Humeurs montréalaises

Provocateur mais plein de doutes, Humeurs montréalaises commente l'actualité, sa vie, et tout ce qui tourne autour...

12 novembre 2009

Les ados et le sarcasme (et de la philosophie au secondaire)

J'ai été aujourd'hui confronté au pire des adolescents: leur attitude sarcastique. Oui, je comprends qu'ils rejettent des valeurs, qu'ils veulent se définir en opposition au monde, mais le sarcasme? Pourquoi pas Greenpeace, pourquoi pas la musique?

Évidemment, je me suis questionné moi-même. Suis-je à ce point sarcastique? Ai-je transmis ce genre d'attitude à mes élèves? Il me semble que non. Du moins, plus maintenant. Auparavant, j'étais reconnu comme «le prof le plus sarcastique du Collège», mais plus maintenant.

Oui, dans ma vie quotidienne, je le suis. Destructeur par moments, iconoclaste à d'autres, mais je suis aussi un romantique, un rêveur, un homme qui rêve de systèmes politiques bien gérés, qui vote à tous les scrutins, qui paient ses impôts de bon coeur...

Mais les adolescents et le sarcasme, ceux qui enseignent le savent, ça crée un mélange complètement indigeste. Ils deviennent alors imbus d'eux-mêmes, autosuffisants, et donnent l'impression de se foutre du monde entier, alors que je sais très bien, moi, que dans mes groupes, les ados ne demandent pas mieux qu'à être transportés, qu'à avoir des profs passionnés, qu'à grandir...

Oh! La colère que j'ai ressentie ce matin en les voyant se moquer de deux pauvres conférenciers venus leur parler de dépression. C'est eux qui avaient l'air dépressifs tellement leur degré de collaboration frôlait le zéro.

De la philosophie au secondaire

Alors voilà, tel un Rabelais de moi-même (rien de moins!), j'ai décidé d'abandonner un cours urgent et nécessaire sur la ponctuation (une calamité, si vous saviez...) pour enseigner aux élèves les dangers du sarcasme, son aspect destructeur...

La philosophie n'est pas enseignée au secondaire, et pourtant, je pense fortement qu'il s'agirait du meilleur endroit pour éduquer les élèves à ses techniques. Recherche de la vérité, discussion sur les concepts et leur sens, exercice d'une pensée systématique.

Plutôt que de faire bêtement la morale demain (ce qu'il y aura, tout de même), je compte élargir la colère que j'ai ressentie et en faire quelque chose de constructif, d'instructif.

Les adolescents sont tellement convaincus d'avoir toujours raison que d'insérer un ou deux vers dans le fruit de leur ego ne saurait leur faire de tort, au contraire!

Enfin, souhaitons que leur attitude sarcastique saura s'éteindre pendant quelques minutes. D'ailleurs, ils sont tellement toujours saisis quand on leur parle de manière plus philosophique que cela devrait me permettre de leur demander de très longues réflexions sur le sujet qui devraient donner lieu à un véritable échange d'idées.

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10 novembre 2009

La Donation - Un rare chef-d'oeuvre québécois, 9/10

don_xz_170709Le cinéma sans le flafla. Le coeur de l'émotion humaine. La beauté pure. Les mots me manquent pour décrire le dernier film de Bernard Émond, La Donation.

Campé en plein coeur de l'Abitibi, à Normétal, le récit nous plonge à travers la vie du docteure Dion, qui se rend à l'autre bout du Québec pour remplacer un docteur vieillissant (formidable Jacques Godin).

Le film laisse toute la place aux doutes du personnage de la fantastique Élyse Guilbault, à ses relations fusionnelles avec certains patients, à son humanité.

Le plus extraordinaire, donc, dans le film, c'est la lenteur des plans, mais une lenteur toute réfléchie, où on prend le temps de s'attarder à un regard, à une émotion.

