Humeurs montréalaises

Provocateur mais plein de doutes, Humeurs montréalaises commente l'actualité, sa vie, et tout ce qui tourne autour...

20 novembre 2009

Ferme ta gueule, Nathalie Normandeau (salope)!!!

Quand j'ai lu que la ministre Nathalie Normandeau s'était sentie «heurtée en tant que femme» par les propos d'un député péquiste qui lui disait de «fermer sa gueule», j'ai moi-même crié seul, devant mon ordi, «ferme ta gueule!»

Depuis quand dire à quelqu'un de fermer sa gueule a-t-il un lien avec le sexe de la personne? Parce que c'est une femme, on n'a pas le droit de lui dire de «fermer sa gueule» Que faudrait-il utiliser comme formule?

Les femmes du Parti libéral, ce me semble, ne se gênent pas, en chambre, pour lancer des vacheries aux députés de l'opposition, mais il faudrait, par un espèce de code d'honneur désuet, garder une gêne malplacée pour les femmes qui sont en position de pouvoir.

Autrement dit, elles peuvent être salopes contre les autres, mais les salopes n'auraient pas le droit de recevoir quelque commentaire négatif que ce soit parce que ça les stresse?

Eille... Si je me fais insulter par une femme, je ne me gênerai certainement pas pour lui dire que c'est une épaisse.

Deux poids deux mesures, madame Normandeau, vous avez déjà entendu ça?

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19 novembre 2009

OSM et Lang Lang - un prodige véritable, 9/10

Lang3CreditKasskaradgBriefé à mort par Tendre moitié qui avait lu la biographie complète du pianiste Lang Lang avant notre concert de l'OSM de ce soir, j'ai ressenti, en entendant le prodige interpréter le troisième concerto de Prokofiev pour piano, des émotions très fortes.

D'abord, la pièce elle-même est ultra-spectaculaire, utilisant constamment tout le clavier sur toute sa longueur. Et comme nous étions à la première rangée, en face de Lang Lang, nous avons pu apprécier toute la voltige requise par cette pièce.

Ensuite, et surtout, Lang Lang est un inteprète d'une rare intensité. Il fallait regarder ses yeux dans les moments véritablement expressifs du concerto, se perdre, vagabonder on ne sait trop où, dans quelle banlieue sordide de Beijing où il a appris à la dure, pourchassé par un père monomaniaque et mégalomane qui le forçait à pratiquer à 4heures tous les matins....

Maîtrise technique, musicalité, tout était au rendez-vous pour que Lang Lang reçoive la plus longue ovation que je n,ai jamais entendue à l'OSM! Il nous a d'ailleurs gratifié, à la suite de cet accueil chaleureux, par un rappel solo, une pièce de Liszt, il me semble! J'en ai eu des frissons dans le dos.

Imaginez, quand même: avoir un récital de piano avec un des plus grands prodiges du monde à une distance, face to face, de 6 pieds et demi. AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHH, la vie nous réserve de ces bonheurs insoupçonnés.

D'ailleurs, tellement rempli de bonheur dans le 3e mouvement d'une virtuosité sans pareil, à le regarder déplacer ses mains comme un diable (à 27 ans, le maudit verrat de fatigant!), j'ai eu des palpitations presque incontrôlables.

Par ailleurs, la 2e partie, Suite de Roméo et Juliette de Prokofiev, encore, a été dirigée de main de maître par un chef d'orchestre en pleine possession de ses moyens (j'oublie son nom...).

Magistral!

PS: si quelqu'un de l'OSM lit cela, pourriez-vous prendre note qu'on n'en peut plus des créations musicales contemporaines insipides que vous nous servez en début de concert. C'est toute la même cr... d'affaire, et c'est PLAAAAATE.

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13 novembre 2009

Les flancs mous

Un sondage Ekos révèle ce matin que plus de la moitié des Québécois désirent se faire vacciner, alors que quelques semaines plus tôt, moins d'un tiers se disaient prêts à passer à l'acte.

Mais quel changement! Quelle ouverture!

Les directeurs de la santé publique du Québec doivent être bien heureux de vivre avec un troupeau de moutons aussi dociles. Quelques messages alarmistes, une psychotique de Saint-Eustache qui brâille pour ses enfants, trois quatre morts dans une région, et hop, le tour est joué, tout le monde a changé camp!

