Humeurs montréalaises

06 janvier 2011

«The Social Network» - Excellent drame biographique, 8/10

Réalisé de main de maître par un David Fincher (Fight Club) en grande forme, The Social Network, comme vous le savez peut-être (on n'en a tellement pas entendu parler...), raconte l'histoire du créateur de Facebook, Mark Zuckerberg.

the_social_networkJe dois avouer qu'en mettant le pied dans le cinéma, j'avais peur qu'on nous montre seulement le côté noir de l'homme, le manipulateur, le menteur et l'incompris, ce qu'on ne nous épargne pas. Toutefois, et là réside toute la subtilité, on sort du film en comprenant à peu près les motifs qui ont poussé Zuckerberg à flouer tous ses acolytes, incluant son meilleur ami.

Le gars, une tronche de premier ordre, a volé des gens qui, de toute façon, vont réussir dans la vie, devenir millionaire, se marier à des petites femmes bien dociles... Comment ne pas être sympathique face à ce Robin des Bois de l'électronique?

Le réalisateur nous épargne heureusement tout ce qui précède le passage à Harvard de Zuckerberg, et se concentre sur sa montée en popularité. Cela donne d'excellents moments dans les coulisses de la débauche étudiante millionnaire, et d'autres encore où toute la camaraderie qui entoure le personnage semble réellement le ronger.

D'ailleurs, toute la première scène, un long dialogue entre le personnage principal et sa copine du moment, nous donne le ton caustique de l'informaticien et nous fait comprendre que le film sera bien plus qu'un petit divertissement où le bien et le mal se distinguent clairement.

Avec une musique tout à fait brillante et pertinemment choisie, une caméra qui voltige à merveille et des comédiens tout à fait à l'aise (notamment un Justin Timberlake player à souhait dans la peau du fondateur de Napster), The Social Network constitue, avec Inception, un choix déchirant pour les Oscars pour le meilleur film de l'année.

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05 janvier 2011

Le «nouveau» cabinet Harper

Harper_sinking_on_melting_ice_editorial_cartoonHier, le Parti conservateur du Canada, dans un geste sans précédent, a procédé à un remaniement ministériel qui a valu la peine... Newsweek, CBC, SRC, TVA, LCN, RDI, tout le monde y était. Mais, allait-on nommer un néo-démocrate au cabinet? Un pur inconnu aux Finances?

Eh bien, non, les attentes ont été déçues. Un illustre inconnu, Peter Kent, remplace Jim Prentice, parti être consultant pour les banques (surprise, surprise), et la vedette conservatrice de la banlieue de Toronto, Julian Fantino, devient ministre d'État aux Aînés. Cela valait-il le coup d'abandonner la direction de la Ontario Police?

Quelques remarques là-dessus.

D'abord et avant tout, ne vous demandez pas pourquoi nous, les électeurs, devenons cyniques à force de regarder les politiciens. Quand on m'annonce un remaniement ministériel, et que je me rends compte qu'il s'agit, au mieux, d'une vente à l'encan d'une Toyota Corolla 1994, je suis rapidement déçu.

Ensuite, quand je vois qu'un député conservateur, qui, parce qu'il a la chance de se trouver à moins de 100 km à la ronde de la Tour du CN, est nommé dans une fonction tout ce qu'il y a de plus honorifique (rien contre vous, chers aînés), je me demande quand la politique changera, alors qu'on m'annonce qu'elle changera depuis que je maîtrise les bases du langage...

D'ailleurs, Peter Kent m'apparaît comme une marionette, comme tous le soulignent depuis qu'il a apposé sa signature sur le Livre des sots (sceaux?). Cinq ministres de L'Environnement en cinq ans, alors qu'il y a eu Copenhague et Cancun, deux conférences mondiales d'envergure, cela vous démontre jusqu'à quel point le réchauffement climatique est une priorité pour les conservateurs, au même titre que la criminalité dans le nord du Yukon ou les problèmes des pêcheurs d'escargots de Windsor...