Plusieurs fois dans le film, je me suis retrouvé le souffle coupé par des dialogues courts mais puissants et efficaces, par des moments d'une profonde générosité, par des personnages sans artifice qui sont des écorchés durs de la vie en région.

Et que dire de la photographie? Le film m'a montré mon Québec, mon pays, dans toute sa splendeur, son aspect sauvage. J'en avais presque le goût de faire une tournée pour moi-même m'adonner à la contemplation de ces beautés arides, de ces arbres qui sont défeuillus par le vent d'automne, par ces lignes électriques abandonnées en plein milieu de nulle part...

Extraordinaire! Du grand cinéma. Pas besoin de 50 millions pour toucher les coeurs. Au contraire...

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06 novembre 2009

«Le Projet Laramie» - Touchante analyse de l'homophobie américaine, 8/10

Le théâtre Agitato (?) présente à la salle Fred-Barry, jusqu'au vendredi 6 novembre, la pièce Le Projet Laramie, traduction d'un projet de Moises Kaufman, célèbre dramaturge new-yorkais.

La pièce est née d'un projet de Kaufman, qui voulait, avec une quinzaine d'étudiants en théâtre, se rendre à Laramie, Wyoming, pour interviewer les témoins du meurtre crapuleux de Matthew Sheppard, en octobre 1998.

Véritable second Stonewall pour le mouvement gay, cet acte horrible avait permis de jeter un oeil différent sur l'homophobie qui sévit dans l'Amérique profonde, et la pièce fait partie de ces discours qui nous permettent de mieux comprendre ce qui s'est passé, et comment les habitants de la place ont réagi.

Donc, pendant le spectacle, on suit une quinzaine de comédiens qui interprètent les 40 rôles, raconter à travers les voix des témoignages recueillis par les étudiants de Kaufman, leur version des faits, comment la vie à Laramie en a été bouleversée, comment ils ont accueilli la nouvelle...

L'ensemble est bouleversant. Les passages les plus forts du texte sont ceux qui tournent autour de la description sordide, et ceux qui montrent comment le mouvement gay a fait taire en chantant les extrémistes de droite qui protestaient devant le palais de justice où avait lieu le procès de deux meurtriers. J'en ai pleuré.

La pièce pose des questions d'une intelligence raffinée: d'où origine l'homophobie? Comment peut-on en arriver à commettre un tel crime? Comment un petit village peut-il survivre à ces événements hypermédiatisés? Les médias ont-ils exagéré leur couverture?

Pour moi, la partie la plus intéressante est celle où l'on décortique la monstruosité des deux criminels.

Le crime, horrible et impardonnable, a été commis par deux hommes losers, et non par deux monstres. Ils avaient bu, ils ont fait croire qu'ils étaient gays pour embarquer Sheppard dans l'intention de le voler, mais devant les attouchements de Sheppard, ils ont craqué, l'ont tué, et ont tout tenté pour cacher le pauvre Matthew.  La monstruosité qui naît de rien. Le hasard qui est une vache.

Bouleversant, très bouleversant comme texte, et interprétation à la hauteur!

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05 novembre 2009

J'appuie les conservateurs et j'aime «Salut Bonjour»

«Docteur, que se passe-t-il avec moi?»

Vous avez bien lu. J'appuie le projet de loi privé qui enlève le contrôle des armes à feu pour les carabines et les armes de chasse. Le registre des armes à feux fait partie de ces initiatives politiques bien-pensantes qui n'ont aucune utilité.

Pourquoi? Parce que, si on se rappelle bien, ce foutu registre des armes à feu est né de l'hystérie (lire, féminine) collective qui a eu lieu après la tragédie de Polytechnique. Une jeune femme (Kekchose Larivière) avait alors fait signer une pétition que 2000000 de personnes, les yeux fermés par la compassion, avaient signée.

Le registre des armes à feu a ensuite été créé, et puis, plus rien... Le nombre de meurtres violents n'a pas vraiment diminué, il y a eu Dawson, il y a eu un fou qui a tué quatre personnes à son bureau de poste d'Ottawa.

