellement.

En tout cas. C'est pathétique, je le sais, mais que voulez-vous, je suis de nature inquiète.

Un jour, je le jure, je vais vous parler d'autre chose que de moi! D'actualité, quand il y aura quelque chose d'intéressant... et que j'aurai la capacité à m'inquiéter pour d'autre chose que mon nombril! :)

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29 juin 2009

«Frost/Nixon» : un face à face palpitant, 8/10

FrostNixonMovieC'était le seul des cinq films nommés en 2009 dans la catégorie «Meilleur long-métrage» que je n'avais pas vu. Il était temps, parce que je me suis bien diverti en regardant cet objet inusité de Ron Howard, le réalisateur de Apollo 13...

On y raconte l'histoire derrière une entrevue décisive donnée par Nixon cinq ans après sa démission comme président des États-Unis. S'y déroule alors un combat entre un vieux renard de la politique et un jeune loup de la télévision, qui souhaite que sa carrière prenne son envol.  D'abord mené de bord en bord par Nixon, le reporter se ressaisira, et cela donnera un superbe duel d'acteurs.

Il est très intéressant de voir comment Howard prend ce sujet assez rebattu pour le rendre très dynamique et ma foi assez frais. Fausses entrevues a posteriori avec les acteurs des deux côtés, faux fini documentaire, tension dramatique basée sur des flashbacks qui nous laissent entrevoir la fin... Sur le plan de la narration, tout cela est fait de main de maître pour garder le spectateur en haleine malgré un sujet qui peut paraître assez peu propice à un film haletant.

Du côté des acteurs, Frank Minghella, qui interprète l'ancien président, se donne à fond dans son rôle, et ses quelques monologues sont livrés avec aplomb. Les scènes finales qui montrent un Nixon plus humain rivalisent avec celles de Sean Penn, gagnant de l'Oscar du meilleur acteur pour Milk. Michael Sheen (le Tony Blair dans «The Queen») se montre également à la hauteur, mais il a face à lui un personnage tellement imposant qu'il se fait quelque peu écraser!

J'aurais donc dû le louer bien avant, parce que finalement, ce film dépasse largement le très moyen Benjamin Button, le plutôt ordinaire The Reader et accote franchement les très bons Milk et Slumdog Millionaire.

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28 juin 2009

«Le rapport de Brodeck» - La monstruosité en chacun de nous, 8/10

brodeckLire. Prendre le temps de le faire. Un luxe de vacances. Ça faisait longtemps que je voulais me consacrer au Rapport de Brodeck, que tout le monde avoir adoré.

C'est fait, et j'appartiens au même club. On y retrouve des descriptions extraordinaires, de l'analyse psychologique fine...

Brodeck vit dans un village reculé d'un pays de l'Est pendant la 2e Guerre mondiale. Seul lettré de son village, il doit écrire, après cet événement historique, le rapport du meurtre collectif d'un homme. Or, la tâche s'annonce difficile, puisqu'à chaque chapitre où il commence à nous parler du meurtre, il est envahi des souvenirs douloureux de ses deux années passées en camp de concentration.

Une langue magnifique parcourt ce roman. Quelques rebondissements nous tiennent également en haleine, mais on le lit surtout pour la description bouleversante et tragique de la monstruosité. L'Homme, cette bête à faire mal, ce bourreau égocentrique, nous est présenté sous ce qu'il a de plus résillient, mais surtout de plus laid.

Une écriture dure, mais juste. Ça m'a fait beaucoup penser à Comment devenir un monstre, de Jean Barbe.

Le thème de la monstruosité n'est pas un thème facile, mais quand on en évite les pièges de la facilité et de la moralisation, on se retrouve avec une oeuvre très forte.

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27 juin 2009

«Revolutionary Road» - Pour les acteurs, 7/10

Revolutionary_RoadJe ne sais pas si je vous l'ai déjà dit, mais Kate Winslet est une de mes comédiennes préférées. Sa voix, sa présence, son sourire énigmatiques, la variation de ses expressions et son jeu réaliste, oh si réaliste, me la rendent irrésistible. En plus de sa beauté absolument divine, bien sûr!