Comme c'est flanc mou, un Québécois! En fait, cette attitude face aux diverses propagandes (bien intentionnées, accordons-les-leur) confirme ce que je pense de plus en plus de mon peuple: nous sommes une bande de flancs mous, sans colonnes, incapables d'assumer une seule idée pour peu qu'on la critique minimalement.

«Ah ouan, t'as ben réson dans l'fond...» «Ah, c'est vra que c'pas pire, un vaccin»...

Misère. Notre indécision nationale, notre incapacité à décider de créer un pays, notre colère face à Ottawa à toute tentative d'intrusion dans les compétences provinciales, tout cela est symptomatique.

Les Québécois sont mous! Regardez, même, combien certaines de mes provocations choquent sur ce blog!

On peut-tu s'exprimer, on peut-tu avoir des idées? A-t-on le droit, au Québec, d'être autre chose qu'on bon petit mouton qui regarde «Salut bonjour» en se disant que c'est de la bonne information et qui se réfugie dans son sous-sol avec écran géant pour oublier tous ses problèmes?

Le Québec me désole. Depuis la grande marche pour l'Irak de 2005, qui avait réuni plus de 200 000 anti-Bush par un froid polaire, rien ne semble nous convaincre de participer à la vie citoyenne. Pas les 92 élections fédérales, pas la corruption, pas rien!

Nous nous retirons, indifférents et heureux, contemplatifs de notre propre petit bonheur bourgeois de merde, et nous changeons d'idée au gré du vent, au gré du témoignage, au gré de l'angle adopté par le journaliste de TVYA...

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12 novembre 2009

Les ados et le sarcasme (et de la philosophie au secondaire)

J'ai été aujourd'hui confronté au pire des adolescents: leur attitude sarcastique. Oui, je comprends qu'ils rejettent des valeurs, qu'ils veulent se définir en opposition au monde, mais le sarcasme? Pourquoi pas Greenpeace, pourquoi pas la musique?

Évidemment, je me suis questionné moi-même. Suis-je à ce point sarcastique? Ai-je transmis ce genre d'attitude à mes élèves? Il me semble que non. Du moins, plus maintenant. Auparavant, j'étais reconnu comme «le prof le plus sarcastique du Collège», mais plus maintenant.

Oui, dans ma vie quotidienne, je le suis. Destructeur par moments, iconoclaste à d'autres, mais je suis aussi un romantique, un rêveur, un homme qui rêve de systèmes politiques bien gérés, qui vote à tous les scrutins, qui paient ses impôts de bon coeur...

Mais les adolescents et le sarcasme, ceux qui enseignent le savent, ça crée un mélange complètement indigeste. Ils deviennent alors imbus d'eux-mêmes, autosuffisants, et donnent l'impression de se foutre du monde entier, alors que je sais très bien, moi, que dans mes groupes, les ados ne demandent pas mieux qu'à être transportés, qu'à avoir des profs passionnés, qu'à grandir...

Oh! La colère que j'ai ressentie ce matin en les voyant se moquer de deux pauvres conférenciers venus leur parler de dépression. C'est eux qui avaient l'air dépressifs tellement leur degré de collaboration frôlait le zéro.

De la philosophie au secondaire

Alors voilà, tel un Rabelais de moi-même (rien de moins!), j'ai décidé d'abandonner un cours urgent et nécessaire sur la ponctuation (une calamité, si vous saviez...) pour enseigner aux élèves les dangers du sarcasme, son aspect destructeur...

La philosophie n'est pas enseignée au secondaire, et pourtant, je pense fortement qu'il s'agirait du meilleur endroit pour éduquer les élèves à ses techniques. Recherche de la vérité, discussion sur les concepts et leur sens, exercice d'une pensée systématique.

Plutôt que de faire bêtement la morale demain (ce qu'il y aura, tout de même), je compte élargir la colère que j'ai ressentie et en faire quelque chose de constructif, d'instructif.

Les adolescents sont tellement convaincus d'avoir toujours raison que d'insérer un ou deux vers dans le fruit de leur ego ne saurait leur faire de tort, au contraire!

Enfin, souhaitons que leur attitude sarcastique saura s'éteindre pendant quelques minutes. D'ailleurs, ils sont tellement toujours saisis quand on leur parle de manière plus philosophique que cela devrait me permettre de leur demander de très longues réflexions sur le sujet qui devraient donner lieu à un véritable échange d'idées.