Par contre, le gouvernement a engouffré 600 millions de dollars par an pour gérer ce foutu programme, nuisant surtout aux centaines de milliers de chasseurs canadiens.

Contrairement à ce que le Bloc prétend, il n'y a aucune pente dangereuse avec ce projet de loi. Nous ne serons pas comme les États-Unis dans dix ans. Le Canada n'est pas comme ça. La possession d'armes de poing est illégale et il en sera toujours ainsi. Je pense.

Mais défaire cette connerie de programme instauré par Jean Chrétien PAR PURE OPPORTUNISME POLITIQUE, comme tout ce qu'il (n')a (pas) fait comme premier ministre était la bonne décision.

La folie monstrueuse des tueurs n'a rien, mais alors là, rien à voir avec la législation. Il faut accepter que la vie vient également avec une pulsion de mort, qui peut frapper au hasard à quelques reprises.

Salut, bonjour

Sur une note plus légère, je vous avouerai que j'ai écouté «Salut Bonjour» ce matin.

Je ne suis plus capable de la petite Marie-José Bouchard, à RDI. Son émission est tellement plate, ennuyante et manque tellement de personnalité que je me suis réfugié à TVA.

On parlait de la même maudite affaire (H1N1), mais avec un peu d'humanité, un peu d'humour...

Bon, je ne tougherais pas plus que dix minutes le crisse de téteux de Gino Chouinard, mais pour les petits matins engourdis, j'ai besoin d'énergie, pas d'une livraison de nouvelles sur le pilote automatique comme à RDI.

D'ailleurs, dans la voiture, c'est René Homier-Roy et sa bande, dont le sublime Marc Laurendeau. Contenu sérieux, entrevue avec Louise Harel à 7h17 le matin, mais avec de la personnalité, de la gueule!

En tout cas... Je retourne au travail!

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02 novembre 2009

Les Anglos et les allophones et la corruption

OK, c'est-tu parce qu'y sont bouchés des deux trous ou bien parce qu'ils ont un retard mental congénital que les Anglos et les allophones ont voté massivement pour Gérald «faux-naïf» Tremblay?

Quand on regarde la carte électotrale du résultat d'hier, on constate que les comtés péquistes ont voté soit Harel, soit Bergeron, et les comtés libéraux provinciaux ont appuyé Tremblay.

C'est quoi le crisse de problème? Qu'est-ce que ça va prendre pour les faire changer d'idée sur quelque chose? Ont-ils une déficience mentale qui fait en sorte que quand ils votent pour une personne, leur cerveau est bloqué jusqu'à la mort de cette personne-là? Ont-ils peur de la démocratie?

C'est des crisses de pépères, ceux qui ont voté pour Tremblay, des lavettes, peureux, des accepteux de corruption. Votez pour Louise O'Sullivan, je m'en sacre, mais comment peut-on réélire un maire qui a trempé dans la corruption comme ça. C'est à croire que Gérald Tremblay a été trempé dans la corruption par le talon et que la flèche d'hier a même pas passé proche de lui.

***

Je le regarde sur les photos dans le journal ce matin, avec sa petite face de vieux crisse de satisfait fatiquant, de mangeux de marde. Il vous regarde de haut, en disant: «Vous avez même pas eu le courage de m'envoyer dehors bande caves!

Une chance que j'ai mes 37% de déficients mentaux qui comprennent rien à la démocratie, qui refusent le jeu démocratique, qui ont décidé que tout ce qui est francophone est viscéralement un mangeux de marde, donc, ils votent pour celui qui parle le mieux l'anglais».

Dois-je préciser ici que je ne suis pas raciste? Je ne le suis pas, mais quand je vois les anglos et les allos se liguer en masse pour ne pas voter une candidate juste sous prétexte qu'elle a été souverainiste, je m'enrage. Je suis convaincu qu'un maximum de 20% de francos a voté pour Tremblay, et encore...