Non, vraiment, il est temps qu'une élection ait lieu, et, qu'une fois pour toutes, les Canadiens se prononcent fortement en faveur d'un gouvernement conservateur minoritaire ou d'un gouvernement libéral minoritaire...

Plus ça change...

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04 janvier 2011

«Inception» - Hallucinante psyché humaine, 8/10

inceptionRassurez-vous! Ceux qui me connaissent savent que je reviendrai éventuellement au commentaire d'actualité provocateur et méchant. Je ne fais que la liste des films vus en vue des Oscars de 2011.

À mon avis, de ce que j'ai vu jusqu'à maintenant, voici MON choix pour le film de l'année.

Contrairement à ce que je craignais, Inception n'est pas uniquement un ramassis d'effets spéciaux spectaculaires. Certes, ils constituent la plus grande partie du film, et ils ne déçoivent jamais, mais Inception propose une vision de l'avenir très inquiétante, très «Big Brother goes in your head».

Pour ceux qui ne le savent pas, le film raconte l'histoire d'un homme (Leonardo Dicaprio, toujours aussi bon) payé pour aller changer les idées des gens en voyageant dans leur subconscient et en modifiant la forme de certains de leurs souvenirs. Un peu comme si votre psychologue, plutôt que de vous écouter pendant trois ans, réglait le problème d'une névrose à la source en retirant le pire souvenir qui la maintient en vie.

À travers ses aventures, Di Caprio est aidé d'une équipe pour une mission très délicate auprès d'un richissime Japonais, et, là où le film prend toute son envergure, c'est dans les couches de subconscient où les acteurs doivent évoluer. On passe à du calcul complexe, à de l'ingénierie de haut niveau, à de la science-fiction telle qu'elle doit être conçue, à mon avis.

Le scénario complexe fonctionne à merveille, la réalisation de Christopher Nolan (Dark Knight) nous tient en haleine pendant deux heures, et le jeu des comédiens convient parfaitement.

Évidemment, on regarde d'abord et avant tout Inception en raison de ses effets spéciaux. D'abord, l'imaginaire est rendu avec brio. Les architectures du subconcient (Lacan aurait apprécié!) sont dessinées dans toute la folie que peut atteindre le cerveau humain. Puis, les personnages, soumis à des lois temporelles différentes des 24heures/60 secondes terrestres, sont souvent projetés dans les airs (voir photo), ou menacés par les influx constants du cerveau.

Bien qu'il soit un peu tape-à-l'oeil, le film mérite tout de même toute votre attention! Ne serait-ce que pour les effets spéciaux, et c'est très très rare que je dis cela!

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03 janvier 2011

«127 heures» - La souffrance en vidéoclip, 5.5/10

127_heures_716882J'ai tellement aimé Slumdog Millionaire que je me suis précipité sur le nouveau Danny Boyle dès qu'il est sorti en salles.

Et ce qui m'avait plu dans le Meilleur film de l'année 2009 (selon les Oscars en tout cas...) m'a assez dérangé ici. Filmer Mumbai dans toute sa frénésie, avec des libertés de montage, de la musique folle, des plans serrés et autres trucs de MTV est une chose, mais filmer la souffrance d'un homme (interprété par le talentueux James Franco) prisonnier d'un ravin perdu du Grand Canyon, c'en est une autre.

Un exemple? Quand le personnage souffre de la soif, il insère un montage de bouteilles qui se débouchent avec une musique publicitaire. On comprend que ce sont des hallucinations, qu'il rêve, mais tout de même, ça coupe, à mon goût, le moment intensément difficile que vit le pauvre garçon.

Comprenez-moi bien, la caméra de Danny Boyle est toujours aussi belle, le Grand Canyon est filmé à merveille, et le Soleil et l'ombre se côtoient dans une valse absolument sublime. Mais on est parfois, pas tout le long du film, parfois, un peu loin de la souffrance et plus proche de l'exercice de style.