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10 novembre 2009

La Donation - Un rare chef-d'oeuvre québécois, 9/10

don_xz_170709Le cinéma sans le flafla. Le coeur de l'émotion humaine. La beauté pure. Les mots me manquent pour décrire le dernier film de Bernard Émond, La Donation.

Campé en plein coeur de l'Abitibi, à Normétal, le récit nous plonge à travers la vie du docteure Dion, qui se rend à l'autre bout du Québec pour remplacer un docteur vieillissant (formidable Jacques Godin).

Le film laisse toute la place aux doutes du personnage de la fantastique Élyse Guilbault, à ses relations fusionnelles avec certains patients, à son humanité.

Le plus extraordinaire, donc, dans le film, c'est la lenteur des plans, mais une lenteur toute réfléchie, où on prend le temps de s'attarder à un regard, à une émotion.

Plusieurs fois dans le film, je me suis retrouvé le souffle coupé par des dialogues courts mais puissants et efficaces, par des moments d'une profonde générosité, par des personnages sans artifice qui sont des écorchés durs de la vie en région.

Et que dire de la photographie? Le film m'a montré mon Québec, mon pays, dans toute sa splendeur, son aspect sauvage. J'en avais presque le goût de faire une tournée pour moi-même m'adonner à la contemplation de ces beautés arides, de ces arbres qui sont défeuillus par le vent d'automne, par ces lignes électriques abandonnées en plein milieu de nulle part...

Extraordinaire! Du grand cinéma. Pas besoin de 50 millions pour toucher les coeurs. Au contraire...

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06 novembre 2009

«Le Projet Laramie» - Touchante analyse de l'homophobie américaine, 8/10

Le théâtre Agitato (?) présente à la salle Fred-Barry, jusqu'au vendredi 6 novembre, la pièce Le Projet Laramie, traduction d'un projet de Moises Kaufman, célèbre dramaturge new-yorkais.

La pièce est née d'un projet de Kaufman, qui voulait, avec une quinzaine d'étudiants en théâtre, se rendre à Laramie, Wyoming, pour interviewer les témoins du meurtre crapuleux de Matthew Sheppard, en octobre 1998.

Véritable second Stonewall pour le mouvement gay, cet acte horrible avait permis de jeter un oeil différent sur l'homophobie qui sévit dans l'Amérique profonde, et la pièce fait partie de ces discours qui nous permettent de mieux comprendre ce qui s'est passé, et comment les habitants de la place ont réagi.

Donc, pendant le spectacle, on suit une quinzaine de comédiens qui interprètent les 40 rôles, raconter à travers les voix des témoignages recueillis par les étudiants de Kaufman, leur version des faits, comment la vie à Laramie en a été bouleversée, comment ils ont accueilli la nouvelle...

L'ensemble est bouleversant. Les passages les plus forts du texte sont ceux qui tournent autour de la description sordide, et ceux qui montrent comment le mouvement gay a fait taire en chantant les extrémistes de droite qui protestaient devant le palais de justice où avait lieu le procès de deux meurtriers. J'en ai pleuré.

La pièce pose des questions d'une intelligence raffinée: d'où origine l'homophobie? Comment peut-on en arriver à commettre un tel crime? Comment un petit village peut-il survivre à ces événements hypermédiatisés? Les médias ont-ils exagéré leur couverture?

Pour moi, la partie la plus intéressante est celle où l'on décortique la monstruosité des deux criminels.

Le crime, horrible et impardonnable, a été commis par deux hommes losers, et non par deux monstres. Ils avaient bu, ils ont fait croire qu'ils étaient gays pour embarquer Sheppard dans l'intention de le voler, mais devant les attouchements de Sheppard, ils ont craqué, l'ont tué, et ont tout tenté pour cacher le pauvre Matthew.  La monstruosité qui naît de rien. Le hasard qui est une vache.

Bouleversant, très bouleversant comme texte, et interprétation à la hauteur!

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05 novembre 2009

J'appuie les conservateurs et j'aime «Salut Bonjour»

«Docteur, que se passe-t-il avec moi?»