Là, on est pris pour quatre ans avec une limace qui va encore pleurer à chaque fois qu'on va essayer de le critiquer, tout ça à cause de Montréalais bouchés par tous les trous qui comprennent rien à la démocratie.

Pis dire qu'on n'a pas de pays à cause de ça. Y a de quoi déclencher une révolution...

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01 novembre 2009

À la découverte, bistro ordinaire

Dans toute la panoplie des bistros «Apportez votre vin» qu'offre Montréal aux touristes ébahis de pouvoir se restaurer à si petits prix (sans frais de débouchage des bouteilles, une rareté en Amérique du Nord), j'ai mes préférés: Les Héritiers et La Prunelle.

Celui que j'ai essayé hier ne se hissera certainement pas au sommet de mon palmarès.

Situé à l'angle des rues De La Roche et Marianne, À la Découverte propose un menu assez court, mais appétissant. Millefeuille d'escargots, médaillons d'autruche, artichaut au chèvre...

Les plats sont servis, à mon avis, sans véritable originalité. Mon millefeuille trempait dans une sauce brune assez peu relevée, et les shitake utilisés avaient à mon sens un drôle de goût. Quant aux médaillons d'autruche, la véritable vedette de l'assiette était l'assortiment de légumes qui couvraient une large palette de goûts et de couleurs.

Bon, pour 35$ pour 4 services, on ressort quand même satisfait du rapport qualité-prix (quand on pense qu'une vulgaire assiette de ribs chez Bâton Rouge coûte à peu près 30$...).

Mais on n'est pas vraiment séduit, surtout que le décor déglingué mériterait la visite d'une décoratrice qui, avec un budget minime, pourrait redonner à l'endroit un certain lustre, perdu pour le moment.

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24 octobre 2009

The September Issue - Une diva implacable, 6/10

first_look_the_september_issuJe l'avoue, j'ai une fascination morbide pour trois choses: les super-divas, les femmes de très haut pouvoir et la mode (particulièrement les talons hauts!!). Alors, quand j'ai vu qu'un film présentait Anna Wintour, rédactrice-en-chef et salope-en-chef de Vogue US, je me suis précipité.

Cette femme a la réputation, en un claquement de doigts, de pouvoir faire fondre quelqu'un en larmes, briser une réputation ou intégrer les manteaux en forme de banane comme le chic du chic aux États-Unis.

Le documentariste Ray (?) Cutler nous montre donc cette femme de pouvoir dans tout ce qu'elle peut avoir d'implacable. Elle fait effectivement pleurer un assistant, enrager sa conseillère principale et décide de tout. De tout.

Toute photo, tout texte, tout changement mineur à la couleur d'une publicité qui apparaîtra en bas dans le coin de la page 324, elle l'approuve avec un très gros minimum d'effet. Et rejette tout de la même manière. Se retournant vers une robe, elle dira: «Too much Fur». Tournant ensuite son regard vers une paire de gants: «Too black»...

Cutler réussit tout de même, pendant trois secondes, à nous montrer une toute petite saillie dans la statue de marbre Wintour. Parlant de ses deux frères (journaliste et travailleur humanitaire), elle dira qu'ils trouvent son métier «funny», et elle le répétera trois fois, dans une attitude lourde de sous-entendus, et qui laisse présager un début d'ombre de remise en question.

Le rythme du film est par ailleurs excellent. On y voyage sur deux continents, on rencontre un tas d'employés, et notamment la sympathique Grace, qui semble être la seule personne du bureau à tenir, le temps de quelques secondes, tête à sa rédactrice en chef, quitte à renverser ses décisions dans son dos.

Un très bon moment à passer au cinéma, à mon avis.

Je vous laisse sur une citation provocante du début du film de la principale intéressée: «Les gens qui critiquent la mode le font parce qu'ils sont envieux de ce style de vie cool. Ceux qui nous méprisent sont des jaloux». Savoureux!