Dans Revolutionary Road, de Sam Mendes (American Beauty), elle joue le rôle d'une femme de banlieue dans les années 50 mariée deux enfants qui se demande ce qu'elle fait là. Avec son mari, le très bon Leo Di Caprio (King of the world), ils décident de s'envoler vers Paris, de tout lâcher ce maudit-système-qui-les-confine-à-une-vie-qu'ils-ne-veulent-pas.

Le film prend vraiment son envol à la fin de la première heure, alors que divers obstacles annuleront ce voyage. C'est là que les personnages éclateront, que la douloureuse vérité de la vie morne de banlieue les frappera de plein fouet, donnant lieu à des performances d'acteurs absolument sublimes.

Parce que, pour dire vrai, Revolutionary Road n'a rien, en fait, de révolutionnaire. Le thème de l'ennui chez la femme de banlieue (déjà vu, entre autres, dans Far From Heaven et Little Children) est traité de manière assez conventionnelle, pour ne pas dire irritante dans les dialogues («You don't have to be someone you don't want to be...»  zzz...).

Et on a l'impression désagréable d'assister à une variation sur le même thème que American Beauty... Et la musique, certainement du même compositeur dans les deux films, est un peu trop présente, avec ses pianos introspectifs, ses cordes larmoyantes...

M'Enfin, on n'est quand même pas dans le domaine du navet. De très belles scènes jalonnent le film, et, je le répète pour ceux qui n'auraient pas compris: KATE WINSLET EST EXTRAORDINAIRE!!!

N'a-t-elle pas gagné l'Oscar pour cette performance, d'ailleurs?

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26 juin 2009

L'hypocrisie Michael Jackson

Michael_Jackson_Thriller_23672Eh oui! Je suis de retour. Du moins pour la période estivale... pour vous partager mes lectures, mes écoutes de disque, mes impressions de voyage (Pays-Bas, Allemagne et Belgique). Une façon de tuer ce temps qui me rend fiévreux quand j'ai l'impression de le laisser pourrir sur mon sofa en regardant trop de tennis de Wimbledon...

Mon premier article de résurrection, ça fait drôle à dire, sera consacré au décès de Michael Jackson. Nouvelle choquante s'il en est, qui a retenu l'attention de tous les employés des Trois Brasseurs où je suis allé me caler une petite Blanche hier.

Après avoir encaissé le choc, ce qui m'a le plus mis en maudit, c'est toute l'hypocrisie des médias face à ce personnage (n'ayons pas peur des mots). Hier soir et ce matin, on n'entendait que des éloges, des panégyriques, des envolées lyriques. «Roi de la pop», «greatest entertainer of all time», «champion of children»...

Je sais que c'est l'habitude. Les éloges aux politiciens décédés, ça tourne pareil. Sauf que, pour les politiciens, on est quand même conscient qu'il s'agit d'un jeu... On joue les outrés, on s'engueule, mais le respect est là.

michael_jackson_dangling_baby_sonDans le cas de Michael Jackson, les dix dernières années ont ressemblé à une vulgaire campagne de salissage. Sans vergogne, et parce que ça faisait toujours monter les cotes d'écoute, on le montrait avec son bébé dans le vide au-dessus d'une fenêtre, avec des enfants alors qu'on l'accusait (faussement) d'agressions...

On s'est servi de lui comme d'une serviette de bain. On lui a craché dessus. Les médias ont à peu près tué sa carrière après l'avoir propulsée vers la stratosphère, sans égard pour la personne.

Aujourd'hui, c'est la télé qui me rend malade. Son côté impitoyable, destructeur. Sa capacité à créer et détruire. Son désir maladif de donner de l'amour jusqu'à l'étranglement inévitable...

Aujourd'hui, Michael est mort. Je l'ai toujours vénéré, même, surtout petit.

Cliquez ici pour ma chanson préférée! Vous allez voir, je suis original...

Les copies de lien YouTube sont désactivées pour l'instant (je ne peux pas le mettre directement ici).

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17 mai 2009

Anges et démons - À regarder comme un enfant de 10 ans, 7/10

angels___demonsLes courses au trésor, comme dans La Poursuite du diamant vert ou Les Goonies, deux films des années 80, ont longtemps eu un effet grandiose sur moi.