Vous avez bien lu. J'appuie le projet de loi privé qui enlève le contrôle des armes à feu pour les carabines et les armes de chasse. Le registre des armes à feux fait partie de ces initiatives politiques bien-pensantes qui n'ont aucune utilité.

Pourquoi? Parce que, si on se rappelle bien, ce foutu registre des armes à feu est né de l'hystérie (lire, féminine) collective qui a eu lieu après la tragédie de Polytechnique. Une jeune femme (Kekchose Larivière) avait alors fait signer une pétition que 2000000 de personnes, les yeux fermés par la compassion, avaient signée.

Le registre des armes à feu a ensuite été créé, et puis, plus rien... Le nombre de meurtres violents n'a pas vraiment diminué, il y a eu Dawson, il y a eu un fou qui a tué quatre personnes à son bureau de poste d'Ottawa.

Par contre, le gouvernement a engouffré 600 millions de dollars par an pour gérer ce foutu programme, nuisant surtout aux centaines de milliers de chasseurs canadiens.

Contrairement à ce que le Bloc prétend, il n'y a aucune pente dangereuse avec ce projet de loi. Nous ne serons pas comme les États-Unis dans dix ans. Le Canada n'est pas comme ça. La possession d'armes de poing est illégale et il en sera toujours ainsi. Je pense.

Mais défaire cette connerie de programme instauré par Jean Chrétien PAR PURE OPPORTUNISME POLITIQUE, comme tout ce qu'il (n')a (pas) fait comme premier ministre était la bonne décision.

La folie monstrueuse des tueurs n'a rien, mais alors là, rien à voir avec la législation. Il faut accepter que la vie vient également avec une pulsion de mort, qui peut frapper au hasard à quelques reprises.

Salut, bonjour

Sur une note plus légère, je vous avouerai que j'ai écouté «Salut Bonjour» ce matin.

Je ne suis plus capable de la petite Marie-José Bouchard, à RDI. Son émission est tellement plate, ennuyante et manque tellement de personnalité que je me suis réfugié à TVA.

On parlait de la même maudite affaire (H1N1), mais avec un peu d'humanité, un peu d'humour...

Bon, je ne tougherais pas plus que dix minutes le crisse de téteux de Gino Chouinard, mais pour les petits matins engourdis, j'ai besoin d'énergie, pas d'une livraison de nouvelles sur le pilote automatique comme à RDI.

D'ailleurs, dans la voiture, c'est René Homier-Roy et sa bande, dont le sublime Marc Laurendeau. Contenu sérieux, entrevue avec Louise Harel à 7h17 le matin, mais avec de la personnalité, de la gueule!

En tout cas... Je retourne au travail!

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02 novembre 2009

Les Anglos et les allophones et la corruption

OK, c'est-tu parce qu'y sont bouchés des deux trous ou bien parce qu'ils ont un retard mental congénital que les Anglos et les allophones ont voté massivement pour Gérald «faux-naïf» Tremblay?

Quand on regarde la carte électotrale du résultat d'hier, on constate que les comtés péquistes ont voté soit Harel, soit Bergeron, et les comtés libéraux provinciaux ont appuyé Tremblay.

C'est quoi le crisse de problème? Qu'est-ce que ça va prendre pour les faire changer d'idée sur quelque chose? Ont-ils une déficience mentale qui fait en sorte que quand ils votent pour une personne, leur cerveau est bloqué jusqu'à la mort de cette personne-là? Ont-ils peur de la démocratie?

C'est des crisses de pépères, ceux qui ont voté pour Tremblay, des lavettes, peureux, des accepteux de corruption. Votez pour Louise O'Sullivan, je m'en sacre, mais comment peut-on réélire un maire qui a trempé dans la corruption comme ça. C'est à croire que Gérald Tremblay a été trempé dans la corruption par le talon et que la flèche d'hier a même pas passé proche de lui.

***

Je le regarde sur les photos dans le journal ce matin, avec sa petite face de vieux crisse de satisfait fatiquant, de mangeux de marde. Il vous regarde de haut, en disant: «Vous avez même pas eu le courage de m'envoyer dehors bande caves!

Une chance que j'ai mes 37% de déficients mentaux qui comprennent rien à la démocratie, qui refusent le jeu démocratique, qui ont décidé que tout ce qui est francophone est viscéralement un mangeux de marde, donc, ils votent pour celui qui parle le mieux l'anglais».