Franco, comme je le disais, joue à merveille et offre de beaux moments de comédien, notamment lors des premières minutes de son accident, où il tente de se montrer plus fort que la nature. J'ai personnellement reconnu un ami qui est de ce genre-là et qui aurait probablement eu, lui aussi, cette petite arrogance face aux éléments de la nature qui lui jouent des tours...

Il s'agit d'un bon divertissement, assez vide au bout du compte...

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02 janvier 2011

«Black Swan» - L'esthétique du Mal, 7.5/10

Black_SwanLa rumeur disait que Natalie Portman allait gagner l'Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans Black Swan sans opposition. Eh bien, la rumeur devrait se vérifier! Quelle performance elle offre dans ce film hautement intellectuel et esthétisant.

Elle interprète une ballerine qui se voit offrir le rôle de sa vie, celui des deux cygnes dans le fameux ballet de Tchaïkovsky. Pour satisfaire un metter en scène exigeant (Vincent Cassel, très ordinaire), elle devra aller puiser au plus profond de ses ressources et capacités psychologiques, et sera poussé dans des psychoses de plus en plus envahissantes.

Le réalisateur (D. Aronofsky) a choisi une approche où chaque mouvement de caméra apparaît servir une symbolique très précise, celle de démontrer les côtés sombre et lumineux de la nature humaine.

Le bon côté de cette approche réside dans un film aux couleurs très épurées, aux mouvements nombreux, très dansants. En outre, la caméra est assez souvent en close-up sur la comédienne principale, qui ne bronche pas et montre toute la palette de ses émotions.

Par contre, surtout au début, on arrive presque à lire le scrap-book du réalisateur, ses intentions sont trop limpides, et ça m'a un peu tombé sur les nerfs.

Mais bon, ne boudons pas le plaisir, ce film ressemble beaucoup à un Eyes Wide Shut du monde du ballet, et les possibilités d'analyse psychanalytique devraient être aussi nombreuses dans les cours de cinéma à propos de ce film que du chef-d'oeuvre de Kubrick!

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01 janvier 2011

«Discours du roi» - Du bonbon historique, 7/10

Chers amis, après moultes réflexions, voici le retour de mon blog!

Je vais tenter d'écrire chaque jour. Humeurs, critiques artistiques, comme avant!

***

discours_dun_roiÉvidemment, les vacances sont l'occasion de renouer avec le cinéma, surtout à Noël, où la flopée des films oscarisables envahit nos écrans.

J'ai vu quatre films, et je commence par celui que je viens tout juste de voir, The King's Speech.

Il s'agit d'un film tout ce qu'il y a de plus classique. Colin Firth joue le rôle du futur roi George VI, un bègue qui suivra des cours de diction avec un professeur hors-normes (Geoffrey Rush). Les enjeux de la monarchie de l'époque, avec Wallis Simpson (la Lady Di des années 1930, une véritable fouteuse de trouble), Hitler et tout le drame d'avant la Deuxième Guerre mondiale servent de trame de fond.

Un scénario très simple qui donne lieu à d'excellents dialogues, pas assez nombreux à mon goût, entre les deux protagonistes. L'histoire décolle véritablement après 30 minutes, et les difficultés émotives du futur roi se dessinent clairement.

Bien qu'il ne révolutionne rien sur le plan cinématographique, le film constitue un très bon divertissement, avec des performances d'acteurs exceptionnelles et une reconstitution d'époque tout à fait juste.

La scène finale, où le roi doit finalement livrer le discours de sa vie, qui est rien de moins que la déclaration de guerre de son pays, constitue un moment fort où on a su éviter le pleurnichage et l'apitoiement. Quelques plans de caméra particulièrement forts réussissent à nous faire saisir le désarroi d'une Angleterre qui entre en guerre pour la deuxième fois en 20 ans.

À voir.

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