On pourrait penser que maintenant, adulte mature comme je suis (???), Anges et démons, qui propose une course folle dans Rome pour sauver le Vatican de l'explosion, me laisserait plutôt froid. Eh bien non!

J'ai regardé le tout nouveau film de Ron Howard les mains jointes, presque comme à la messe, assistant à chaque rebondissement (que je connaissais pour avoir lu le roman il y a quelques mois à peine) avec toujours plus d'enthousiasme!

Ce que j'ai bien aimé aussi, c'est que certaines invraisemblances du roman (notées, avec justesse, entre autres par Alexandre BF) disparaissent dans le film. Howard a choisi les événements les plus probables pour faire son film, qui demeure néanmoins un suspense typique américain, avec musique pompier, caméra vertigineuse, actions surhumaines et autres trucs du métier.

Ewan McGregor, qui interprète le camerlingue, offre une belle performance, toute en retenue, jusqu'à un certain moment en tout cas. Tom Hanks (sur la photo) se montre tout à fait digne de l'emploi, même si, au bout du compte, il ne parle pas tant que cela et qu'on n'a pas l'occasion de s'attarder à la psychologie de son personnage, dont on se fout éperdument de toute façon!

Ce film ressemble à un vrai bon gros Big Mac qu'on a attendu pendant longtemps: un délice sur le moment, avec assez peu de souvenirs par après. Mais maudit que c'est bon, un Big Mac, quand on l'a eu en tête depuis longtemps :).

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16 mai 2009

Poésie carnivore - Dévoré par la passion, 7/10

rogerlarueQuand on m'a dit que j'allais au nouveau Quat' Sous voir une pièce poétique, j'ai reculé, hésitant. Je n'aime pas la poésie, en général. Je suis un prosaïque, un gars de roman, un gars de regard critique. Le roman permet cette analyse fine. La poésie demande tellement d'implication émotive que d'engagement que je me croyais voué à l'ennui pendant deux heures.

Et bien non! Le spectacle (Dans Les Charbons, poésie carnivore) m'a conquis aussi rapidement que Wolfe a conquis Québec sur les Plaines! Après 20 minutes, la mise en scène m'avait convaincu de la valeur d'un exercice comme celui auqeul s'est livré Loui Mauffette, le concepteur.

Grosso modo, il s'agit de prendre une trentaine de poèmes de toutes les époques confondues. De les réunir par thème, et de penser à comment tous ces thèmes se relient. Entre chaque lecture, une petite mise en scène, un air de piano, une chorégraphie, installe l'ambiance. Et nous voilà repartis pour 15 secondes, ou 10 minutes.

Mes moments les plus touchants? Gaston Miron, Jacques Prévert, et une lecture absolument bouleversante de Kanaasuta, de Richard Desjardins. Sans parler de Roger La Rue, qui a interprété un poème de Michel Garneau sur l'absolue nécessité de créer sans cesse de laisser place à nos instincts poétiques, tout le temps, partout.

Ah! Le théâtre, c'est magique! Ça transforme tout en or...

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15 mai 2009

Slipknot et cie - Baissez le son, viarge! 4/10

Il y a une éternité que j'ai écrit sur ce blog. Le goût m'en a passé. À partir de maintenant, je vais utiliser cette plateforme comme aide-mémoire de ce que j'aurai vu comme trucs culturels uniquement. Et peut-être, une fois de temps en temps, du commentaire, mais bon, ça dépendra de mes humeurs... montréalaises...

Il y a quelques semaines, j'ai fréquenté le Centre Beau. Dans une loge, madame! J'y ai vu le spectacle le plus loud de ma vie. Trois groupes de death heavy metal. Il faut une première à tout.

Je ne peux malheureusement pas vous parler des spectacles de Three Inches of Blood, TRIVIUM et Slipknot parce que je n'ai rien entendu. Ils ont tellement crinqué le son que tout ce qui m'est venu aux oreilles, c'est le bruit des percussions, et encore, et surtout, surtout, celui de la distorsion.

J'ai cru percevoir, chez Slipknot, quelques notes par ci par là, mais rien vraiment pour dire que j'ai fait une découverte majeure et passionnante. Dommage...

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