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23 octobre 2009

La propreté

Je pensais à tout ce que je voyais de la campagne municipale, par les temps qui courent, et je me suis mis à réfléchir sur la notion de propreté dans notre société occidentale.

On est tellement ordonnés, méticuleux, rangés. On est intolérant au bordel, à la saleté, au désordre. Juste à voir comment c'est chez moi, chez mes amis, je ressens une pression à toujours tout serrer par bonne catégorie dans le frigo, à tout nettoyer quand un iota de poussière traîne, à classer mes cacannes par ordre alphabétique...

Des émissions proposent d'aller chez vous pour ranger ce qui est en désordre (Clean Sweep), d'autres rénoveront votre maison si le mobilier est plus âgé que dix ans, et d'autres encore, bien sûr, s'occuperont de votre corps s'il n'est pas parfaitement clean.

Une obsession, bref, au même titre que le désir de sécurité maladif...

M. Net

benoit_labontePas surprenant que, dans les scandales qui éclaboussent présentement les divers Hôtels de Ville du Québec, on ait le réflexe de tout vouloir nettoyer en un rien de temps, de passer l'éponge, comme on dit, de manière magique.

«Commandez une Commission d'enquête, nous trouverons les coupables, et nous ferons le ménage», clament ceux qui voient l'industrie de la construction comme une colonie de termites dévorant notre pauvre pécule national sur laquelle il faudrait seulement une petite dose de poison à rats pour disparaître.

Je veux bien! Oui, il faut rendre tout ce qui touche à l'État transparent et clean, mais, n'oublions jamais que l'enfer est pavé de bonnes intentions, et qu'à la température dans laquelle travaillent les employés de la construction, nous ne sommes jamais bien loin du domaine de Satan...

L'ammoniac nous rend-il amnésiques?

Si ma mémoire est bonne, une commission d'enquête, la CECO, dans les années 70, avait étudié le même problème, mais celui-ci est revenu, avec plus de virulence, diront les partisans de l'idéologie du «here and now». Pourquoi?

Peut-être parce que, contrairement à un fonctionnariat, une industrie privée qui soumet au gouvernement est extrêmement difficile à contrôler, surtout quand des groupes comme les Hells et la mafia tentent désespérément de blanchir de l'argent et de se trouver de nouvelles sources de financement.

On avait isolé les mêmes problématiques dans les années 70, mais les constructeurs comme Beaver ont continué leur petit bonhomme de chemin. Les Tony Accurso de ce monde n'ont jamais cessé de magouiller parce qu'une commission d'enquête.

Crime et poussière

Je dis ça sans cynisme, mais, en fait, le crime organisé, la corruption, la magouille, les passe-passe, les pots-de-vin, c'est comme la poussière et la crasse, ça revient tout le temps, et il faut toujours la nettoyer.

Peut-être les gens commencent-ils à trouver que la cuve est dégueulasse, que les bureaux sont poussiéreux. Soit. Faisons le ménage. Passons un grand coup de plumeau. Élisons des candidats qui n'ont jamais trempé dans le milieu et n'ont aucune intention de le faire, mais ne soyons pas dupes.

Je vous parie qu'en 2025, un même genre d'enquête sera encore une fois demandé à Montréal.

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19 octobre 2009

L'insupportable passif-agressif Gérald Tremblay

117099_louise_harel_gerald_tremblay_plateauJ'espère que tous ceux qui ont vu le «maire» de Montréal, hier, à Tout le monde en parle, n'ont plus l'intention de voter pour lui. Quel être insupportable! Un vrai bébé!

Tout comme le bambin, il parle très fort quand il est contrarié, il tente toujours de se faire approuver par l'autorité (ses regards très nombreux à Guy A.), et, surtout, son discours est truffé de passages creux qu'on peine à saisir.

En plus, il utilise l'ironie pour se dissocier de problèmes qu'il a lui-même créés, se donnant un air franchement désagréable de passivité-agressivité.