Dois-je préciser ici que je ne suis pas raciste? Je ne le suis pas, mais quand je vois les anglos et les allos se liguer en masse pour ne pas voter une candidate juste sous prétexte qu'elle a été souverainiste, je m'enrage. Je suis convaincu qu'un maximum de 20% de francos a voté pour Tremblay, et encore...

Là, on est pris pour quatre ans avec une limace qui va encore pleurer à chaque fois qu'on va essayer de le critiquer, tout ça à cause de Montréalais bouchés par tous les trous qui comprennent rien à la démocratie.

Pis dire qu'on n'a pas de pays à cause de ça. Y a de quoi déclencher une révolution...

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01 novembre 2009

À la découverte, bistro ordinaire

Dans toute la panoplie des bistros «Apportez votre vin» qu'offre Montréal aux touristes ébahis de pouvoir se restaurer à si petits prix (sans frais de débouchage des bouteilles, une rareté en Amérique du Nord), j'ai mes préférés: Les Héritiers et La Prunelle.

Celui que j'ai essayé hier ne se hissera certainement pas au sommet de mon palmarès.

Situé à l'angle des rues De La Roche et Marianne, À la Découverte propose un menu assez court, mais appétissant. Millefeuille d'escargots, médaillons d'autruche, artichaut au chèvre...

Les plats sont servis, à mon avis, sans véritable originalité. Mon millefeuille trempait dans une sauce brune assez peu relevée, et les shitake utilisés avaient à mon sens un drôle de goût. Quant aux médaillons d'autruche, la véritable vedette de l'assiette était l'assortiment de légumes qui couvraient une large palette de goûts et de couleurs.

Bon, pour 35$ pour 4 services, on ressort quand même satisfait du rapport qualité-prix (quand on pense qu'une vulgaire assiette de ribs chez Bâton Rouge coûte à peu près 30$...).

Mais on n'est pas vraiment séduit, surtout que le décor déglingué mériterait la visite d'une décoratrice qui, avec un budget minime, pourrait redonner à l'endroit un certain lustre, perdu pour le moment.

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24 octobre 2009

The September Issue - Une diva implacable, 6/10

first_look_the_september_issuJe l'avoue, j'ai une fascination morbide pour trois choses: les super-divas, les femmes de très haut pouvoir et la mode (particulièrement les talons hauts!!). Alors, quand j'ai vu qu'un film présentait Anna Wintour, rédactrice-en-chef et salope-en-chef de Vogue US, je me suis précipité.

Cette femme a la réputation, en un claquement de doigts, de pouvoir faire fondre quelqu'un en larmes, briser une réputation ou intégrer les manteaux en forme de banane comme le chic du chic aux États-Unis.

Le documentariste Ray (?) Cutler nous montre donc cette femme de pouvoir dans tout ce qu'elle peut avoir d'implacable. Elle fait effectivement pleurer un assistant, enrager sa conseillère principale et décide de tout. De tout.

Toute photo, tout texte, tout changement mineur à la couleur d'une publicité qui apparaîtra en bas dans le coin de la page 324, elle l'approuve avec un très gros minimum d'effet. Et rejette tout de la même manière. Se retournant vers une robe, elle dira: «Too much Fur». Tournant ensuite son regard vers une paire de gants: «Too black»...

Cutler réussit tout de même, pendant trois secondes, à nous montrer une toute petite saillie dans la statue de marbre Wintour. Parlant de ses deux frères (journaliste et travailleur humanitaire), elle dira qu'ils trouvent son métier «funny», et elle le répétera trois fois, dans une attitude lourde de sous-entendus, et qui laisse présager un début d'ombre de remise en question.

Le rythme du film est par ailleurs excellent. On y voyage sur deux continents, on rencontre un tas d'employés, et notamment la sympathique Grace, qui semble être la seule personne du bureau à tenir, le temps de quelques secondes, tête à sa rédactrice en chef, quitte à renverser ses décisions dans son dos.

Un très bon moment à passer au cinéma, à mon avis.

Je vous laisse sur une citation provocante du début du film de la principale intéressée: «Les gens qui critiquent la mode le font parce qu'ils sont envieux de ce style de vie cool. Ceux qui nous méprisent sont des jaloux». Savoureux!

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