Exemple? Quand Louise Harel l'attaque, il dit, une fois sur deux: «C'est ça, tout est de ma faute!»

Pourquoi n'assume-t-il pas ses problèmes? Pourquoi ne formule-t-il pas un argumentaire en bonne et due forme? Non, ce n'est pas la spécialité de Gérald Tremblay.

Sa spécialité, c'est de dire qu'il est «tanné d'entendre tout le monde parler contre Montréal, que c'est TRÈS BEAU MONTRÉAL, qu'on ne le salira pas», lui, le pauvre petit garçon!

J'ai hâte de voir au vrai débat ce soir, mais son attitude à TLMEP m'a énervé au plus haut point.

Depuis quand ne peut-on pas critiquer un politicien sans déclencher une colère gargantuesque? Eille, chose, on t'a juste demandé si tu en avais fait assez pour la culture. On ne t'ap pas dit en direct que ton zizi ressemblait à un grain de riz...

Tassez-moi ça de d'là, un maire qui est là depuis huit ans et qui voudrait qu'on le regarde aller sans le critiquer.

J'ai par contre beaucoup apprécié les deux autres candidats. Même s'il est clair que, «mon homme, c'est Louise Harel» (because elle peut battre Tremblay), j'aime beaucoup Richard Bergeron. Hier, sa maîtrise des dossiers et ses idées m'ont bien impressionné.

Louise Harel, de son côté, a lancé quelques pointes dévastatrices contre le maire, notamment quand elle lui a dit: «Vous parlez comme un candidat à la mairie, alors qu'on juge votre bilan de huit ans de corruption». Ayoye.

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18 octobre 2009

Mika, Champion, Muse - De l'excellente musique

Ma psy me l'a dit, je suis un «workaholic boulimique». Je consomme tout, je dévore, je veux tout (allo Ariane).

Donc, après vous avoir parlé, cette semaine, de livres et de théâtre, je vous présente mes disques achetés jusqu'à maintenant cet automne.

MUSE

Ce trio britannique fait de la fichue de bonne musique, un tantinet overdramatique, mais toujours avec de bonnes idées, de bons flashs musicaux.

Avec The Resistance, ils se dépassent. Les airs sont accrocheurs, les références, notamment à Queen, sont hallucinantes, et les trois morceaux de la fin, intitulés Symphony, nous transportent dans un univers sans parole digne de Phillip Glass.

DJ CHAMPION

Copie? Air du temps? L'album de Champion s'intitule lui aussi Resistance. Peut-être est-ce dû à l'omniprésence de la guitare, qui s'y fait plus insistante et plus incisive que dans le premier disque, que je trouvais quelque peu léger sur les bords.

Comme l'avait dit une collègue cynique de 55 ans à l'époque de sa sortie: «C'est du techno de matante, viarge!»

Ici, on tape inévitablement du pied, on est happé par l'intégration d'éléments plus rough comme la guitare dans le techno, et on le met pour accompagner une soirée avec des amis dans le vent!

MIKA

Mika, mon beau Mika, que j'ai tellement trouvé séduisant à Tout le monde en parle la semaine dernière.

Toujours est-il que son The Boy who knew too much s'écoute avec autant de plaisir que le premier. Les chansons sont légères à souhait, pleines d'une touche de Pet Shop Boys et d'une forte dose de Beach Boys dans les harmonies (comme le faisait remarquer le tout aussi séduisant Beigbeder à la même émission la semaine dernière... Une de mes préférées à vie, soit dit en passant!!!).

On retrouve aussi une progression intéressante par rapport aux bonbons du premier disque et de son immortelle Grace Kelly.

Les paroles sont plus profondes, et l'ensemble fait montre d'une évolution. Le premier, Lollipop, montrait Mika l'enfant, tandis que celui-ci semble faire place à l'adolescent qui veut s'affirmer, qui veut montrer qu'il a une identité, et on adoooore!

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